Illustrer Wikipedia, un tuto pour les nuls !

Plusieurs personnes dans mon entourage font des photos qui sont potentiellement intéressantes pour Wikipédia ; elles possèdent un certain caractère illustratif. Je les pousse plus ou moins souvent, avec plus ou moins de succès, à franchir le pas et à mettre en ligne ces photos.

Le caractère freinant n’est généralement pas la mise sous licence dite libre du travail, mais plus la technique Web (l’utilisation de Wikimedia Commons). Donc, voilà pour vous tous un tuto pour débutants.

Se créer un compte

Pour mettre en ligne des photos sur Wikipédia, il faut disposer d’un compte. La création d’un tel compte est gratuite et n’est soumise à aucune validation ni autorisation. Si vous ne disposez pas déjà d’un tel compte, créez le. En haut à droite de quelconque page de Wikipédia vous verrez un lien sur lequel est écrit Créez un compte. Cliquez dessus.

C’est là, en haut à droite.

Vous arrivez sur la page pour créer un compte, il vous est demandé de recopié la CAPTCHA. Il s’agit pour le site web de s’assurer que vous n’êtes pas un robot. Ensuite, il vous faut choisir un nom d’utilisateur et un mot de passe. Ce nom d’utilisateur sera public. On vous demande aussi de renseigner un courriel. Ce n’est pas obligatoire, mais si vous perdez votre mot de passe, il s’agit du seul moyen de vous reconnecter. Vous pouvez avoir confiance sur le fait que votre adresse mail ne sera pas utilisé pour du spam.

Voilà, vous avez donc maintenant un compte contributeur sur Wikipédia. Félicitations.

Mais les images ne sont pas stockées sur Wikipédia

Dans les premières années, si l’on souhaitait illustrer l’article sur le jet d’eau de Genève sur la version francophone de Wikipédia, il fallait y enregistrer sa photo. Si on souhaitait le faire sur la version anglophone, il fallait de nouveau enregistrer cette photo sur cet autre site, etc.

Il existe aujourd’hui une version de Wikipédia dans plus de 270 langues. Vous comprendrez aisément l’aspect non fonctionnel de la  chose ; enregistrer 270 fois la même photo.

En 2004 a été créé Wikimedia Commons. Il s’agit d’une médiathèque commune à toutes les Wikipédia, et globalement à tous les projets de la Wikimedia Foundation. Ainsi, vous y enregistrez une fois une image, elle peut servir immédiatement dans toutes les versions linguistiques de Wikipédia. C’est tellement plus simple.

Allons voir Wikimedia Commons

Vous pouvez accédez à Wikimedia Commons par ce lien. Là où les choses sont très bien faites, c’est que le compte utilisateur dont vous disposez sur Wikipédia est valide sur Wikimedia Commons, avec le même mot de passe de surcroit. Il vous faut donc juste vous assurer que vous êtes connecté ; regardez en haut à droite.

Vous êtes maintenant près pour mettre en ligne vos premières photos. Dans les menus de gauche, sur Wikimedia Commons, vous trouverez un menu Participer, dans lequel il y a un lien Importer un fichier. Allez-y. Vous arrivez sur une page intitulé Assistant d’import.

 

On vous demande ici de sélectionner un fichier à partager. Vous pouvez sélectionner un fichier, ou plus (limite de 49). À vous de voir. Une fois que vous avez sélectionné vos fichiers, ceux-ci vont être téléversés sur Wikimedia Commons. Selon votre connection internet et selon la taille du ou des fichiers le processus peut prendre de quelques secondes à plusieurs minutes.

Une fois le processus achevé, vous verrez une petite croix verte à droite de chaque fichier. Vous pouvez cliquer sur continuer en bas à droite. Le formulaire vous demande maintenant qui est l’auteur de la photo. Par défaut, le nom utilisé sera celui de votre compte utilisateur, vous pouvez ici en mettre un autre ; votre vrai nom par exemple.

Il faut maintenant mettre un titre, une description et la date. En toute logique, la date sera prise dans les données accrochées à votre fichier photo, donc le champ se remplira correctement seul. Le titre de l’image sera le nom du fichier photo. Si celui-ci est déjà utilisé dans Wikimedia Commons, le formulaire vous le signale, il suffit de changer un peu le titre. Pour la description, vous êtes les mieux placés, en tant qu’auteur des photos, pour savoir ce qu’il y a à en dire.

Vous validez. Voilà, votre photo est sur Wikimédia Commons.

Insérer cette photo dans un article Wikipédia 

Pour mettre une photo dans un article, c’est très simple. Il suffit d’éditer l’article et de copier ce bout de code : [[File:Nomdufichier.jpg|thumb|Une description.]] et c’est tout bon.

 

Voilà pour ce rapide tutoriel. Si vous n’y arrivez toujours pas, dites moi où vous coincez.

 

Crédit des images utilisées pour ce billet : Captures d’écran de Wikipédia et Wikimedia Commons, sans l’aimable autorisation de la Wikimedia Foundation.

 

 

 

 

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Je prends les clés du blog.

Le propriétaire de ce blog – mon principal compagnon – me laisse écrire ici ; à l’occasion d’un anniversaire passé il y a quelques jours, je prends donc la plume pour me présenter.

Je suis une charmante petite voiture, une Peugeot 106 pour être précis. Je suis née en mars 2001 à Aulnay-sous-Bois, dans une grande usine avec plein de sœurs à moi. Je dois avouer que mes premières années de vie n’ont pas été particulièrement excitantes.

J’ai d’abord eu un premier compagnon quelques temps dans la région de Lorient en Bretagne. La vie était plutôt monotone avec lui : auto, boulot, dodo ; tous les jours comme ça… Ah si, le week-end on allait ensemble au supermarché… waw ! Bref, je l’ai quitté au bout d’une petite année.

Là je suis partie vivre du coté de Quimper avec une jeune femme. Tout-à-fait, avec une femme ! On est libre de tenter les expériences que l’on veut. Cette histoire aura duré trois ans. C’était plus sympa qu’avec mon lorientais, on se promenait un peu, mais pas encore les grands voyages. Durant ces trois années, j’ai beaucoup visité la Bretagne, sans trop jamais en sortir. Et puis un jour, j’ai vu se garer une 206 devant la maison. J’ai très vite compris : je venais de me faire jeter… Ma compagne m’a proposé d’aller vivre avec son frère. On m’a expliqué que j’allais vivre plein de folles aventures avec lui. Sans trop y croire, je me suis résignée à y aller.

J’ai très vite changé d’avis. Dès notre premier voyage ensemble, il m’a fait traverser la France ; moi qui n’étais jamais sortie de Bretagne… À cette occasion, j’ai même pu rouler des mécaniques avec des grandes sœurs sur le périphériques à Paris. J’ai adoré ! À cette période on vivait dans l’est de la France.  Je voyais du pays, c’était sympa. De temps en temps, on rentrait en Bretagne, ça me permettait de me nettoyer les injecteurs et l’échappement. Et très vite, il m’a fait voir du pays ; ensemble on est allé en Allemagne plusieurs fois. Il m’a même mis dans un train un jour, mais en sortant on devait rouler à l’envers ; j’ai pas tout compris.

À cette époque, mon compagnon était étudiant, il avait un rituel avec des copains. De temps en temps, on allait visiter des abbayes en Belgique, c’était pas très loin, mais on rentrait souvent le coffre plein de bouteilles. Je n’ai jamais trop compris.

Il y a aussi eu un intermède parisien. Autant le périphérique, j’aime bien, mais la vie dans Paris c’est pas génial. On roule pas vite et il y a plein de copines plus très belles. Z’auraient bien besoin d’un lifting.

Après, on est parti vivre en Suisse. C’est un joli cadeau qu’il m’a fait là. L’hiver on s’amuse tous les deux, on va rouler dans la neige ; on glisse, on dérape. J’adoooooooore. Entre-temps, il a fallu le partager avec sa dame… Mais le bon coté des choses, c’est que ces deux là aiment se promener. Du coup, j’ai visité plein d’autres endroits : sud de la France, Italie, Benelux, etc.

Et puis, il s’est mis à un truc bizarre, ça s’appelle Wikipédia. Il m’a dit que nous avions exactement le même âge. Au début, j’étais un peu jalouse, tout ce temps passé derrière son ordinateur, ça faisait autant de temps sans moi. J’ai un peu fait la tronche. Mais très rapidement, il s’est avéré que cette activité m’a été profitable. Il s’est mis à vouloir prendre en photo plein de trucs pour Wikipédia. Du coup, nous sommes sans arrêt dans de nouveaux endroits.

Ainsi, en 2010, il m’a annoncé que nous allions partir ensemble au nord de l’Europe, pour faire un rallye photographique. Il m’a promis plein de kilomètres, de belles routes et même des pistes ! J’ai eu le droit à quelques aménagement pour l’occasion : on m’a retiré mes banquettes arrières et on m’a fait plein de rangements pour partir un mois tous les trois sur la route. Il y a aussi eu un épisode moins glorieux. Mon compagnon a eu besoin de me faire des travaux d’électricité ; un mois sur la route ça nécessite de pouvoir leur donner du 220 Volt, ce dont je n’étais pas capable, maintenant si. Néanmoins mon tableau électrique a noté que faire de l’électricité avec un copain daltonien, ce n’est pas franchement une idée lumineuse.

Mes menus aménagement pour ce rallye.

Pour ce rallye, les copains de Wikimedia ont voulu mettre des autocollants sur moi. J’ai fini par accepter, j’ai eu le droit à de gros autocollants Wikipédia et Commons (la médiathèque de Wikipédia), depuis on m’appelle la Wikimobile, parait-il. Je suis donc partie rouler au Danemark, en Suède, en Finlande et en Norvège pendant un mois. On a fait 13 500 km et beaucoup de photos. On a aussi roulé sur des pistes, ça aussi j’adore. On a pu fêter mes 200 000 km au nord du cercle polaire, j’ai plein de copines jalouses de ça.

Voilà un peu à quoi je pouvais ressembler en Norvège.
ou comme ça

En Suisse, particulièrement à Genève, y’a des copines qui sont jalouses de moi. Par là-bas j’ai beaucoup de con-soeur qui sont spécialement adaptées à rouler sur les chemins et dans la boue, mais elles n’y vont jamais. Alors quand je leur raconte ce que j’ai fait, je suis la star. D’ailleurs, de temps en temps, on va chercher des chemins forestiers et agricoles pour faire un peu de piste ça me manque.

Voilà un peu ma vie. Et bien l’autre jour, c’était mon anniversaire. J’ai passé les 250 000 km dans le Gros de Vaud, c’était moins fun que la Laponie, mais mon compagnon m’a promis un lieu sympa pour les 300 000 km.

C’était mon anniversaire.

Je suis donc une petite 106 verte et une machine à faire de la photo pour Wikipédia.

Wikipédia, du lecteur au contributeur

Lundi prochain, le 26 mars 2012, une conférence est organisée à l’EPFL (École Polytechnique Fédérale de Lausanne) sur le thème :

Wikipédia : du lecteur au contributeur.

Elle aura lieu à l’auditorium CO2 à partir de 18h. L’entrée est libre. Trois contributeurs vous évoqueront différentes facettes de Wikipédia :

  • Nicolas Ray évoquera les grandes lignes de Wikipédia (histoire, principe, etc.), les structures Wikimédia faisant vivre ce projet et le logiciel MediaWiki, support de Wikipédia ;
  • Pour ma part, j’évoquerai l’aspect illustratif : quelles illustrations, comment, etc ? En précisant quelques points sur le droit d’auteur ;
  • Gilbert Conus finira sur des exemples concrets de rédaction d’articles avec l’aspect collaboratif des choses.

En vous attendant les plus nombreux possible.

Photo de Messi

Illustrer Wikipédia c’est un mélange de deux choses : plaisir et utilité. Se faire plaisir en créant une illustration et créer une illustration utile. Voilà un peu, selon moi, l’idée de la chose.

Ainsi, mes activités photographiques – dans le cadre de l’illustration de Wikipédia – se portent très souvent sur des sujets qui me passionnent. La photo ci-dessous peut en témoigner.

Bière Kasteel
Vous noterez l'abnégation totale dont j'ai fait preuve afin que cette bière puisse être illustrée. Il a quand même fallu la boire, après. 😉

Je ne suis pas un très grand fan de football qui agende son emploi du temps pour ne jamais manquer un match à la télévision, d’ailleurs je n’ai pas de télévision. J’aime bien voir un joli match avec une bonne ambiance. Ainsi, quand je vois un match comme Suisse – Argentine programmée pas loin de chez moi je m’y intéresse. L’Argentine est une très belle équipe avec notamment le meilleur joueur du monde (Lionel Messi). Niveau ambiance, il est possible de compter sur les argentins. Enfin, de nombreux joueurs suisses comme argentins ne sont pas ou mal illustrés sur Wikipédia. Donc, un tel match c’est assurément passer une bonne soirée et qu’elle soit de surcroit utile.

Passé le cap de l’administratif ; contact auprès de la fédération suisse de football pour deux accréditations photographes nous voilà donc munis des sésames.

Le matériel à prévoir

Il faut se munir au minimum d’un 300 mm. Les terrains de foot sont longs, les photographes sont placés derrière les lignes de but. La longueur du terrain faisant environ 100 mètres, un 300 mm est bien pour cela. Pour avoir testé, le 200 mm est clairement trop court, à moins de se limiter à la moitié de terrain devant soit. Une autre optique est aussi intéressante à apporter : un 50 mm. Il permet de faire une photo large, typiquement la photo de groupe des joueurs avant le coup d’envoi du match. Quoi qu’il en soit, les objectifs doivent être lumineux. Malgré les éclairages, un match nocturne reste sombre.

Ne pas oublier de prendre une palette entière de cartes mémoires. Mercredi soir, sur ce match, j’ai fait environ 32 Go de photos.

Un autre objet est utile, mais celui-ci ne vient pas forcément à l’esprit tout de suite : le tabouret de camping. Ben oui, autant travailler assis. De plus selon la configuration du stade, il est possible que les stewards demandent de ne pas rester debout afin de ne pas cacher la vue des spectateurs.

Le match

Nous voilà donc mercredi soir en direction du Stade de Suisse à Berne afin de faire des photos lors de ce Suisse – Argentine. Le coté sympa avec l’Argentine, c’est qu’avec ses supporters elle donne toujours l’impression de jouer à domicile. Tu parkes la voiture près du Stade de Suisse et tu finis le chemin à pied. Ça chante partout, mais en espagnol.

Olé, Olé, Ola, Argentina !

Voilà une petite vidéo pour se mettre dans l’ambiance.

J’étais coté opposé aux 2 ou 3000 supporters argentins présents mercredi soir. Néanmoins, je peux certifier que 3000 argentins ça fait plus de bruits que 27 000 suisses. Les cloches à vaches : c’est sympa, c’est identitaire dans un pays multi-communautaire mais ça ne fait les décibels des argentins.

Résultats de la soirée

Plutôt positifs. Nous avons vu un match plutôt sympa, pas du grand football, mais quelques buts. Suisse 1 – 3 Argentine, trois buts de Lionel Messi. Une bonne soirée dans une bonne ambiance et de bonnes photos.

Le tri des photos n’est pas encore fini mais de belles photos sont déjà sorties, avec des illustrations inédites. C’est-à-dire que la soirée aura permis d’illustrer des articles précédemment pas illustrés. Malgré ce que ce billet peut laisser entendre, nous ne nous sommes pas intéressés que à l’Argentine.

L'équipe suisse de football. Crédit : Fanny Schertzer - CC By SA

Un belle photo de la Nati, dommage elle jouait en blanc et pas en rouge ce soir la.

Granit Xhaka et Lionel Messi Crédit : Ludovic Péron - CC By SA

Il fallait quand même afficher une photo de Messi dans ce billet !

Les remerciements

Et oui, il faut quand même remercier du monde pour tout ça. Wikimedia CH est l’association qui promeut Wikipédia en Suisse. Sans elle tout cela ne serait surement pas possible. Elle permet d’user d’un nom et d’une structure permettant de faire plus professionnel. Elle aide aussi financièrement pour de la location de matériel dans de tels évènements. Donc n’hésitez pas à la soutenir.  Son site web.

Wikipédia off-line

Wikipédia c’est cette encyclopédie disponible sur Internet. De très nombreuses personnes la consultent pour avoir la réponse à tout ; pour en apprendre plus sur tel personnage historique, pour combler des lacunes concernant la prochaine destination de vacances, pour savoir combien de fois Bernard Hinault a gagné le Tour d’Espagne, etc. Ce service – gratuit – est disponible à partir du moment ou vous disposez d’une connexion internet.

Mais voilà, on peut tous se retrouver sans connexion internet : en attente longue dans une gare ou dans un aéroport, en voyage dans la cambrousse, etc. Il y a aussi des aires géographiques (certains pays d’Afrique) où l’internet à débit satisfaisant est encore un vaste rêve. On peut aussi évoquer le milieu carcéral dans lequel tout le monde ne peut bénéficier d’une connexion internet librement. Voilà une liste non exhaustive de situation pour lesquelles l’accès à Internet et donc à Wikipédia n’est pas possible ou avec de très grosses difficultés.

Des contributeurs de Wikipédia ont pensé à cela et ont créé un outil pour consulter Wikipédia sans avoir accès à internet.

Comment ça marche ?

Cet outil fonctionne sur les systèmes d’exploitations principaux : Linux, Mac et Windows.

Il faut télécharger un petit logiciel – Kiwix – correspondant à votre plate-forme, vous le trouvez ici. Le logiciel est très léger 45 Mo, son téléchargement est assez rapide.

Il faut ensuite télécharger un fichier ZIM. Un fichier ZIM est un recueil d’articles de Wikipédia. Il est réalisé de temps en temps. Il ne présente donc pas la version instantanée de Wikipédia. Toujours sur cette page, vous trouverez différents fichiers ZIM : des versions complètes des encyclopédies francophone, germanophone, italophone, etc. Il existe une version allégée de l’encyclopédie anglophone.

Attention les fichiers ZIM sont très lourds. Le fichier ZIM de Wikipédia en français fait plus de 10 Go. Il faut donc s’assurer d’avoir un peu de temps pour le télécharger.

Vous pouvez naturellement télécharger plusieurs versions de Wikipédia (choix des langues). Le logiciel permet de choisir quel fichier lire.

Utilisation

L’utilisation est très simple. Des liens bleus comme sur Wikipédia en ligne. Les liens rouges n’apparaissent pas. Il est possible d’ouvrir plusieurs onglets en même temps, pour consulter plusieurs articles simultanément.

Pour ma part, j’ai installé Wikipédia off line sur mon ordinateur portable il y a 18 mois, avant de partir faire un raid photo dans le nord de l’Europe. J’ai une anecdote sympa à raconter à ce sujet. Un jour nous étions 4 ou 5 voitures à se suivre sur des routes perdues de Laponie. On discute à la CB au sujet des pilotes de rallyes scandinaves et finlandais. Un collègue, très étonné que je puisse lui dire qui avait gagné quel rallye en quelle année, finit par me demander :  »Mais tu as Wikipédia dans ta voiture ou quoi ? ». Ce à quoi je lui ai répondu :  »Ben oui pourquoi ? ». Fanny conduisait, j’avais l’ordinateur sur les genoux et la CB dans la main. On a fait un carton avec Wikipédia dans la voiture.

Soutien

Cet outil demande beaucoup de temps et d’énergie à ses développeurs. Plusieurs personnes travaillent activement sur le développement de Kiwix et sur la création des fichiers ZIM. Par le biais de la levée de fond annuelle, Wikimedia CH aide financièrement cette équipe et donc le développement de cet outil.

Ne pas connaitre Wikipédia, c’est une honte !

Plusieurs rencontres m’ont récemment fait penser que, pour beaucoup de personnes, il est devenu inavouable de ne pas connaître Wikipédia. Je vais prendre deux exemples.

Il y a quelques semaines je faisais une conférence à Lausanne pour parler de Wikipédia. Il s’agissait d’expliquer à un public senior comment Wikipédia a été créé, comment ce projet a évolué en 10 ans et comment il fonctionne aujourd’hui. Une journaliste est venue assister à la conférence, le but de sa présence était de parler de l’intérêt des seniors à Wikipédia et au Web, plus que de parler de Wikipédia. Avant que celle-ci ne commence nous avons pris un café et discuté un peu. J’ai commencé à parler de Wikipédia/Wikimedia en expliquant qui y faisait quoi. Réponse rapide : Ah mais je connais Wikipédia. Ok, j’ai cessé mes explications. Elle a finalement aussi assisté à la conférence, et y a visiblement pris beaucoup de notes.

Autre expérience, vendredi dernier j’animais des ateliers informatiques auprès de seniors. L’idée de ces ateliers est de leur donner le maximum d’outils pour mieux se servir de Wikipédia, pour ce qui est de la lecture. On regarde ensemble tout ce qui peut permettre de se faire un jugement sur l’article (sources, historique, bandeau(x), page de discussion, etc.). Les personnes qui viennent sont assez peu à l’aise avec Internet. Elles connaissent leurs limites et sont demandeuses d’aide. En revanche, nous avons un peu plus de mal à toucher du monde pour des ateliers sur comment contribuer à Wikipédia. J’ai le sentiment qu’on a d’une part des personnes qui ne connaissent rien à Internet et n’ont aucun problème à assumer leur limite. De fait, ces personnes sont demandeuses d’aide. D’autre part, on a des habitués d’Internet qui connaissent Internet et Wikipédia et qui ne pensent donc pas qu’une aide pourrait leur être utile.

Ces deux exemples, ainsi que quelques autres expériences, me font dire qu’aujourd’hui Wikipédia est devenu tellement connu qu’il est honteux d’avouer ne pas tout y connaître. Il s’agit du septième site internet le plus consulté au monde, un journaliste se doit de tout y connaître. Un internaute habitué à surfer n’a pas non plus besoin d’aide pour contribuer sur ce site. Je vais tenter de rassurer journalistes et internautes, après plus de six ans d’investissement sur Wikipédia, je n’y connais pas tout. Je doute même que quiconque soit capable de prétendre y connaître tout. Il ne faut donc pas hésiter à reconnaître ses limites.

Wikimedia CH aide les photographes en Suisse

Wikimedia CH est – comme on dit dans le jargon wikipédien – le chapter suisse de la Wikimedia Foundation. Cette structure soutient et promeut Wikipédia (mais aussi ses projets frères) en Suisse. Une des idées est d’apporter un soutien à la création de contenu lié à la Suisse, chose qu’aucun autre chapter peut faire.

Un des champs de compétences dans lequel Wikimedia CH s’est spécialisé est l’iconographie. L’idée est d’aider à la création ou la libération (en termes de droit d’auteur) de matériaux illustratifs pour Wikipédia mais réalisés en Suisse ou avec une forte connotation suisse.

Plusieurs photographes vivent en Suisse et réalisent des photos pour les projets. Wikimedia CH les aide de différentes manières. Une des difficultés récurrentes rencontrées par ses photographes est d’obtenir une autorisation pour travailler. Aller à Ouchy et faire une belle photo d’un vapeur « Belle Époque » est simple, on ne demande rien à personne et on travaille. En revanche dès que les objets à photographier se trouvent derrière une  porte, il faut demander l’autorisation à la personne qui a les clefs. Et là, pour un photographe wikimédien c’est souvent compliqué.

Depuis quelques temps, Wikimedia CH entretient de bons contacts avec les autorités fédérales suisses. Dans ce cadre, Wikimedia CH a notamment permis que les articles concernant les élus politiques des deux chambres et du gouvernement soient illustrés avec les photos officielles.

Photo officielle du Conseil fédéral 2011.
Photo officielle du Conseil fédéral 2011.

En juin dernier, Frédéric Schütz et moi-même avions une réunion avec des personnes chargées du Web au sein des sept départements fédéraux et de la Chancellerie fédérale. Au cours de cette réunion, j’ai effectivement expliqué la difficulté pour un projet basé sur le bénévolat de pouvoir obtenir des autorisations quand les photographes ne disposent pas de carte de presse. J’ai ironisé sur le fait que nous, sixième site le plus consulté au monde, avions des difficultés nettement supérieures à celles de la rédaction du journal local (si bon soit-il) pour travailler sur l’illustration. L’ironie de la situation a très vite été entendue et comprise par l’assemblée. Nous avons obtenu un accord de principe pour être traités de la même façon que les photographes de presse classiques, en ce qui concerne les lieux où la Confédération a les clefs.

Les congés d’été sont passés par là et on a tardé à mettre cela en œuvre. J’avais communiqué sur le sujet au sein de Wikimedia CH et Rama, un photographe passionné d’informatique et de choses militaires, a sauté sur l’occasion. Après l’email qui va bien, Frédéric Schütz lui a obtenu l’autorisation de faire des photographies de machines de cryptographies utilisées (par le passé) par l’armée suisse. Frédéric et Rama sont donc allés dans le canton de Berne faire ces photos jeudi dernier.

Machine Enigma.
Machine Enigma. Photo : Rama sous CeCILL.

Comme vous pouvez le voir ici, le travail est varié et de qualité. Il y a notamment des photos de la fameuse machine Enigma. Il y a même fort à parier que certaines de ces photos seront primées sur Commons, la médiathèque de Wikipédia.

Wikimedia CH travaille régulièrement sur le sujet. Vous êtes photographes, n’hésitez pas à nous contacter.