Du bon usage des licences Creatives Commons

Ayant un peu de temps, je tente de ressusciter ce blog. Pour cela, il me fallait un sujet et une victime. La victime sera Gael, le sujet : les licences Creatives Commons.

Dans mon fil Twitter, ce matin, j’ai vu une discussion entre Frédéric et Gael ; la voici. Pour résumer, Gael publie une photo sur le web, Fred la trouve utile et du coup demande ce qu’il en est quant à une possible réutilisation. Gael répond par la positive : Creative Commons

Alors oui, mais non. Résumer le droit d’auteur d’un document à c’est en Creative Commons, ça ne veut pas dire grand chose. Creative Commons est le nom d’une organisation qui gère tout un ensemble de licences. Il y a donc plusieurs type de licence dites Creative Commons. Ne pas préciser laquelle on choisit équivaut, en fait, à ne pas faire grand chose.

On peut citer par exemple le CC-Zéro qui correspond grosso modo à du domaine public. À l’inverse il y a la CC-BY-NC-ND qui oblige à citer l’auteur, la licence et interdit toute modification du document ainsi que toute réutilisation commerciale.

Dans l’idée, vous pouvez vous même composer votre licence selon vos désirs :

  • mettez toujours le CC : ça précise que c’est une licence Creatives Commons ;
  • rajoutez un by : ça oblige à vous citer comme auteur dans toutes futures réutilisations ;
  • un NC : permet d’interdire une réutilisation commerciale ;
  • un ND : permet d’interdire les modifications dans les réutilisations, on laisse mon oeuvre telle quelle ;
  • un SA : pour share alike, les oeuvres dérivées restent sous la même licence.

Vous pouvez trouver tout cela, un peu plus détaillé, sur cette page.

Pour ma part, les photos que je publie sont sous licence CC-By-SA. Cela signifie donc que vous devez me citez comme auteur et que vous devez maintenir ce que vous en faites sous la même licence. N’ayant pas précisé de NC ou ND, vous pouvez les modifier et les utiliser commercialement.

Du coup, Gael, tu fais quoi ?

Liberté de panorama, encore une fois

Je vous ai surement déjà parlé de la liberté de panorama. Rapide rappel pour les autres.

Une construction (bâtiment, monument, etc.) est considérée comme une œuvre. Son auteur possède donc des droits sur toute reproduction de celle-ci. Concrètement, je ne peux reproduire publiquement une photo que j’ai faite du Viaduc de Millau sans demander à l’ayant droit son accord. Quelques pays plus intelligents que d’autres ont néanmoins introduit dans leurs législations la liberté de panorama. En résumé, celle-ci stipule que si mon œuvre est à demeure dans l’espace public, je fais bien ce que je veux de ma photo. Les bons élèves sont notamment l’Allemagne ou la Suisse, parmi les cancres on trouve la France.

La France, c’est ce pays (le mien, en partie) si fier de son exception culturelle. La France aime souvent évoquer ses nombreux concitoyens morts pour la liberté de la patrie. Chaque village de France possède son monument aux morts évoquant les enfants du pays morts à telle ou telle guerre. Le problème est que ses monuments et bien vous ne pouvez pas utiliser les photos que vous en faites à votre guise. Illustrer l’histoire troublée du pays devient compliqué.

Néanmoins, votre humble serviteur a été chercher une photo d’un monument aux morts qui puisse être réutilisée en toute légalité. La voici :

A_la_France,_Kalemegdan_-_Belgrade

J’ai trouvé ce monument dans le fort de Kalemegdan, à Belgrade en Serbie.  Ce monument date des années 1930, conséquence de la Première Guerre mondiale. Sur celui-ci on peut lire A la France, en remerciement de l’aide de la France durant ce conflit. La Serbie vous savez ce pays dangereux à qui la France a fait ceci en 1999 :

Yugoslav_Ministry_of_Defence_-_Belgrade

On ne remerciera jamais assez la Serbie de nous offrir des illustrations libres des monuments aux morts français.

Mon Tour de Romandie

Il y a parfois des contacts qu’on attend pas mais qui font sacrément plaisir.

Je suis arrivé en Suisse en 2007. Cette année là, le Tour de Romandie passait sous mes fenêtres. En tant que passionné de vélo, j’étais tout content. En dehors du deux roues, mes autres vices sont notamment Wikipédia et la photographie. Ainsi donc, lors du prologue du Tour de Romandie Fanny et moi nous nous sommes mis à prendre méthodiquement tous les coureurs. Il en a résulté plus d’une centaine de coureurs illustrés. À l’époque les photos de sportifs n’étaient pas légion sur Wikipédia. Notre shooting photo de ce jour là avait créé une certaine plus-value. Dans les mois qui suivaient, vous tombiez sur un article – de coureur cycliste – illustré, il y avait de forte chance que ce soit dans les rues de Fribourg.

Les années sont passées et j’ai continué à me déplacer sur le Tour de Romandie prendre des photos. La qualité des photos a augmenté avec le temps, heureusement d’ailleurs. La proportion de photos romandes sur Wikipédia a diminué, et c’est très bien. D’autres personnes se déplacent maintenant sur d’autres courses. Il y a par exemple Vlaam qui va régulièrement sur les courses du nord de la France et des Flandres depuis 2008 ; 4 jours de Dunkerque, Het Volk, etc.

En 5 ans de photos de vélo, on est passé de ça à
En 5 ans de photos de vélo, on est passé de ça à…
ça
ça

Donc tous les ans depuis 2007, je vais sur le Tour de Romandie. Et puis cette année, les aléas de la vie, les changements professionnels, tout cela faisait que je ne pensais pas y aller. Et puis…

Et puis, une dizaine de jours avant le début de la course David Labouré (Responsable des relations en ligne à la Radio Télévision Suisse) me contacte. Il me propose une journée sur le Tour de Romandie dans une voiture de la RTS. Je suis tombé sur le cul, j’ai du mettre 48 heures à me relever. Pour la petite histoire, nous avons une connaissance commune qui a eu la très grande gentillesse de nous mettre en contact, merci à lui.

Le samedi 27 avril me voilà donc parti avec David, Pascal, Robin et Marco pour une bien belle journée. Le chauffeur de notre voiture était Aurélien Clerc, ancien coureur cycliste professionnel. Pour le récit de la journée, je vous invite à lire Marco sur ce lien.

Malgré les conditions climatiques, vous jugerez par vous même sur la photo ci-dessous, je me suis amusé comme un gosse. J’ai vu une course pro vraiment de l’intérieur, j’ai partagé un bon moment avec des personnes très sympas. Vous pouvez trouver d’autres photos de cette journée sur votre médiathèque habituelle.

Le peloton dans le col de la Croix, malgré mon verre de blanc dans la main, la photo n'est pas trop mal cadrée.
Le peloton dans le col de la Croix, malgré mon verre de blanc dans la main, la photo n’est pas trop mal cadrée.

Bien belle journée vécue de l’intérieur. Un grand merci à tous pour cela.

De l’importance des échelles sur une photo

Après quelques semaines de pause sur ce blog, je démarre l’année en enfonçant les portes ouvertes. On est en manque d’inspiration ou on ne l’est pas.

Ainsi, comme le dit le titre de ce billet, il est souvent très important de mettre une échelle sur une photo quand la taille du sujet n’est pas d’une évidence absolue pour ceux qui verront cette photo.

Je vais vous en faire la démonstration.

Une jolie douille.
Une jolie douille.

Voilà donc une photo d’une douille, vous savez c’est le truc que l’on met dans les armes à feu. Pas forcément évident de savoir quelle taille fait l’objet.

À votre avis ? Quelle taille ?

Il va falloir descendre encore un peu plus pour avoir la réponse.

Non, non, encore.

Déjà fatigué ?

C’est bon, voilà la réponse.

La même douille avec un objet permettant d'avoir une idée de la taille.
La même douille avec un objet permettant d’avoir une idée de la taille ; une pièce de 50 centimes d’euros.

Combien d’entre vous ont imaginé que la douille faisait tout au plus quelques centimètres de long et non 30 ? N’hésitez pas à répondre à cela dans les commentaires du billet.

Et surtout, pensez mettre des échelles sur vos photos. Pour cela, il y a une méthode assez simple, rajouter à proximité de l’objet soit :

* un mettre gradué avec des distances en centimètres, mais on n’a pas toujours cela sous la main ;

* un objet que tout le monde connait (pièce de monnaie, clé de voiture, main du photographe, etc.)

Bonne année à tous.

Illustrer Wikipedia, un tuto pour les nuls !

Plusieurs personnes dans mon entourage font des photos qui sont potentiellement intéressantes pour Wikipédia ; elles possèdent un certain caractère illustratif. Je les pousse plus ou moins souvent, avec plus ou moins de succès, à franchir le pas et à mettre en ligne ces photos.

Le caractère freinant n’est généralement pas la mise sous licence dite libre du travail, mais plus la technique Web (l’utilisation de Wikimedia Commons). Donc, voilà pour vous tous un tuto pour débutants.

Se créer un compte

Pour mettre en ligne des photos sur Wikipédia, il faut disposer d’un compte. La création d’un tel compte est gratuite et n’est soumise à aucune validation ni autorisation. Si vous ne disposez pas déjà d’un tel compte, créez le. En haut à droite de quelconque page de Wikipédia vous verrez un lien sur lequel est écrit Créez un compte. Cliquez dessus.

C’est là, en haut à droite.

Vous arrivez sur la page pour créer un compte, il vous est demandé de recopié la CAPTCHA. Il s’agit pour le site web de s’assurer que vous n’êtes pas un robot. Ensuite, il vous faut choisir un nom d’utilisateur et un mot de passe. Ce nom d’utilisateur sera public. On vous demande aussi de renseigner un courriel. Ce n’est pas obligatoire, mais si vous perdez votre mot de passe, il s’agit du seul moyen de vous reconnecter. Vous pouvez avoir confiance sur le fait que votre adresse mail ne sera pas utilisé pour du spam.

Voilà, vous avez donc maintenant un compte contributeur sur Wikipédia. Félicitations.

Mais les images ne sont pas stockées sur Wikipédia

Dans les premières années, si l’on souhaitait illustrer l’article sur le jet d’eau de Genève sur la version francophone de Wikipédia, il fallait y enregistrer sa photo. Si on souhaitait le faire sur la version anglophone, il fallait de nouveau enregistrer cette photo sur cet autre site, etc.

Il existe aujourd’hui une version de Wikipédia dans plus de 270 langues. Vous comprendrez aisément l’aspect non fonctionnel de la  chose ; enregistrer 270 fois la même photo.

En 2004 a été créé Wikimedia Commons. Il s’agit d’une médiathèque commune à toutes les Wikipédia, et globalement à tous les projets de la Wikimedia Foundation. Ainsi, vous y enregistrez une fois une image, elle peut servir immédiatement dans toutes les versions linguistiques de Wikipédia. C’est tellement plus simple.

Allons voir Wikimedia Commons

Vous pouvez accédez à Wikimedia Commons par ce lien. Là où les choses sont très bien faites, c’est que le compte utilisateur dont vous disposez sur Wikipédia est valide sur Wikimedia Commons, avec le même mot de passe de surcroit. Il vous faut donc juste vous assurer que vous êtes connecté ; regardez en haut à droite.

Vous êtes maintenant près pour mettre en ligne vos premières photos. Dans les menus de gauche, sur Wikimedia Commons, vous trouverez un menu Participer, dans lequel il y a un lien Importer un fichier. Allez-y. Vous arrivez sur une page intitulé Assistant d’import.

 

On vous demande ici de sélectionner un fichier à partager. Vous pouvez sélectionner un fichier, ou plus (limite de 49). À vous de voir. Une fois que vous avez sélectionné vos fichiers, ceux-ci vont être téléversés sur Wikimedia Commons. Selon votre connection internet et selon la taille du ou des fichiers le processus peut prendre de quelques secondes à plusieurs minutes.

Une fois le processus achevé, vous verrez une petite croix verte à droite de chaque fichier. Vous pouvez cliquer sur continuer en bas à droite. Le formulaire vous demande maintenant qui est l’auteur de la photo. Par défaut, le nom utilisé sera celui de votre compte utilisateur, vous pouvez ici en mettre un autre ; votre vrai nom par exemple.

Il faut maintenant mettre un titre, une description et la date. En toute logique, la date sera prise dans les données accrochées à votre fichier photo, donc le champ se remplira correctement seul. Le titre de l’image sera le nom du fichier photo. Si celui-ci est déjà utilisé dans Wikimedia Commons, le formulaire vous le signale, il suffit de changer un peu le titre. Pour la description, vous êtes les mieux placés, en tant qu’auteur des photos, pour savoir ce qu’il y a à en dire.

Vous validez. Voilà, votre photo est sur Wikimédia Commons.

Insérer cette photo dans un article Wikipédia 

Pour mettre une photo dans un article, c’est très simple. Il suffit d’éditer l’article et de copier ce bout de code : [[File:Nomdufichier.jpg|thumb|Une description.]] et c’est tout bon.

 

Voilà pour ce rapide tutoriel. Si vous n’y arrivez toujours pas, dites moi où vous coincez.

 

Crédit des images utilisées pour ce billet : Captures d’écran de Wikipédia et Wikimedia Commons, sans l’aimable autorisation de la Wikimedia Foundation.

 

 

 

 

Bolt

Il y a quelques semaines, je suis allé à Athletissima, un meeting d’athlétisme sur Lausanne ; le but étant de faire quelques jolies photos de différents athlètes présents ce soir là, histoire d’aller illustrer quelques articles. Il y avait plusieurs médaillés olympiques des récents jeux de Londres ; avec notamment Yohan Blake ou Usain Bolt.

La soirée se passe bien. Un photographe à coté de moi explose l’écran LCD de son 5D Mark II, sans avoir l’être plus stressé que ça… Et puis arrive le 200 mètres homme, avec notamment Usain Bolt. Je prends des photos pendant la course et au moment même ou Bolt passe devant moi à l’arrivée, voile noir dans le viseur de l’appareil photo. Grosse angoisse. Ne comprenant pas ce qu’il se passe, je finis par démonter l’objectif du boitier ; et là je découvre le miroir se baladant tout seul devant le capteur. Grosse angoisse x2.

Victor a été envoyé chez le docteur pour appareil photo. Oui nous donnons des prénoms à nos boitiers ! Après quelques semaines, je viens de le récupérer. Plus de peur que de mal, il a tout de même fallu changer le miroir et son mécanisme. Une addition couteuse, mais soutenable. Ca m’a tout de même valu quelques nuit blanches et quelques bons moments de stress…

Bref, ce gars va tellement vite qu’il arrive même à m’en décrocher le miroir de l’appareil photo. J’ose lui envoyer la facture ?

La prochaine fois, tu passeras moins vite. Merci.

Wikimobile : machine à illustrer Wikipédia

Ma voiture s’est déjà présentée il y a quelques temps ici même. J’en ai petit-à-petit fait une machine à illuster Wikipédia.

Outre le fait qu’on y trouve trois prises 220 Volts pour charger appareil photo, caméra ou ordinateur, j’y ai aussi mis des tabourets pliants (pour les matchs de foot par exemple) ou des rangements spécifiques pour les trépied et monopied d’appareil photo. Bref, elle est très adaptée à sa principale utilisation.

L’autre truc super utile est le jerrican d’eau dans le coffre, oui oui. J’ai souvent un jerrican de 20 litres dans le coffre et hier il a aussi trouvé son utilité pour illustrer Wikipédia. Nous étions dans une forêt du Jura vaudois près du col du Mollendruz à la recherche d’une pierre à cupules. Les pierres à cupules sont ces pierres dans lesquelles ont été creusées des trous plus ou moins circulaires. On ne connait pas vraiment l’utilité de ces trous. Mais il arrive qu’ils soient reliés entre-eux par des rigoles, l’eau coulant de l’un à l’autre.

Bref, nous trouvons la pierre en question – la pierre aux écuelles – avec pas moins de 25 cupules. De magnifiques cupules de tailles variées. Je retourne chercher le jerrican d’eau et voilà.

Pierre aux écuelles. Crédit : Fanny Scherttzer – CC By SA

La vidéo est disponible en suivant ce lien.

Un jour je ferai une liste de tout ce dont on se sert pour la photo, ou pas.