Col de février, Landoz-Neuve

On poursuit ce joyeux défi : un nouveau col tous les mois.

La seconde moitié de janvier et le mois de février ont été assez calamiteux en termes de météo. Durant la première quinzaine de février j’ai eu 60 centimètres de neige, voire plus sur le balcon, à 800 mètres d’altitude. Je vous laisse imaginer l’état des routes dans la région.

Pour février, je m’étais mis en tête un programme ambitieux, je souhaitais boucler la seconde moitié de l’étape de montagne du Tour de Romandie. Le programme aurait été départ d’Aigle, passage à Monthey, montée des Giettes (1138 mètres), descente dans la vallée du Rhône, Martigny, montée de la petite Forclaz (un bout du col de la Forclaz, 1013 mètres), descente puis montée vers Champex-Lax (1493 mètres).

La météo ne m’a pas permis de rouler, je manque de kilomètres et les routes ne sont pas super propres. J’ai donc renoncé. Je voyais arriver les derniers jours de février en me disant que j’allais louper mon défi. Et puis il y a eu une fenêtre météo, j’ai jeté mon dévolu sur un petit col dans la vallée de Joux. Le col de Landoz-Neuve.

On est très loin des très longs cols tels le Grand Saint-Bernard, ou des fortes pentes de l’Aiguillon. Néanmoins il s’agit tout de même d’un col. Il relie Mouthe, la ville la plus froide de France (-36,7°C un jour de janvier 1968…) à la vallée de Joux en Suisse. Assez étrangement, la frontière ne passe pas sur le col mais à plusieurs centaines de mètres sur le versant suisse. Le sommet du col est donc entièrement en France.

Landoz

J’ai pris le départ depuis les rives du lac de Joux complètement gelé. De là, il y a 6 km de montée à effectuer pour un dénivelé de 250 mètres. Je vous l’ai dit, rien d’extraordinaire. Ca se monte tranquillement, la route est en très bon état. Le passage est maintenu et traité en hiver ; il y a beaucoup de Français à faire la route quotidiennement pour venir travailler en Suisse.

Le col s’est vraiment monté tout seul. Pas de panneau en haut, mais voici tout de même une petite photo pour vous montrer la quantité de neige.

2015-02-26 15.30.11

Je redescends par la même route, je dois avouer avoir eu un peu froid dans la descente… La vitesse et les températures proches de zéro n’aident pas. Ensuite je suis parti faire le tour du lac de Joux en remontant la rive gauche, puis en descendant la rive droite.

Le lac de Joux, ou la plus grosse patinoire du canton de Vaud.
Le lac de Joux, ou la plus grosse patinoire du canton de Vaud.

Suite à cela, je suis monté sur le col du Mont d’Orzeires. Par ce coté-ci, c’est quelques dizaines de mètres à récupérer. Cependant, le parcours rive droite du lac de Joux et col du Mont d’Orzeires m’a permis d’effectuer le parcours de la première étape du Tour de Romandie (il s’agira d’un contre-la-montre par équipe).

Ainsi donc le défi est relevé pour février, dans les derniers jours avec un tout petit col. Espérons que la météo soit plus clémente en mars pour permettre de rouler plus longuement et plus haut.

Col de janvier, la Forclaz

Du retard, du retard…

Nous sommes fin février, je n’ai toujours pas monté le col de février et je n’ai pas blogué le col de janvier. Commençons par le plus simple ; décrire le col de janvier.

Début janvier, il y avait encore assez peu de neige. J’avais choisi le col de la Forclaz, 1526 mètres. Ce col relie le Valais à la Haute-Savoie. Depuis Martigny,  c’est 13 km d’ascension pour un peu plus de 1000 mètres de dénivelé.

Ce n’est clairement pas le col le plus intéressant qui soit. De très très longues lignes droites, dont une de 3,5 km. 3,5 km de ligne droite dans un col c’est long et chiant en fait. Il y a néanmoins deux virages avec une très belle vue sur la vallée du Rhône.

Les cols en janvier...
Les cols en janvier…

Je ne suis pas très bavard, les faits datent de bientôt deux mois. La Forclaz ne me laissera pas de très grands souvenirs.

Bref, j’ai fait mon col de janvier.

Plus il fait froid, moins il fait froid en fait.

Récemment quelqu’un me faisait la remarque qu’il faisait moins froid chez lui malgré le froid dehors et la neige. Paradoxal, mais complètement juste.

En moyenne, un bâtiment perd un tiers de sa chaleur par la toiture.

Les pertes thermiques d'un bâtiment. Coyau - CC By SA
Les pertes thermiques d’un bâtiment. Coyau – CC By SA

Les toits sont constitués d’une charpente, d’une couverture et d’isolant. L’un des meilleurs isolants qui soit, c’est l’air. L’une des manières de caractériser la capacité isolante d’un matériau est de considérer ce qu’on appelle sa conductivité thermique, c’est sa capacité à transmettre la chaleur. Plus cette valeur est grande plus le matériau transmet la chaleur, plus petite est cette valeur meilleur isolant est le matériau. Quelques exemples :

  • Aluminium : 237 W/m/K (transmet très bien la chaleur) ;
  •  Titane : 20 W/m/K (un des métaux la transmettant le moins bien) ;
  • Bois : entre 0.4 et 0.1 W/m/K (selon les essences) ;
  • Béton : 0.92 W/m/K ;
  • Laine de verre : 0.04 W/m/K ;
  • Air : 0,0262 W/m/K.

A la lecture de ces quelques valeurs vous comprendrez que le béton n’est pas présent dans les murs de nos maisons pour ses qualités isolantes. A épaisseur équivalente, la capacité isolante de la laine de verre est environ 20 fois supérieure à celle du béton. On voit que l’air est celui qui a la conductivité thermique la plus basse, donc le meilleur isolant qui soit. Cependant le gros problème de l’air est qu’il bouge, pas commode pour isoler.  Ainsi, l’idée de beaucoup d’isolants thermiques est de piéger de l’air, de le rendre immobile pour profiter de ses qualités isolantes. C’est ce que l’on fait très bien avec la laine de verre.

Mais pourquoi dire que l’hiver il fait moins froid ?

La neige fraiche est gorgée d’air, c’est un très bon isolant. Quand elle vieillit, elle a tendance à s’appauvrir en air, elle perd un peu de cette qualité. Une neige fraiche peut avoir une conductivité thermique proche de 0.03 W/m/K. Ainsi, après un bon coup de neige, les 3o cm de neige sur le toit de votre maison se comportent environ comme 40 cm de laine de verre supplémentaire. Voilà pourquoi vous avez moins froid.

Un peu d'isolant en plus sur mon toit.
Un peu d’isolant en plus sur mon toit.

Liste de Noël

Ben voilà, c’est Noël. La nouvelle année est proche. Il est temps de poser la liste des envies pour l’année 2015. On va plutôt dire la liste des envies de cols que j’aimerais grimper l’année prochaine. Voici ceux que j’ai cochés :

  • l’Umbrail, le Stelvio et l’Iseran : les trois cols routiers les plus hauts de Suisse, d’Italie et de France (2503, 2758 et 2770 mètres) ;
  • le Susten, le Grimsel et l’Oberalp : pour continuer ma collection des 2000 suisses ;
  • le Mont-Cenis, le Montgenèvre et le Petit-Saint-Bernard : ces trois là je ne dis pas encore pourquoi, l’objet du délit est encore trop insensé pour l’avouer ici ;
  • la Croix, je passe tellement souvent autour, il fallait bien finir par lui régler son sort un jour ;
  • la Forclaz et les Montets : la petite route pour aller grimper sur la mer de Glace :
  • Champex-Lac, une montée mise au programme du Tour de Romandie 2015 et qui me faisait de l’oeil.

Tous ces cols sur une carte.

Une belle année à s’envoyer en l’air.

Col de décembre, la Faucille

Pour décembre, le choix s’était donc porté sur le col de la Faucille, situé en France, mais très proche de la Suisse.

Decembre

 

Je ne l’ai pas fait au départ de Lausanne, mais au départ de Gland. Y’a tout de même un bout de Gland à Lausanne. J’ai mis mon fidèle compagnon dans le train.

Rangé dans son sac
Rangé dans son sac

Un jour, il faudra que j’écrive un billet sur les voyages en train avec le vélo.

Départ des bords du lac Léman, direction Nyon puis Divonne-les-Bains. Les vaudois et les genevois sur cette route le samedi matin, c’est peu la transhumance des gnous dans le Serengeti, tout ce joli monde partant faire les courses en France. L’ascension débute du col réellement à Gex, c’est à partir de cet endroit que la circulation est plus calme, nettement moins de voiture.

La Faucille se monte bien, pas de très grosses pentes, le bitume est en très bon état. Depuis le village de Gex, il y a 10 kilomètres de montée. À certains endroits la vue sur le lac Léman et sur le Mont-Blanc est magnifique. J’ai tenté d’en faire des photos à l’Iphone mais ça ne rendait rien. À mi-pente, il y a la Fontaine Napoléon à partir de laquelle la pente se durcit un peu.

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Au sommet, les jambes sont là. Je me décide à partir de l’autre coté du col vers Les Rousses. Dans cette vallée jurassienne, il fait quand même super froid et je rencontre quelques plaques de glace sur la chaussée, on y va doucement.

Tenue adaptée au climat.
Tenue adaptée au climat.

Je repasse la frontière à La Cure, village frontalier qui vaut le coup d’être vu. La frontière passe au travers de certains bâtiments. Depuis La Cure, je remonte le col de Givrine, rien de sensationnel à monter de ce coté-ci, puis descente par Saint-Cergue et Arzier vers Gland et le Léman. Kilométrage total de la boucle : 84 km.

Pour décembre, le défi est donc tenu. Pour janvier, je pense avoir jeté mon dévolu sur le col de la Forclaz (entre le canton du Valais et la Haute-Savoie) là encore un col quasi-frontalier.

Avec mes petits délires de cols, je me suis mis à ranger les Alpes… sur Wikipédia. On peut maintenant visualiser sur une carte les plus grands cols des Alpes pour la France, l’Italie et la Suisse. Ca donne quelques envies de vacances, notamment dans les Dolomites.

 

Col de novembre, le Pas de Morgins

Maintenant que ce défi des cols est rendu public, il faut s’y tenir. Nous voilà en novembre, nouveau col à monter. Fabienne m’avait judicieusement évoqué le pas de Morgins, entre la Suisse et la France au sud du Léman.

Morgins

Samedi matin, 10h30, me voilà donc à prendre la route depuis Lausanne en direction de ce col. J’aime assez partir par les hauts de Lausanne et Savigny avec une boucle par le lac de Bret. C’est un moyen assez sympa de quitter l’agglomération de Lausanne, avec une très belle descente dans les vignes entre Chexbres et Vevey.

Le lac de Bret, un peu brumeux.
Le lac de Bret, un peu brumeux.

Ensuite, je suis la route du lac. Ce n’est pas la route la plus sympa à faire en vélo, très circulante, plein de voitures et de piétons pas super attentifs aux autres usagers. Puis je remonte la vallée du Rhône jusqu’à Aigle avant de bifurquer jusqu’à Monthey où démarre le pas de Morgins. 1h30 entre Lausanne et Aigle, je n’ai pas trop mal roulé.

Ce col est relativement long, 17km depuis Monthey, mais sans grosse pente. Ca passe donc tranquillement. Il y a quelques villages, des maisons un peu partout, l’été il ne doit pas y avoir de problème pour refaire le plein d’eau.

Les Dents du Midi, vues depuis la route du pas de Morgins.
Les Dents du Midi, vues depuis la route du pas de Morgins.

Au sommet il y a quelques centimètres de neige, le lac de Morgins est déjà partiellement gelé. Je m’arrête quelques minutes pour la photo.

Au col.
Au col.

J’amorce la descente avec une pause chocolat chaud à Morgins. Gros plaisir dans la descente où je me fais doubler par aucune voiture, mais je parviens à en doubler deux.

En bas, dans la vallée du Rhône, c’est assez désagréable à rouler. On est samedi après-midi, au milieu des zones commerciales et des routes pour y accéder. J’ai 100 km dans les jambes, je suis un peu cramé et je n’ai pas une grosse motivation à me faire la route du lac en grosse circulation. Je m’arrête à Aigle et je rentre en train.

Donc le col du mois est tenu pour novembre, reste plus qu’à arrêter le choix pour décembre. Pour le moment, j’hésite entre la Forclaz et la Faucille.

Défi des cols

Petit à petit dans l’année, je me suis mis en tête un défi : 1 mois, 1 nouvelle ascension en vélo. En mai, j’avais débuté par le col de Vence dans l’arrière-pays niçois, en juin c’était le col du Grand-Saint-Bernard à la frontière italo-suisse, en juillet le col de la Croix-de-Fer en Savoie, en aout le col du Gurnigel dans les Alpes bernoises et en septembre le col du Marchairuz depuis le Léman.

Octobre est vite passé, sans ascension : des trucs à faire et une belle angine… Du coup, hier, 31 octobre, je n’ai plus beaucoup de choix pour relever le défi. Je suis parti vers le mont Chesau. Vous me direz, ce n’est pas un col et ça ne culmine qu’à 984 mètres. Certes mais j’ai été surpris par les fortes pentes. La dernière portion pour arriver au sommet c’est tout de même 1.6km à 12% de moyenne. Au sommet, la vue est plutôt sympa. Y’a aussi une buvette.

Les préalpes fribourgeoises et le Moléson depuis le mont Chesau.
Les préalpes fribourgeoises et le Moléson depuis le mont Chesau.

Sur le chemin du retour je suis passé par le Léman et du coup je me suis monté tout le col du Chalet-à-Gobet, chose que je n’avais jamais faite. Bref, pour octobre le défi est relevé.

Le Lavaux et ses couleurs d'automne.
Le Lavaux et ses couleurs d’automne.

Ceci dit, maintenant que j’ai rendu le défi public, va falloir s’y tenir. J’ai commencé à ébaucher une petite liste de cols faisables en hiver : la Faucille, la Forclaz, le Pas de Morgins, les Etroits. Si vous en avez d’autres n’hésitez pas à proposer.

Maintenant, rendez-vous en novembre.