Passage à niveau et vélo

Dimanche se déroulait Paris-Roubaix, à 85 km de l’arrivée il y a eu un incident. Un passage à niveau a fermé la route au milieu d’un groupe conséquent de coureurs. Des coureurs ont forcé le passage à niveau et sont passés alors que les barrières étaient abaissées. D’autres se sont arrêtés.

Sur la même épreuve, en 2006, trois coureurs avaient fait de même. Ainsi donc les coureurs ayant l’arrivée aux 2ème, 3ème et 4ème places furent déclassés. Sanction légitime selon mon point de vue.

Depuis, pas mal de personnes réagissent certains disent que ASO (l’organisateur) devrait s’arranger pour faire retarder le train, d’autres disent que l’organisateur est incompétent, etc. Je me permets de donner ici quelques éclaircissements et avis.

Parlons du passage à niveau en question. L’organisateur donne généralement (et c’est le cas ici) une feuille avec les prévisions de passage de la caravane et des coureurs. Généralement les temps de passage des coureurs sont donnés pour trois vitesses moyennes différentes : basse, moyenne et haute. Dans le cas de notre passage à niveau, ces temps de passage sont à 14h28, 14h40 et 14h53. Cela signifie que les coureurs peuvent passer à n’importe quel moment dans cette fourchette de 25 minutes. Il peut même leur arriver de passer hors de cette fourchette.

Le passage à niveau en question est situé peu au nord-ouest de Valenciennes, région très densément peuplée (en fait le Nord est le département le plus peuplée de France 2,5 millions d’habitants). Vous pouvez imaginer le nombre de train qui passe sur ces lignes ? J’avoue ne pas avoir réussi à trouver le nombre exact de train passant dans le coin par heure.

Par contre, la feuille me course me dit qu’entre les km 157 et 171, il y a 5 passages à niveau. L’incident de dimanche s’est déroulé dans cette portion de 14 km. Sur les 253 kilomètres de course, c’est un total de 10 passages à niveau qu’il y a.

Compte tenu du nombre de passage à niveau dans ce faible espace et de la variabilité des horaires de passage, je peine à concevoir que l’organisateur puisse donner le coup d’envoi d’une course de 250 km en vélo en certifiant qu’aucun coureur ne se trouvera sur un passage à niveau à une heure de passage d’un train.

Mais alors quelles solutions existent ? Je fais un recueil critique de tout ce que j’ai entendu :

Ne pas faire franchir de passage à niveau à la course

C’est effectivement une solution, mais il faudrait profondément modifier le parcours et très probablement se priver des secteurs pavés qui font le caractère même de la course. Je vois mal l’organisateur envisager ça.

Retarder le train qui croise la course

Retarder un train, c’est perturber tout le traffic. Là encore je vois mal la SNCF entrer en matière là-dessus.

Mettre plus de commissaires de courses ou de policiers aux passages à niveaux

Les coureurs le savent que c’est interdit de passer. En plus de l’aspect purement dangereux pour leurs vies, il y a le règlement de la courses à laquelle ils participent. Sans excuser les coureurs qui font ça, je conçois que lancer dans la course certains puissent faire ça. Je conçois et je trouve normal qu’ils se fassent exclure pour ça.

Ils ne faut pas compter sur les coureurs pour respecter les passages à niveau, il faut donc compter sur un service d’ordre. Je pense qu’il y a une vraie solution ici. On parle de 10 passages sur toute la course. 4 ou 5 commissaires de courses (ou gendarmes) par passages à niveaux, ça fait 50 personnes sur la course. Vu le budget général d’une telle organisation, ça reste acceptable.

Supprimer les passages à niveau en question

Travail couteux et de longue haleine, mais vraie solution. Faire des travaux pour que la chaussée passe dessus ou dessous les voies ferrées. Ces aménagements seraient qui plus est profitables pour le reste de la collectivité le reste de l’année. Mais voilà, il faut prendre les décisions, faire les travaux, etc. ça prend du temps. Du surcroît : qui paye ?

 

En somme, je ne pense pas qu’il soit possible de faire passer cette course hors passage à niveau, ou sur des passages à niveau vides avec certitude. Les solutions sont plus à chercher dans le durcissement de la présence des commissaires à ces endroits dangereux et dans le durcissement des sanctions envers les coureurs inconscients. Histoire de faire perdre l’envie à d’autres de recommencer.

 

 

 

 

 

 

 

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