Mon premier 200km, mon premier 2000 mètres en France.

C’était la journée des premières…

Ce moment où, il y a trois semaines, ton esprit déraille et tu acceptes la proposition de Gwenn d’aller te faire une boucle de 200 km dans les Alpes françaises.

Me voilà donc samedi matin dans les rues de Grenoble à prendre route vers l’Oisans avec dans l’idée de boucler 200 km en vélo, en montagne. Le départ se fait tranquillement. C’est du plat, ou du très léger faux plat montant, on y va à l’économie sachant ce qu’il reste à faire. Les 25 premiers kilomètres se font tranquille, jusqu’à la première crevaison (j’ai effectivement dit la première). Un bout de plastique sur la chaussée me fait crever de l’arrière. Et comme la photo ci-dessous vous le montre, c’était l’endroit le plus safe de la région pour réparer…

La bordure de 4 voies, un régal pour réparer une crevaison.
La bordure de 4 voies, un régal pour réparer une crevaison.

Je vois bien la question arriver. C’était bien la seule route pour passer. C’est dans un vallée, la route est parfois élargie en quatre voies et il n’y a rien d’autre pour passer.

Bref, on repart. Après 45 km, on laisse cette belle route de merde et on prend sur la gauche vers le col de la Croix de Fer. L’ascension commence vraiment au bout de 50 km et on en a pour 25 km. J’ai un peu morflé dans les premières pentes, qui sont assez rudes. On se ménage un arrêt pour s’alimenter et remplir les bidons au Rivier d’Allemont, c’est le dernier lieu de vie avant le sommet. Plus que 20 km avant le col. La suite de la montée est étonnante. Les paysages sont à couper le souffle. C’est très sauvage, magnifique. Par contre, au milieu de la montée, il faut se faire une bonne descente pour prendre ensuite un mur. Apparemment l’ancienne route du col a été traversé par un éboulement, d’où le  »détour » par le fond de la vallée pour aller chercher l’autre versant.

On continue notre montée. On passe le barrage de Grand’Maison. Pas très joli, mais les paysages d’alpages autour le sont. Gwenn et moi avons un rythme assez différent. Sur les fortes pentes, mes plus gros développements me font grimacer. Je passe en force, lui plus en souplesse. Dès que la pente se radoucit, j’enroule et passe devant. On arrive donc au sommet du col de la Croix de Fer. Il ne fait pas super chaud, je suis totalement à sec d’eau et je commence à avoir faim. On se fait un arrêt pour la photo. Gwenn en profite pour manger quelques trucs, il ne se sent pas super bien. Pour ma part, je me dis qu’on va se laisser descendre jusqu’à Saint-Jean-de-Maurienne et casser la croute là-bas. Mais j’avais oublié un truc.

La petite photo au sommet.
La petite photo au sommet.

En fait, ni Gwenn ni moi n’avions en tête que dans la descente de la Croix-de-Fer il y a deux bonnes montées. Descente très éprouvante. Le bitume est dans un état déplorable, on part tous les deux à la faute dans une épingle, sans gravité. On prend des secousses énormes dans les bras avec les nids de poules partout. On se prend ses deux belles montées. Du coup, on arrive à Saint-Jean-de-Maurienne encore plus crevé qu’en haut du col… Ca fait pratiquement 30 bornes que j’ai pas bu une goutte d’eau.

Gwenn n’est pas super bien. Je le laisse au bord de la route et je cherche de quoi manger. Ô bonheur, je trouve une boulangerie et une  boucherie mitoyennes. Gwenn me rejoint et pique-nique : pain, jambon, saucisson. On remplit les bidons, on boit. Gwenn est encore un peu mal. On attend avant de partir. Je claque une sieste allongé sur le trottoir. Gwenn me réveille. Etendu des dégâts : on a 105 km au compteur et il est 17h30. Il nous reste 95 km pour l’objectif et le soleil se couche dans moins de quatre heures.

On prend route, sans le dire, on a en tête tous les deux que c’est cuit pour les 200 km, ça se finira en train. Perdu pour perdu, je me dis autant se faire plaisir. J’embraye donc et je commence à tirer de gros relais dans la Maurienne. Mon premier relais a du faire une dizaine de kilomètres à pratiquement 40 km/h de moyenne. C’est bon pour le moral. Je vois que le Gwenn commence à reprendre du poil de la bête, il vient prendre des petits relais devant. Ca me permet de me reposer. On abat les 40 km de la Maurienne à 32 km/h de moyenne, malgré deux arrêts (pisse et flotte).

On commence à reprendre espoir pour les 200km. On se dit que ça peut-être jouable. Et c’est là que survient la seconde crevaison, toujours ma roue arrière. Je manque de lucidité, je ne vois pas un caillou, je pince la chambre à air et crevaison. On met des rustines et on repart. Ca roule pas mal, mais je commence à ralentir. On se rend compte que ma roue arrière perd de l’air. La réparation tient pas. Il reste une trentaine de kilomètres, on met notre dernière chambre à air de rechange dans ma roue arrière et on repart. Ca roule bien. Pas les 35/40 de la Maurienne, mais ça roule. Et je finis par coincer dans les 15 dernières bornes. En sortant de Saint-Jean-de-Maurienne, je m’étais dit que nous n’arriverions jamais à Grenoble. Du coup, j’ai cessé de m’alimenter en solide et donc grosse fringale.

On finit donc plus calmement, avec un joli crépuscule sur le Grésivaudan au moment de franchir les 200km. On fait finalement un total de 210 km, le temps d’arriver en banlieue de Grenoble et de rentrer en tramway, on a d’éclairage ni l’autre.

Belle journée de fou. Ce fut donc ma première sortie de 200km et mon premier col de plus de 2000 mètres en France. Les enseignements : mieux gérer l’alimentation et trouver des développements encore plus souple pour passer les cols.

 

 

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