Wikisource, pourquoi faire…

Image de Edward Whymper en train d'escalader
Il y a 3 jours, je voulais lire Scrambles amongst the Alps de Edward Whymper afin de  créer un article sur ce livre. En effet, en ce moment, j’essaye de contribuer sur l’alpinisme sur wikipédia et ce livre est reconnu comme étant un des premiers livres d’alpinisme. Le prix du livre ? 13 euros sur amazon, 6 euros la version kindle…

L’auteur étant mort en 1911, le livre est dans le domaine public depuis 1962. Seul l’éditeur et le distributeur reçoivent de l’argent pour ce livre. J’ai donc décidé de ne pas payer.

Sur Internet Archive, j’ai trouvé un djvu, en gros, un scan avec un OCR rapide. Grâce à Pyb, ce fichier s’est retouvé sur wikisource.

Wikisource pourquoi faire ?

Le but est que tous ceux qui veulent lire ce livre puisse y avoir accès. Que ce soit moi, le projet alpinisme sur wikipédia ou n’importe qui d’autre…

Wikisource comment ça marche ?

En gros, il faut que deux personnes relisent le livre. Une corrige page par page le livre, ajoute les illustrations. L’autre valide que pas d’erreur n’ait été oubliée.

Et alors ?

En relisant ce livre, une idée d’article m’est venue. De nombreuses illustrations libres sont chargées sur commons dont celles sur cette page… Je trouve que wikisource est le sport le plus complet le projet faisant intervenir le plus les autres projets.

Et après ?

Les projets ?  Finir de relire cette version, relire la traduction en français, intégrer les infos dans wikipédia, wiki-machin-voyage… mais dans l’immédiat se reposer…

Sac de couchage par Edward Whymper

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Erika. Totalement jugé, finalement coupable.

Ce mardi 25 septembre Total a donc été condamné dans l’affaire concernant le naufrage de l’Erika. C’est marrant mais j’ai entendu l’information sans que cela me touche plus que ça.

Exxon Valdez

Mon premier souvenir de marée noire concerne celle de l’Exxon Valdez, échoué en mars 1989 en Alaska. J’avais un peu moins de dix ans. J’ai suivi cela par la télé. J’ai encore ces souvenirs d’images très contrastées entre le blanc de la neige (ou de la glace) et le noir du pétrole. C’était loin sur un autre continent, on sent que c’est grave. Je pense que j’ai surement un peu développé une certaine conscience de l’environnement à ce moment là.

Pour l’anecdote, l’Exxon Valdez a continué à naviguer jusqu’en 2012, il a été posé sur une plage d’Alang en Inde le 2 août dernier pour y être découpé. Paix à son âme.

Erika

L’Erika, j’avais 20 ans, j’étais étudiant. Je me souviens me lever un dimanche matin, le 12 décembre, lendemain d’un samedi soir étudiant, je vais prendre mon petit déjeuner assez tard, j’écoute la radio des parents. J’entends qu’un pétrolier est en deux au large de Penmarc’h. Merde. Dans les heures qui suivent, on est tous attentif aux informations. Puis les choses s’enchainent assez vite. La partie avant coule, la partie arrière est remorquée par l’Abeille Flandres. Elle coule aussi peu après.

Dans les jours qui suivent, les médias nous disent qu’une partie de la cargaison se balade en mer. Différents bateaux de lutte anti-pollution sont envoyés sur place pour tenter de pomper le pétrole. On commence à apprendre qu’en fait ce n’est pas du pétrole mais un résidu de distillation ; donc très visqueux, donc très difficile à pomper. On attend. Puis arrive Lothar, la fameuse tempête de fin 1999. Le coup de vent ayant été annoncé, tous les navires de lutte anti-pollution viennent se mettre à l’abri dans le port de Saint-Nazaire. Je pars les voir avec mon père. Là on a vraiment compris ce qu’on allait se prendre sur la figure. Ces bateaux, de gros remorqueurs en quelque sorte, sont tous mis en quarantaine dans un coin du port, avec cordons de bouée autour d’eux, histoire qu’ils ne polluent pas trop le reste du port. Et puis je me rappelle voir un membre d’équipage d’un bateau espagnol nettoyer au Karcher la proue de son navire. En fait, il ne faisait que décoller le pétrole afin qu’on puisse tout de même lire le nom de son bateau. Ces bateaux étaient tous recouverts de fioul, bien collé sur la coque, au point que les noms étaient illisibles. Drôle d’ambiance.

Dans le même temps, les premières galettes commencent à arriver sur la côte. On commence à avoir des images à la télé des cotes – que l’on connait – souillées. À l’arrivée de ces premières galettes, il y aura ce très bon mot de Dominique Voynet, alors ministre de l’environnement :

Ce n’est pas la catastrophe écologique du siècle.

Sacré Dominique, et tu étais élue écologiste… Que ce ne soit pas la catastrophe écologiste du siècle possiblement, mais j’ai comme un doute que les sinistrés locaux aient besoin d’entendre ça à ce moment là. Être ministre de l’environnement et tirer vers le bas la gravité d’un évènement comme celui-ci, on a vu mieux comme message pour rassurer la population.

À ce moment, les médias t’abreuvent d’images de cotes souillées, cherchent des responsables, etc. Très vite Total est montré du doigt. Tout le monde veut boycotter total. Et puis tu réfléchis. Et tu te rends compte que tu si veux vraiment boycotter Total, tu ne peux même pas mettre d’essence dans ta voiture pour aller nettoyer les plages. Ben oui, les carburants que tu achètes au supermarché, ils viennent de la raffinerie pétrolière la plus proche, raffinerie qui appartient à … Total.  Bref, tu vas faire le plein et tu continues à engraisser Total pour aller nettoyer ses cochonneries sur tes plages. Ironique, n’est-ce pas ?

Nettoyage des plages ?

Ben oui, il a fallu nettoyer. Ce travail a été assuré en très grosse partie par des bénévoles. En fait, on a tous un peu nettoyé la plage en bas de chez soi. Le sentiment de révolte face à l’évènement en cours fait que rapidement tu trouves la motivation pour participer à la tache. Tu te renseignes dans le journal pour savoir comment s’est organisé. Et te voilà parti, rendez-vous en début de marée descendante.

À l’arrivée sur la plage, des personnes t’attendent pour te donner une fine combinaison et des gants. Et effectivement, pour 1 kg de pétrole retiré de la plage, il faut balancer 10 kg de déchets à la benne à ordure ; le sable collé, les algues, les déchets divers qui se promenaient en mer (ben oui faut pas déconner c’est quand même pas Total qui a inventé la pollution), les oiseaux morts, etc.

Après avoir bossé un bon moment, on finit par te dire d’arrêter. Tu es assez content du job réalisé, la plage est quand même beaucoup plus propre qu’avant d’arriver. Grosse satisfaction. En fait, on te demande d’arrêter parce qu’on arrive à l’étale de basse mer. La marée est en train de remonter. Tu restes trainer un peu et tu vois pourquoi il fallait s’arrêter de bosser. En remontant, la mer ramène au moins autant de merde que ce que tu as précédemment retiré. Ce mécanisme est un éternel recommencement à chaque marée, tant que la mer a encore de la merde à vomir.

La révolte fait place à la lassitude. Oui, les plages sont dégueulasses, mais j’ai autre chose à faire cette après-midi. Du coup, tu n’y vas plus quand tu peux. Faut quand même être con pour se peler le cul sur la plage en plein mois de janvier. Je me rappelle d’un truc marrant. Le campus dans lequel je faisais mes études était grossomodo à 2 ou 3 kilomètres de la cote. Le jeudi après-midi était normalement réservé au sport. Pendant les mois de janvier et février, l’université offrait le repas de midi au restaurant universitaire pour ceux qui allaient ensuite nettoyer les plages. C’était l’occupation sport de l’époque.

Ievoli Sun

Le Ievoli Sun est un chimiquier qui a fait naufrage fin octobre 2000 au nord de la Bretagne. Là encore je me souviens bien des circonstances dans lesquelles j’ai appris ça. Gros sentiment de révolte. 9 ou 10 mois auparavant tu nettoyais les plages de l’Erika et là un chimiquier qui coule avec notamment du styrène. Tu te dis que ce n’est qu’un éternel recommencement. Les médias passent à autre chose, toi aussi.

Prestige

En 2002, il y a eu le naufrage du Prestige. Là aussi désastre écologique, principalement sur les cotes portugaises et espagnoles. En Bretagne on a eu un peu de pétrole aussi, mais pas beaucoup ; quelques petites boulettes sur les plages, juste un truc à se salir les chaussures en allant marcher sur la plage. Oui mais nous on avait eu l’Erika. Du coup, je savais nettoyer des chaussures souillées au pétrole, ou dérivés. Un peu de gasoil – oui le gasoil est très bon pour détacher du pétrole – un chiffon sec et hop, les chaussures sont comme neuves. En Bretagne on a du pétrole et des idées. Hein !

Procès de l’Erika

Le procès a débuté en février 2007, sept années après le naufrage. Bien sûr, ils sont tous innocents, ils n’y peuvent rien, etc. J’ai suivi de très loin ce procès, lisant quelques articles de synthèse et voilà. Une première fois jugé coupable Total a bien sûr fait appel. Aujourd’hui l’appel a été cassé. 13 ans après le naufrage Total se voit donc obligé de payer une amende de 375 000 euros au motif de pollution maritime.

Je crois que depuis 13 ans, je me suis totalement blasé de ce genre d’évènement. Il en est arrivé tant, il en arrivera encore d’autres (Hein Deepwater Horizon…). C’est la vie.

Ah oui et puis 375 000 euros d’amende, ça ne fait jamais que 0,0002 % du chiffre d’affaire annuel de Total. Et pour 20 000 tonnes de produits pétroliers en mer, ça ne fait que 2% de la quantité d’hydrocarbure qu’il resterait au large de la Bretagne dans diverses épaves non nettoyées. (Chiffre que je tiens d’une étude publiée dans le magazine Science & Vie à l’époque)

Mais pourquoi on en parle tant en fait ?

(Désolé, c’était mon billet cynique de l’année)

Bolt

Il y a quelques semaines, je suis allé à Athletissima, un meeting d’athlétisme sur Lausanne ; le but étant de faire quelques jolies photos de différents athlètes présents ce soir là, histoire d’aller illustrer quelques articles. Il y avait plusieurs médaillés olympiques des récents jeux de Londres ; avec notamment Yohan Blake ou Usain Bolt.

La soirée se passe bien. Un photographe à coté de moi explose l’écran LCD de son 5D Mark II, sans avoir l’être plus stressé que ça… Et puis arrive le 200 mètres homme, avec notamment Usain Bolt. Je prends des photos pendant la course et au moment même ou Bolt passe devant moi à l’arrivée, voile noir dans le viseur de l’appareil photo. Grosse angoisse. Ne comprenant pas ce qu’il se passe, je finis par démonter l’objectif du boitier ; et là je découvre le miroir se baladant tout seul devant le capteur. Grosse angoisse x2.

Victor a été envoyé chez le docteur pour appareil photo. Oui nous donnons des prénoms à nos boitiers ! Après quelques semaines, je viens de le récupérer. Plus de peur que de mal, il a tout de même fallu changer le miroir et son mécanisme. Une addition couteuse, mais soutenable. Ca m’a tout de même valu quelques nuit blanches et quelques bons moments de stress…

Bref, ce gars va tellement vite qu’il arrive même à m’en décrocher le miroir de l’appareil photo. J’ose lui envoyer la facture ?

La prochaine fois, tu passeras moins vite. Merci.

Wikimobile : machine à illustrer Wikipédia

Ma voiture s’est déjà présentée il y a quelques temps ici même. J’en ai petit-à-petit fait une machine à illuster Wikipédia.

Outre le fait qu’on y trouve trois prises 220 Volts pour charger appareil photo, caméra ou ordinateur, j’y ai aussi mis des tabourets pliants (pour les matchs de foot par exemple) ou des rangements spécifiques pour les trépied et monopied d’appareil photo. Bref, elle est très adaptée à sa principale utilisation.

L’autre truc super utile est le jerrican d’eau dans le coffre, oui oui. J’ai souvent un jerrican de 20 litres dans le coffre et hier il a aussi trouvé son utilité pour illustrer Wikipédia. Nous étions dans une forêt du Jura vaudois près du col du Mollendruz à la recherche d’une pierre à cupules. Les pierres à cupules sont ces pierres dans lesquelles ont été creusées des trous plus ou moins circulaires. On ne connait pas vraiment l’utilité de ces trous. Mais il arrive qu’ils soient reliés entre-eux par des rigoles, l’eau coulant de l’un à l’autre.

Bref, nous trouvons la pierre en question – la pierre aux écuelles – avec pas moins de 25 cupules. De magnifiques cupules de tailles variées. Je retourne chercher le jerrican d’eau et voilà.

Pierre aux écuelles. Crédit : Fanny Scherttzer – CC By SA

La vidéo est disponible en suivant ce lien.

Un jour je ferai une liste de tout ce dont on se sert pour la photo, ou pas.

 

 

Connaître la Suisse par la petite boite.

Je suis très intéressé par l’image (je produis beaucoup de photographies), mais, de façon assez paradoxale, j’ai de grosses lacunes concernant l’image des peoples du pays dans lequel je réside.

Je vis en Suisse depuis 2007. J’y ai découvert ce pays par la radio et l’écrit. Je n’ai pas de télévision, depuis cinq ans je suis donc les informations de mon pays d’accueil par la radio et différents journaux. J’ai ainsi beaucoup de mal à associer un visage sur un nom ; en revanche j’ai plus d’aise à associer la voix au nom. J’ai une anecdote plutôt marrante à ce propos :

Fin 2007 j’ai suivi avec intérêt les élections fédérales puis les élections au Conseil Fédéral. Il s’agissait pour moi de découvrir la vie politique de mon nouveau pays, je l’ai donc fait au travers de la radio et de l’écrit. Quelques mois plus tard, en août 2008, j’étais au mariage d’un de mes voisins fribourgeois, je me sers à boire. Et à coté de moi un homme s’approche, sa lourde voix caverneuse me demande de luis servir un verre. J’obtempère, tout en me disant que sa voix me dit quelque chose, mais pas le visage. Clairement, je connaissais bien cette voix. Je lui demande si l’on se connait. Probable, me répond-il. La discussion se poursuit entre lui et moi, je finis par recoller les morceaux, il s’agit de Christian Levrat, le président du Parti Socialiste suisse. Il a plutôt été amusé par la situation.

Cette situation – connaitre les noms des gens et leurs fonctions, mais être souvent en difficulté pour connaître leur visage – est parfois problématique. Il m’arrive de me déplacer sur des évènements pour réaliser des photos mais ne pas me rendre compte de qui est la personne en face de moi. Petit-à-petit je tente de corriger ces manques, mais le fait de ne pas regarder la télé est freinant.

Bref, j’ai découvert ce pays par la radio. J’arrive à associer de nombreuses voix à des noms d’animateurs ou de journalistes de la Radio Suisse Romande, pardon de la Radio Télévision Suisse branche radio. Là dessus, je suis au même niveau que le reste de la population. Une voix, pas d’image. Et puis…

Et puis dimanche dernier je répondais à une colle posée par Magali Philip sur Twitter, j’y ai gagné le droit d’assister à la matinale de la Première à la Radio lundi matin. Outre le fait d’avoir pu voir de l’intérieur le fonctionnement de la radio, j’ai aussi pu associer des visages à des voix et des noms. Ces voix sont celles de journalistes qui m’ont fait découvrir ce pays. C’était vraiment très sympa. De manière très ironique Bertrand Piccard était ce matin l’invité de l’émission En ligne directe, nous avons pu un peu discuter. Ironique parce que Bertrand Piccard est probablement une des très rares personnalités suisses pour lesquelles, avant mon arrivée, j’aurais été capable d’associer nom et visage tout de suite ; avec Roger Federer ou Fabian Cancellara je pense.

Ainsi, aujourd’hui je me retrouve à connaitre les visages des personnes parlant dans la petite boite, mais toujours pas ceux de la télévision. J’ai décidément un angle de vue très particulier de ce pays. Et probablement très marginal.

J’en profite aussi pour remercier particulièrement Magali Philip et Nathalie Ducommun pour l’accueil que j’ai reçu ce matin lors de leur émission, et aussi toutes les personnes croisées dans les couloirs.

Francocentrisme

Hier soir je dinais sur Paris avec d’autres personnes investis dans Wikipédia. Nous avons eu des discussions diverses et variées sur Wikipédia et sur d’autres choses. Avec des suisses d’un coté et des français de l’autre, nous avons naturellement un peu abordé les problèmes de francocentrisme. Le francocentrisme est cette capacité à écrire un article en mettant la France au centre de tout. Cette discussion, très sympa, m’a donné envie d’écrire un billet sur le sujet. Ainsi donc, ce matin, me voilà à débuter la rédaction.

Les besoins primaires de la vie m’ont interrompu et nous voilà parti au marché pour faire les courses du week-end. Me voilà ce samedi matin au marché de Clichy, avec mon idée de billet de blog qui traine dans la tête.

Et puis j’arrive chez le fromager, j’y suis avec la fille de l’amie chez qui je passe le week-end. Voyant une Tête de Moine, celle-ci me demande ce que c’est.

De la Tête de Moine. Crédit : Mike Lehmann CC By SA

Je commence à lui expliquer qu’il s’agit d’un fromage du Jura. Et là le fromager me coupe gentiment et me dit :

Non, la Tête de Moine n’est pas un fromage du Jura, c’est un fromage suisse.

Et me voilà donc à expliquer que non le Jura n’est pas que en France, et que les suisses ont même donné ce nom à un de leurs cantons.

Bref, le francocentrisme n’est pas la propriété des wikipédiens.