Wikipédia, ce projet qui tourne très bien alors que …

J’ai un ami qui a tenu pendant quelques années un blog dans lequel il parlait de Wikipédia. L’accroche de son blog était la suivante :

Réflexions aléatoires sur un projet qui tourne très bien alors qu’il prouve tous les jours qu’il ne devrait logiquement pas fonctionner.

Pour qui connait un peu Wikipédia de l’intérieur, cette phrase a plus qu’un fond de vérité. Le processus rédactionnel des articles, les discussions et décisions entre contributeurs, tout est là pour faire en sorte que rien ne doit fonctionner. Mais en fait, ça marche. Et plutôt bien.

Récemment je buvais un verre avec un contributeur Neuchâtelois de Wikipédia. Lui est maintenant beaucoup plus investi dans le développement du logiciel MediaWiki que dans le contenu encyclopédique de Wikipédia. Oui, il ne faut pas oublier que l’outil de modification et de consultation on-line de Wikipédia est un logiciel développé à la base par des bénévoles. Ce logiciel, MediaWiki, est maintenant en partie développé par des professionnels payés par la Wikimédia Foundation, mais il reste encore de nombreux bénévoles à abattre un boulot nécessaire pour la bonne tenue de l’outil.

Bref, Alexandre me disait – assez amusé – que cette maxime sur le fonctionnement de Wikipédia était tout-à-fait transposable au logiciel MediaWiki. Il a vu des trucs dans le code source du bouzin qui lui font se demander comment ce machin arrive à fonctionner au jour le jour. C’est corrigé petit-à-petit mais ça reflète le fait qu’on a bricolé un petit logiciel avec deux trois bouts de ficelles il y a quelques années pour que ça rende un petit service. Aujourd’hui ce bricolage héberge le cinquième site le plus vu de la toile.

Ainsi donc tant en termes de processus rédactionnel qu’en termes d’outil technique Wikipédia est vouée à ne pas voir le lendemain. Et ça fait plus de onze ans que ça dure.

 

 

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Wikipédia et ses Interwikis

Sur wikipédia, on parle des interwikis pour évoquer les liens que l’on place dans les articles pour associer un article d’une langue A à une langue B.

Ainsi, dans l’article [[London]] sur Wikipédia en anglais, on va placer un [[fr:Londres]] et inversement. Ce sont ces interwikis qui vous permettent d’avoir sur la gauche de votre article accès à un article sur le même sujet dans d’autres langues, comme suit :

Dans le cas présent, je peux aller lire l’article sur le Talent (la rivière) en allemand et en chinois.

En tout logique, si le système était parfait, on devrait avoir des boucles : Rome renvoyant vers Roma, Roma renvoyant vers Rome.  Mais le système n’est pas parfait. Il peut arriver qu’un article A en français renvoie vers un article B en allemand qui lui même renvoie vers un article C (et non A) en français.

J’en ai trouvé un très bel exemple :

  • l’article francophone [[composition photographique]] renvoie vers un unique article [[de:Bildgestaltung]] en allemand ;
  • [[de:Bildgestaltung]] possède trois interwikis : bosnien, tchèque et finois. Par contre, le lien retour vers le français a disparu ;
  • en finois, l’article [[fi:Sommitelma]] possède quant à lui deux interwikis, les allemand et bosnien
  • le lien vers le tchèque a disparu, allons-y depuis [[de:Bildgestaltung]]
  • donc [[de:Bildgestaltung]] renvoie vers [[cs:Kompozice (fotografie)]] qui est en fait une redirection vers [[cs:Obrazová kompozice]]
  • quant à  [[cs:Obrazová kompozice]] il possède 26 liens interlangues. Parmis lesquels on trouve un lien en français vers [[fr:Composition picturale]] qui n’est donc pas notre article francophone de départ.

Voilà on a réussi à passer d’un article francophone à un autre article francophone par le jeux de ce qui devrait être des synonymes par langues. Les articles de départ et d’arrivée sont relativement proches, l’un pouvant être considéré comme un article détaillé de l’autre (article général).

Dans le même genre, il y a quelques années, l’article [[fr:Densité]] (en passant par l’anglais et l’allemand) renvoyait vers [[fr:Masse volumique]]. Là c’était tout de même légèrement plus gênant.

Un gros projet actuel dans la sphère Wikimedia s’appelle Wikidata. Il vise notamment à faire une base de données dans laquelle ces liens interlangues seront stockés et gérés. Je leur souhaite sincèrement beaucoup de courage pour gérer des cas comme ceux-ci.

Retrouver ses photos sur Internet, comment faire ?

Aujourd’hui, je tweetais :

faire des mails pour demander que mes photos soient créditées sur ≠ sites webs #fol_espoir

En effet, en fin d’après-midi j’ai envoyé quelques mails à différents webmasters pour leur signifier que leurs sites hébergeaient des photos dont je suis l’auteur pour qui ne me créditaient pas comme auteur des dites photos. Visiblement étonnés plusieurs contact twitters m’ont demandé comment je procédais pour retrouver mes photos sur le web. Explications !

Petit préambule, je publie la très grosse majorité de mes photos sous licence dite libre, CC by SA. Celles-ci sont hébergées sur Wikimedia Commons, site servant notamment de médiathèque pour l’encyclopédie Wikipédia.

Certains sites font très bien les choses.

Il faut le dire, certains sites webs savent créditer correctement une photographie sous licence libre. Il m’arrive d’en chercher, auquel cas je fais tout simplement une recherche Google avec mon nom, mon prénom et CC BY SA. En fait, pour être honnête, je trouve très peu de photos créditées de la sorte ; hormis celles utilisées sur ce blog, ou sur le blog de Wikimédia France.

Néanmoins Google fait bien les choses. À la recherche  »Prénom Nom CC BY SA », il renvoie les résultats pour lesquels c’est en fait crédité  »Prénom Nom Creative Commons ». Et là, on trouve pas mal de sites qui créditent de la sorte. De cette manière, j’ai trouvé ce bel article de la Nouvelle République. Pour Créative Commons en lieu et place de CC By SA, je ne dis rien du tout. On voit qu’il y a un réel effort de bien faire.

D’autres le font assez mal.

Avec ce type de recherches, on trouve aussi beaucoup de réutilisations avec comme crédit  »Prénom Nom Wikipédia ». On voit qu’il y a une volonté d’indiquer où on repompe, mais absolument aucune question sur la nature de la licence. Petit exemple ici.

Dans un cas similaire, j’avais trouvé une de mes photos sur le site web de France Inter, celle-ci était créditée avec un  »Ludovic Péron DR », pour droit réservée. Là, je me suis permis de gentiment râler. J’ai pédagogiquement expliqué ce qu’était une licence dite libre et qu’elles en étaient les contraintes. J’ai eu une réponse très rapide et courtoise. En voilà le résultat.

D’autres font les choses par dessus la jambe.

Effectivement d’autres sites se torche le c.. de ces problématiques. On cherche sur le web, on trouve une photo qui nous plait et hop, un copié/collé et c’est dans le site web. Dans de tels cas, le nom du photographe n’apparait pas. Une recherche textuelle avec Google ne donne rien.

Oui mais Google a mis à disposition un outil ultra puissant ; la recherche d’image non pas par texte mais par image. Ne me demandez pas comment ça marche, j’en sais absolument rien. Je sais juste m’en servir.

Ouvrez un onglet Google dans votre navigateur web, sélectionnez l’onglet Images, en théorie le troisième en partant de la gauche. Ensuite, prenez une image (depuis une autre page web ou depuis votre ordinateur) et faites un glissé/déposé de l’image dans la boite de recherche. Et la Google cherche toutes les images qui ressemblent à celle que vous venez de lui faire manger.

Petit exemple. J’ai fait la photo ci-dessous de Cristiano Ronaldo.

Cristiano Ronaldo. Crédit : Ludovic Péron CC by SA.

Je souhaite voir si elle est réutilisée. Je la glisse donc dans Google. En voici les résultats :

Résultats de Google images sur une photo.

Cette photo est réutilisée assez largement sur le web, sans crédits. Merci Google pour ce nouvel outil me permettant de voir ça.

Voir le nombre de réutilisations incorrectes (non créditées) ne fera pas cesser de publier sous licence libre. Je vois que les photos sous licence libre ne sont pas plus ni moins volées que les photos avec des © ou des Tous droits réservés. Le problème est juste que tout le monde ne sait pas correctement utiliser une licence libre. La gratuité d’un bien étonne parfois.

Montebourg, pas bon en histoire

Hier, dimanche 26 août, Arnaud Montebourg – le ministre du redressement productif de la France – a fait quelques déclarations relatives à la politique énergétique française.

En résumé, le fond de son discours c’est la France ne sort pas du nucléaire. Citons le directement :

le nucléaire est une filière d’avenir.

Certains se félicitent d’un tel discours, d’autres pas. Pour ma part, je me suis arrêté sur une phrase de Montebourg :

Grâce au nucléaire, l’industrie française a pu passer les épreuves, y compris les chocs pétroliers, la crise…, a-t-il ajouté, c’est une énergie abordable.

Hum, je crois que monsieur Montebourg a besoin de quelques cours d’histoire. Le premier choc pétrolier a lieu en 1973, le prix du barril de brut quadruple entre octobre 1973 et janvier 1974. Le second a lieu en 1979, le prix du barril triplant quasiment entre mi 1978 et 1981. Pour rappel, la part du nucléaire dans la production d’électricité en France se montait à 8,2% en 1973 et 16,7% en 1979.

J’ai quand même du mal à concevoir que le nucléaire ait pu avoir une influence sur la gestion des chocs pétroliers vu l’importance faible qu’il avait ces années là. Il ne faut pas non oublier qu’il s’agit de la part sur la production d’électricité et non sur l’ensemble d’énergie consommée en France ces années. L’influence du nucléaire y est donc encore plus négligeable.

Alors effectivement, le nucléaire a été présenté comme une solution à la montée du prix du pétrole. C’est notamment pour cela que cette filière a été développé en France, mais il ne faut pas dire qu’elle avait une influence en 1973 ou 1979.

Matinée de MERDE

Ce matin je me lève près à faire la route entre Lausanne et Neuchâtel pour une nouvelle semaine de travail. Je mets mes sacs dans la voiture, sac préparés la veille au soir. Je fais la route et j’arrive à Neuchâtel. Je laisse la voiture au jardin botanique pour me déplacer dans la ville en vélo.

J’arrive au travail, je sors mon ordinateur et là je me rends compte que son chargeur est à Lausanne. FAIL. Je cherche autour de moi quelqu’un qui pourrait me dépanner d’un chargeur une semaine, rien trouvé. Je surfe sur le net, je trouve un magasin adéquat pour acheter un chargeur.

Je prends mon vélo et je m’y rends. Sur la route, je casse la chaine du vélo. Je fais demi-tour, je rentre – à pied  – à l’université. Avec le peu de batterie restante sur l’ordi, je trouve un magasin de vélo ouvert un lundi matin. Dans mon malheur, j’ai de la chance, ce magasin est en contrebas de l’endroit où je me trouve. Je me remonte sur mon vélo et je me laisse descendre jusqu’au magasin en question.

Le gérant du magasin n’a pas le temps de réparer ma chaine. Je lui achète donc l’outil nécessaire à cela. Et me voilà le cul posé sur un trottoir de Neuchâtel à réparer mon vélo. Après 10 minutes à tripoter ma chaine, j’ai les mains pleines de graisse mais une chaine qui fonctionne. Je pars donc acheter mon chargeur d’ordinateur avec des mains de garagistes.

Voilà, à l’heure qu’il est j’ai un ordinateur alimenté et un vélo en état de marche. Mais quelle matinée de merde…

Bonne semaine à tous.

Les piranhas vivent dans les rivières, aussi sur Wikipédia !

Sur Wikipédia, il y a tout un jargon spécifique à ce projet. Vous pouvez en trouver tout un lexique ici-même.

Ce week-end, j’ai eu affaire avec l’un de ces termes ; il s’agit de l’effet piranha, qui plus dans un article relatif à une rivière. Le clin d’oeil étant trop beau, je me suis dis que ça en valait un court billet.

Ce samedi nous nous promenions dans la région de Vallorbe avec quelques copains, au programme : photos d’ours au Juraparc, de trains, de bornes frontières, de pierres à cupules et de fort militaire, entre autre. Pour ma part, j’aime bien documenter sur Wikipédia les régions dans lesquelles je suis allé. Dimanche, j’ai donc débuté la rédaction d’un article sur une petite rivière coulant près de Vallorbe ; la Jougnena.

L’effet piranha sur Wikipédia évoque le fait que pour une raison ou pour une autre un article subit dans un certain laps de temps des modifications substantielles. Il s’en voit grandement amélioré. L’un des exemples souvent évoqués est l’article concernant la pomme. Voir cette petite vidéo sur le sujet.

Ainsi, dimanche je débute la rédaction par une rapide ébauche. Et c’est là que j’ai découvert que cette charmante rivière franco-suisse du Jura recelait des piranhas. Sont arrivés un jeune contributeur du jura français et un retraité de la région parisienne (amoureux de la Franche-Comté). Et en moins de 24 heures l’article est devenu ceci.

Pourquoi cet article ? et pourquoi pas un autre ? Je n’en sais vraiment rien. Mais voilà comment ça se passe parfois sur Wikipédia.

Light painting

Il y a quelques temps je m’étais dit que je ferais bien quelques billets sur la photo. Histoire de donner quelques astuces, mais je ne savais pas trop sous quel angle démarrer la chose. Et puis l’autre soir je me suis amusé à faire du light painting avec des copains, je me suis dit que je pouvais bien commencer par là.

Je suis donc allé passer une semaine de vacances en Belgique, le samedi soir nous étions à une rencontre entre rédacteur de Wikipédia ; une rencontre organisée sous le thème de la gastronomie à Hermalle-sous-Huy. Après un très bon repas et de bonnes discussions, on remet le nez dehors et il fait nuit dans une cour assez sombre. Des conditions parfaites pour du light painting.

Il faut pratiquer cela de nuit, dans un endroit sans trop de lumière parasite. Pour la photo, munissez vous d’un appareil avec un trépied. Mettez le place. Ensuite, regardez le temps de pose que vous propose l’appareil photo. Entre 10 et 20 secondes, c’est parfait. Pendant cette longue pose, vous allez dessiner des motifs à la lampe de poche sur le champ de prise de vue de votre appareil. Un peu d’imagination fait le reste.

On peut tout d’abord simplement dessiner des lettres.

WP, pour Wikipédia le but d’un week-end. Crédit Ludovic PéronM0tty CC By SA

Après on peut s’amuser à rajouter des accessoires (ne pas oublier d’un peu les éclairer aussi).

Un homme assis, lisant un livre sur Wikipédia. Crédit : Ludovic PéronM0ttyMusicalineVIGNERON. CC By SA

Et on peut même s’amuser avec des sujets vivants aussi.

Certains reconnaitront de quel ange il s’agit. Crédit : M0ttyLudovic Péron CC BY SA

Profitez des beaux jours d’août et des longues soirées pour tester. Retours bienvenus.