Abonnement électrique 100% renouvelable ?

Il y a un ou deux ans un ami genevois m’évoquait que son fournisseur d’électricité lui proposait un abonnement fournissant 100% d’électricité renouvelable. J’avais bien rigolé. Lui me rétorquait que c’est bien ce que les plaquettes de communication évoquaient. Très récemment un autre ami genevois me taquinait sur le même sujet en me montrant l’image ci-dessous.

Oh le joli texte mensonger.

On va être clair, ce texte est mensonger.

Explications

Il y a un fait, un principe physique même, les électrons dans un circuit électrique ne se trient pas. Le réseau électrique genevois est connecté au reste du réseau électrique de la Suisse, et à celui de l’Europe qui plus est. On ne peut pas mettre des flics sur les files électriques à Bardonnex pour empêcher tel ou tel type d’électrons d’entrer dans le canton de Genève. Les électrons produits par une centrale nucléaire rentrent à Genève, comme les autres.

Quand on vous dit que 55% de l’électricité suisse est d’origine hydraulique, il faut y comprendre qu’en Suisse on produit un volume d’électricité correspond à 55% de ce qui y est produit. Cela ne signifie pas forcément que 55% de ce qui y est consommé est hydraulique.

Un réseau électrique c’est un savant équilibre ; la puissance produite sur le réseau doit correspondre à tout moment à ce qui y est consommé. Le volume de consommation est très loin d’être stable. Il y a des variations d’un moment à l’autre de la journée, d’un moment à l’autre de l’année. Grossièrement, on utilise le nucléaire et les barrages au fil de l’eau pour faire une production de fond. Ensuite, pour fournir les pics de consommation ; on utilise les barrages à chute d’eau ou les diesels. Ce sont des centrales qui peuvent passer de 0 à 100% de la production en un laps de temps très court ; idéal quand 2 millions de cafetières s’allument en même temps.

Ainsi, nous sommes dans un système que l’on peut schématiser en : la France nucléarisée fournit une grosse production de fond sur le marché européen. La Suisse et ses très nombreux barrages d’accumulation joue un role important pour étaler les pics de consommation.

Et donc, Genève ?

Genève est totalement présente dans ce système. Elle est connectée à ce vaste réseau électrique et possède assez peu de sites de production sur son sol. À moins de 100 kilomètres de Genève, on trouve notamment la centrale nucléaire du Bugey. Le Bugey c’est 3 724 MW, soit onze fois la puissance de Mühleberg ; c’est à peu près la capacité totale des installations hydroélectriques de Suisse. Sur un réseau électrique, on est globalement plus dépendant des producteurs proches que de ceux qui sont éloignés. Donc Genève est totalement arrosée par l’électricité du Bugey.

Et toi, consommateur particulier ?

Et bien toi, quelque soit  la nature de ton abonnement électrique, si tu es connecté au réseau des SIG tu consommes de l’électricité en partie nucléaire.

Prenons un beau dimanche de février, les industries et les services sont en partie à l’arrêt de part le congé dominical, la demande est donc plus faible que 3 jours avant. Il fait froid depuis quelques semaines, les centrales nucléaires sont donc au taquet en production.  C’est l’hiver, les barrages commencent à manquer d’eau. Tu habites Genève, tu allumes ton ordinateur pour lire ce blog, ton mix énergétique (la provenance de ton électricité) n’a surement rien à envier au 75% de nucléaire français.

Mais alors ?

Ben oui, tu payes plus cher pour avoir la même électricité que les autres… En fait, ce type d’abonnement électrique fonctionne notamment avec des label type Nature made. On met un label type 100% renouvelable à des sites des entités produisant de l’électricité.

Du coup, les SIG achètent le volume d’électricité ayant un label correspondant aux abonnements qu’il a avec ses clients. Mais en aucun cas, les SIG ont des fils spéciaux pour amener l’électricité depuis ce site de production renouvelable jusqu’au client final.

Finalité

La finalité de ce type d’abonnement est bonne. Par sa généralisation, si effet de masse il y a, on peut pousser le marché des producteurs à aller dans un sens particulier. Mais que l’on cesse de faire croire au consommateur lambda qu’il ne consomme pas d’électricité nucléaire.

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Faute de comm’

On peut être le cinquième site internet le plus visité au monde, mais quand même faire de belles fautes de communication. Aujourd’hui Wikipédia vous propose Wiki CON.

 

 

En plus gros :

 

Bon, maintenant, il faut que j’aille expliquer aux germanophones le sens de con en français.

Chacun sa croix

Hier en soirée, je suis allé me promener sur les hauteurs de Neuchâtel ; autour du funiculaire de Chaumont. Le coin est plutôt joli, j’ai fait du geocaching autour de blocs erratiques.

À la fin de ma promenade, je reprends la voiture et je repars. Dans une descente, à l’entrée de la forêt, je vois – au loin – un renard. Je coupe le moteur de la voiture que je laisse continuer la descente en silence. Je prends l’appareil photo, je change l’objectif. Je suis super heureux, mon renard ne bouge pas. Je vais pouvoir en faire une belle photo. Avec le téléobjectif je parviens donc à prendre une belle photo de mon renard que mes précautions en termes de bruit ont parvenu à ne pas effrayer.

Super fier de moi, je regarde la photo que je viens de faire ; mon appareil photo permet de zoomer sur les clichés que je viens de prendre. Et je vois ça :

UN CHAT ! Bordel.

Ben voilà, chacun sa croix, moi je suis myope.