Graffiti ancien

Je suis passé devant des centaines de fois sans le voir, l’autre matin je l’ai vu, allez savoir pourquoi. Du coup je l’ai pris en photo ce matin à la volée. Je parles d’un graffiti d’un autre temps.

Certains graffitis sont réalisés pour afficher une revendication, un message. Ils sont donc le plus souvent figés dans le temps. À la lecture du message, on date plus ou moins la période d’inscription. En revanche, les graffitis sont le plus souvent effacés rapidement ou recouvert d’un autre message.

Hier, donc, en passant sur la route cantonale de Berne à hauteur d’Epalinges, j’ai vu ce graffiti :

Nixon Assassin Vietnam

J’ai tout de suite été surpris par l’âge du message. Nixon a été président entre 1969 et 1974. Cette portion de la route cantonale a été construite pour l’Exposition nationale suisse de  1964.Le graffiti daterait donc de cette période entre 1969 et 1973 (Accords de paix de Paris) ; environ quarante ans. A priori, il semblerait qu’il soit gravé dans le mur en béton.

J’en ai donc tenté une photo ce matin.

Graffiti contre la Guerre du Vietnam.

Pardonnez moi pour la piètre qualité de la photo, c’est fait à la volée en roulant. Les bas-cotés de la route cantonale sont assez peu sécurisants à cet endroit pour s’y balader à pied. Néanmoins je tenterai d’en faire une mieux un jour ou l’autre.

Voilà, c’était pour le quart d’heure d’archéologie politico-revendicatrice de ce blog.

Je suis fasciné qu’un tel message soit toujours là quarante ans après.

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Photo du mois : escalier

Le thême de ce mois sur le groupe  »Photo du mois » de Facebook est escalier. J’étais bien en peine de trouver un truc sympa et original.

Et puis l’autre soir je retrouve un copain dans le quartier du Flon de Lausanne. On boit quelques verres, on discute. On rencontre un type sympa, Benoît, on discute (et on boit). Le bar dans lequel nous étions ferme, Benoît nous propose d’aller boire un autre verre chez lui. On accepte, en embarquant le serveur du bar précédent avec nous. Ce que Benoit appelle son chez lui est en fait le studio de répétition de son groupe de musique ; Professeur Wouassa (allez écouter, c’est bien). Je connaissais déjà le groupe pour les avoir entendu au Cully Jazz l’année passée.

Bref, ce studio est au troisième sous-sol de ce qu’on appelle les entrepôts fédéraux, dans la vallée du Flon. Le Flon est une rivière qui passe au travers de Lausanne depuis les hauteurs du plateau jusque dans le Léman. Au cours du 19ème siècle, sa vallée a été comblée en ville de Lausanne. Sur les remblais, on a notamment construit le quartier du Flon qui était à l’origine un ensemble d’entrepôts marchandises reliés aux trafics ferroviaires et lacustres. Cette vocation du quartier a petit à petit disparu au cours du XXème siècle. Les entrepôts ont ensuite été repris pour des activités underground, maintenant il s’agit plus d’un quartier bobo.

Au troisième sous-sol d’un de ces entrepôts, je me suis retrouvé dans le fond de cette ancienne vallée disparue et dans un partie de l’histoire de Lausanne. J’avais mon petit compact en poche, j’ai rapidement volée une photo des vieux escaliers. J’en ai fait un traitement en noir et blanc pour donner de l’âge à cette photo.

Vieux escaliers dans les entrepôts fédéraux du Flon.

Pour les autres participants à la photo du mois :

 Manola,
Loutron glouton,
Nicky,
Marion,
Cricriyom from Paris,
Lost in London,
Blogoth67,
Vinie,
lesegarten,
Surfanna,
Champagne,
The Parisienne,
Violette,
Nikit@,
Louisianne,
100driiine,
Gilsoub,
Agnès,
Les zinzins,
magda627,
Olivier,
Nathalie,
Annick,
Carnets d’images,
Titem,
Hugo,
Eff’Zee’Bee,
Ori,
Cessna, oui !,
Coco,
Louiki,
Leviacarmina,
Melting Pot,
Mgie les bons tuyaux,
Le Mag à lire,
florianL,
Tambour Major,
Laura,
Isabelle et Gilles,
Caro,
Petite Marie,
Grignette,
Chris et Nanou,
La Fille de l’Air,
LaGodiche,
François le Niçois,
Anita,
Cocosophie,
Laurent Nicolas,
Véro Beramelo,
Lauriane,
La Parigina,
Les voyages de Lucy,
Maïder,
Skipi,
Cara,
Cherrybee,
David et Mélanie,
Stephane08,
Céliano,
Emma,
Bestofava,
M.C.O,
André Éric,
Lavandine,
M,
Emily58,
Lucile et Rod,
Laure,
Typh’,
Egedan,
La Nantaise,
L’Azimutée,
Nomade57,
Typh’,
Gizeh,
Lhise,
Tam,
Caroline,
Où trouver à Montréal ?,
Anne,
Glose,
Minicecile,
The Mouse,
Dr CaSo,
CHIFFONS and Co,
Dan,
Ovan,
Alexanne,
Nataru,
Une niçoise,
Vanilla,
Aparça,
Cekoline,
Céline in Paris,
DNA,
Agrippine,
Kyn,
Xavier Mohr,
Cynthia,
Frédéric,
Krn,
Famille Gerdel,
Sinuaisons,
Carole In England,
Karrijini,
Stéphie&lesCacahuètes,
Elapstic,
Jean Wilmotte,
La Flaneuse,
Ava,
Testinaute,
Anne-Cécile,
Babou,
Renepaulhenry,
A&G,
Aude,
Mamysoren,
Zaromcha,
Anne Laure T,
hibiscus,
Un jour une rencontre,
Xoliv’,
Lyonelk,
E,
Kyoko,
Dorydee,
jen et dam,
Galinette,
Batilou,
Hélène d’avril,
Cathy,
Clara,
Quelbazar,
Isabelle,
Viviane,
Cécile,
Les petits supplices !,
Alexinparis,
Muni57,
Sébastien,
Filamots,
Le-Chroniqueur,
Narayan,
Akaieric,
Pilisi,
Sephiraph,
Alice Wonderland,
M’dame Jo,
J’adore j’adhère,
Nora,
La Papote,
Otak.

Débat politique dans la sixième circonscription des Français établis hors de France

Fait nouveau cette année, les français établis hors de France vont pouvoir voter pour élire des représentants à l’assemblée nationale. Ainsi, le reste du monde a été découpé en onze circonscriptions législatives parmi lesquelles on trouve la sixième qui regroupe la Suisse et le Liechtenstein.

Le parti des Verts Libéraux du canton de Vaud a eu la bonne idée de proposer hier soir un débat entre tous les candidats à cette circonscription ; deux sujets pour le débat :

  • la libre circulation ;
  • la politique énergétique.

Tous les candidats ne sont pas venus, il manquait notamment les représentantes de l’UMP et du PS ; la première excusée, la seconde avait dépêché son suppléant. La soirée a été découpée en deux discussions de une heure avec un lot de candidats différents.

Libre circulation, espace Schengen :

Dans un premier temps, Pierre-Jean Duvivier (indépendant), Laïla Barki (Parti Radical de Gauche), Joseph Kuszli (Parti Social Démocrate pour la Grande-Europe), Micheline Spoerri (droite indépendante) et Louis Lepioufle (suppléant de la candidate du Parti socialiste) ont débattu sur la libre circulation des personnes dans l’espace Schengen. En fait, assez rapidement, le débat m’a semblé partir sur Y’a-t-il trop d’étrangers en France. Plusieurs fois, il a été tenté de recentrer le débat sur ce qui peut aussi concerner les français établis hors de France : Qu’est-ce que nous apporte Schengen et comment ferait-on sans ? Cette partie de la soirée ne m’a pas franchement passionnée ; entre la candidate de la droite indépendante que j’ai trouvé ultra-agressive dans ses propos envers les autres candidats et le public, entre la candidate du Parti Radical de Gauche qui ne sait pas parler assez en fort en public (du coup, je n’ai pas entendu un traitre mot de sa part), entre le suppléant de la candidate PS que j’ai trouvé sans charisme (Je suis venu parce que ma cheffe m’a dit, hein, mais je ne sais pas pourquoi je suis là), etc, ce fut un grand moment de politique.

J’ai néanmoins noté deux échanges qui m’ont plus. À un moment, le candidat indépendant relève des propos et dit :

C’est tout le problème de la politique, les candidats en campagne font des promesses qu’ils sont incapables de tenir et naturellement ne les tiennent pas.

Réponse d’un autre candidat :

Ah mais c’est normal monsieur, c’est de la politique.

Donc mentir dans sa campagne pour tenter d’être élu est quelque chose de normal. J’aime la politique …

L’autre échange que j’ai relevé est croustillant. Les candidats parlent des résidants étrangers en France, une personne évoque le chiffre de 5% d’étrangers en France. Sur quoi mon voisin de derrière rebondit par un :

Ah, mais 5% c’est déjà trop !

Ce cher monsieur est français et il vit en Suisse. Les débats avaient lieu à Lausanne, dans le canton de Vaud. Le pourcentage de résidants permanents du canton de Vaud de nationalité étrangère est de … 30%. 5% d’étrangers dans un pays dans lequel il ne vit pas c’est trop, 30% dans celui dans lequel il vit – en étant étranger – ne le gène pas. On mesurera tous l’ironie de la situation.

Politique énergétique : pour ou contre le nucléaire

La seconde partie de la soirée m’intéressait beaucoup plus, en fait. Didier Salavert (Indépendant libéral), Marie-Françoise d’Anglemont de Tassigny (Parti Radical de droite), Magali Orsini (Front de Gauche), Ximena Kaiser-Morris (Europe Ecologie – Les Verts) et Odile Mojon (Solidarité et Progrès) ont donc débattu de la politique énergétique. On notera la malice du plan de table d’avoir placé la candidate des Verts à coté de celle de Solidarité et Progrès, ce dernier est le parti qui milite ouvertement pour un renforcement du nucléaire ; vous savez le parti de Jacques Cheminade.

Ce débat a été totalement phagocyté par la question du nucléaire : pour ou contre. Je ne vais pas refaire ici le match, on connait tous les arguments des uns et des autres. Je relève juste le discours de la candidate de Solidarité et Progrès qui de son coté nous a gratifié d’un :

Ah, mais il n’y a pas eu de morts à Fukushima !

Je salue l’exploit sportif de l’acte. Le tollé suscité dans la salle par cette phrase fut l’évènement de la soirée.

Plus sérieusement, j’ai été un peu déçu que de vraies questions viennent en fait très tard, ou pas du tout. La question des économies d’énergie est arrivée en tout fin de débat, la mobilité et donc les transports n’ont pas été évoqués, pas un mot sur la rénovation du parc immobilier en France (chauffage), Kyoto et le CO2 pas plus. Pour ou contre le nucléaire a été omniprésent dans le débat, avec des discussions sur comment produire autrement de l’électricité.

Dans ce cadre, il y a eu un échange très intéressant entre M. Salavert (Indépendant libéral) et Mme Orsini (Front de Gauche). M. Salavert nous explique qu’actuellement nous sommes dans une situation verticale entre la production et la consommation d’électricité : une entité productrice, peu de sites de productions qui distribuent en bas à des consommateurs. Il y a donc le niveau supérieur : société productrice, le niveau inférieur : consommateur. Le système actuel ne permet pas à un privé de produire de l’électricité et de la revendre à son voisin. Il nous explique que son idéal serait une situation horizontale dans laquelle chaque consommateur pourrait être producteur, ainsi un particulier pourrait produire de l’électricité dans sa propriété (éolien, solaire, hydro, etc) et revendre cette dernière à ces voisins, sans devoir passer par l’entité centrale. Une situation à reproduire sur l’ensemble du territoire ; à ce titre je vous invite à lire ce billet que j’avais écrit. La candidate du front de gauche s’est vivement opposée à cette idée. Elle conçoit l’idée de son concurrent visiblement comme de l’ultralibéralisme économique et non comme une réponse aux problèmes de distribution et de polarisation du réseau électrique français ; on peut tenter d’éclater le réseau de production et de distribution tout en y mettant des verrous en termes de prix. Ainsi elle se positionne ouvertement pour un système ultra centralisateur, et fait – à mon avis – complètement le jeu du tout nucléaire.

Conclusion 

J’ai donc découvert une partie des candidats aux législatives dans ma circonscription. La candidate qui visiblement emportera le lot final n’était pas là (Mme Schmid, UMP). Bref, entre les candidats qui disent devant leurs électeurs que oui ils mentent dans leurs campagnes, entre ceux qui ne connaissent visiblement pas les sujets de débat de la soirée, etc, ça me donne une très piètre image de la politique de mon pays.

Ca donne plus envie de m’investir dans celle du pays qui m’accueille.

Gmaps en vidéo

J’ai découvert ce nouvel outil de Google hier soir. Je ne sais pas de quand cela date, je n’avais rien vu passer auparavant. J’en parle ici tellement je trouve ça fascinant.

Dans l’outil de cartographie de Google, Gmaps, vous pouvez demander de tracer un itinéraire entre deux points. Le truc nouveau c’est que vous pouvez demander une balade en 3D le long de votre itinéraire. Je trouve ça super chouette.

Du coup pour vous montrer, j’ai fait une petite démo dans un endroit assez joli de Suisse : la haute vallée de l’Aar. Voir ci-dessous

Note : il faut utiliser le bouton 3D en haut à droite de l’itinéraire.