Photos et fichiers RAW

Je réalise beaucoup de photographie, je dois avoir fait 230 Go de photos depuis le 1er janvier dernier. Je suis assez conservateur, j’aime garder mes photos, mais ça s’accumule, heureusement que le prix des disques durs externes à sensiblement diminué. J’ai néanmoins une grande question en ce moment :

Sous quel format garder mes photos en archives.

Je ne fais quasiment que des photos en RAW. J’utilise très rarement le format JPG. Le format RAW est en fait un ensemble de format de fichier propre à chaque fabriquant de boitier (CR2 pour Canon, ARW pour Sony, etc.). Il s’agit quasiment du format brut sortie de capteur. Le JPG est déduit de cela en réalisant déjà des choix et donc avec pertes d’informations. Ainsi, je souhaite avoir l’image la plus brute possible pour me permettre d’avoir le maximum de possibilité en post-traitement, je fais donc des RAW.

Le mauvais coté du RAW est qu’il s’agit d’un format propriétaire. Aujourd’hui mon ordinateur lit ses fichiers directement, j’utilise un logiciel pour le post-traitement, ce logiciel permet de lire ces RAW. C’est possible parce que les constructeurs d’appareils photos donnent les informations nécessaires. Il est néanmoins tout-à-fait possible que dans quelques années mon nouvel ordinateur et mes logiciels n’aient plus accès à ces informations. Je me retrouverais donc avec plusieurs années de travail photographique mais sans la possibilité de les lire.

La solution existe, mais est très chronophage. Le format de fichier DNG est lui aussi un format de données brutes sortie de capteur. Ce format développé par Adobe est ouvert. Le risque de se retrouver sans outils pour lire ces fichiers est donc nettement plus faible.

Il me reste cependant à trouver la motivation pour transformer plusieurs centaines de Go d’archives photos.

Wikipédia est une tour de Babel dont la construction ne s’est pas arrêtée

La Tour de Babel est souvent utilisée sur Wikipédia pour évoquer le fait que les projets Wikipédia sont réalisés par toute une communauté d’internautes parlant plus de 200 langues.  Néanmoins la version biblique de la Tour de Babel n’est jamais achevée, les diversités de langues étant le frein à cette construction.

Il est en fait étonnant d’avoir choisi cette représentation pour Wikipédia. Pour évoquer les problématiques de langues dans Wikipédia on a choisi une allégorie qui se finit mal. Le but n’est jamais atteint. Il est même arrêté.

Je parle de cela parce qu’hier j’avais une petite réunion dans le cadre d’un projet avec Wikimedia CH. Nous avions rendez-vous à Neuchâtel, avec une chercheuse de l’université de Berne. Nous avons parlé d’un projet essentiellement germanophone, nous l’avons fait en discutant tantôt en anglais tantôt en français. Karen, notre interlocutrice, belge de son état prenait ses notes en flamand.

On récapitule :

  • un projet porté par des germanophones, beaucoup de réunions en allemand ;
  • nous, francophones, y participons (atelier en français en Suisse-romande) ;
  • meeting en anglais/français ;
  • prise de notes de notre contact en flamand.

Ouep, et pourtant ça marche. Ca me fait penser à l’accroche du blog du canidé :

Réflexions aléatoires sur un projet qui tourne très bien alors qu’il prouve tous les jours qu’il ne devrait logiquement pas fonctionner.

Réutiliser des photos issues de Wikipédia

Illustrer un livre, un article de presse, un site web, son blog, etc. est un besoin réel pour beaucoup. Tout rédacteur ou web-master est souvent à la recherche de la meilleure illustration pour mettre en perspective un contenu écrit. Le web est une formidable bibliothèque pour cela, Google joue le rôle du bibliothécaire en donnant les meilleurs résultats selon les critères des demandeurs.

Il existe néanmoins un autre bibliothécaire qui est de plus en plus utilisé, il s’agit de Wikipédia. Les illustrations présentes sur les articles de Wikipédia sont de plus en plus souvent reprises sur divers médias. En revanche, le crédit aux auteurs n’est pas toujours bien réalisé. Il y a des réutilisations qui relèvent clairement de la contrefaçon (utiliser une œuvre protégée par le droit d’auteur, sans en avoir l’autorisation). Il y a d’autres réutilisations pour lesquelles on voit que la personne a voulu le faire correctement, mais a commis quelques erreurs. Ce billet a pour but d’aider cette seconde catégorie de personne.

Je veux réutiliser correctement une illustration présente sur Wikipédia, mais je ne sais pas comment faire.

À de très rares exceptions près les illustrations des articles de Wikipédia ne sont pas hébergées sur le site Wikipédia. Ces illustrations sont présentes sur Wikimedia Commons, une médiathèque commune à toutes les Wikipédias (projet inter-langue), mais aussi à d’autres projets (Wikisource, Wiktionnaire, etc). Cliquer sur une photo dans un article permet d’accéder à la page de description de la photo, puis à son hébergement sur Wikimédia Commons, on y trouve toutes les informations nécessaires au crédit. Accéder à cette page offre aussi un intérêt de taille, les articles Wikipédia n’affichent que des vignettes des images. Se rendre sur ces pages de description permet d’avoir accès à la même image mais à différentes résolutions.

Exemple

Prenons un exemple concret, je souhaite réutiliser des illustrations présentes sur l’article Palais de Rumine. J’y trouve des photographies récentes sous CC-By-SA, et un document plus ancien dans le domaine public (auteur mort depuis plus de 70 ans). Une des illustrations m’intéresse particulièrement, mon choix est fait. Plutôt que de faire un clique droit – enregistrer l’image sous je clique sur l’image et j’arrive ici, une page de description de l’image. J’ai tout d’abord un aperçu de l’image puis un cartouche présentant des données importantes sur la photo.

Cartouche présent sous une photo.

On trouve ici plein d’informations très intéressantes :

  • description ;
  • date de prise de vue ;
  • source ;
  • auteur ;
  • autorisation.

Ce cartouche donne l’auteur du document et demande de voir-dessous pour l’autorisation.On y voit les obligations légales concernant la réutilisation du fichier.

Description de la licence.

On y lit que Vous êtes libre de copier ou modifier l’œuvre sous les conditions suivantesvous devez citer le nom de l’auteur original et vous devez distribuer l’œuvre résultante sous la même licence ou une licence similaire à celle-ci.

Ainsi dans le cas présent, une réutilisation de la photo passe simplement par : Urs Zeier – CC By SA

Erreurs fréquentes

Le © commercial n’a aucune valeur concernant les photos en CC by SA. La seule présence de CC By SA est suffisante, en termes de précision de droit d’auteur. Ce sigle n’a de toutes façons aucune valeur pour des publications en France ou en Suisse.

Wikimedia Commons n’est ni le photographe ni l’ayant-droit des photographies. Wikimedia Commons n’est qu’une plate-forme pour partager des photos. Les photographes restant propriétaires des droits de leurs photos, c’est bien eux qu’il faut créditer.

Une mention Creative Commons ou CC n’est pas non plus suffisante. Creative Commons évoque le nom de la fondation rédactrice des licences. Il existe de nombreuses licences CC, avec des différences fondamentales de l’une à l’autre.

Conclusion

Vous souhaitez réutiliser une photo trouvé sur Wikipédia :

  • prenez bien soin de vous diriger vers la page de description de la photo, (cliquer sur la photo) ;
  • lisez les obligations quant à la réutilisation du document ;
  • choisissez la résolution désirée et téléchargez la photo.

Dans la grosse majorité des cas un : Nom de l’auteur – CC By SA est suffisant.

Note : On peut aussi lire ce billet expliquant ce qu’est une photo en licence CC By SA.

Photos de foot

Il y a toujours des besoins de photographies sur Wikipédia, le football ne déroge pas à cela. Je me suis donc récemment remis en quête d’autorisations pour faire des photos de ce sport dans de bonnes conditions. Du coup, hier soir je suis allé faire un petit shoot photo pour me remettre en jambe.

Size doesn’t matter ?

La taille ne fait rien ? En fait si, quand même. Je m’explique. Hier après-midi j’ai donc vu que le Lausanne-Sport (le club de foot de Lausanne) jouait un match amical contre le FC Azzuri 90, un club amateur de Lausanne. Je prends quelques renseignements, lieu, heure, etc. Je vois que l’entrée est payante, 7 chf. Je prends le matériel, et je pars en direction du stade de Chavannes.

<Aparté> La descente des escaliers me vaudra une discussion drôle avec le voisin du dessous. Me voyant avec tout le matos photo sur le dos, il me salue et :

– Vous partez illustrer des hockeyeurs pour Wikipédia ?

– Non, ce sont des footballeurs ce soir.

En fait, je crois que tout le voisinage a découvert nos activités wikipédo-illustrato-sportives.</Aparté>

J’arrive donc au stade de Chavannes. Je me dirige vers l’entrée, un charmant monsieur tenant le guichet afin de faire payer les places. N’ayant fait aucune démarche officielle (accréditation), je m’étais dit que je payerai ma place. Ce monsieur me voit donc avec le sac photo et le 300 mm sous le bras, un petit signe et hop me fait rentrer directement. Moralité, la taille (de l’objectif, bien sûr) y fait tout de même beaucoup. Elle aide bien à donner une image de sérieux.

Les photos !

Que ce soit clair tout de suite, les photos ne sont pas terribles. Ça faisait quelques semaines que je n’avais pas fait de photos de sport. Je me suis rendu compte que les automatismes ne revenaient pas en trente secondes. De plus le stade Chavannes est un petit stade qui possède un éclairage ni très puissant, ni homogène. J’ai couru toute la soirée après un peu de lumière.

Gaël_Nlundulu avec le Lausanne Sport.
Gaël N'lundulu avec le Lausanne Sport.

Voici un lien vers quelques photos potables que j’ai tout de même téléversées. On peut regarder la photo ci-contre. Parlons chiffre, elle est prise avec une focale de 300 mm. Je suis au maximum de l’ouverture possible (f/2,8). Malgré une vitesse de 1/250 s, les ISO sont à 6400. Une petite règle de photographie explique qu’il faut toujours avoir une vitesse supérieure à 1/la focale. Dans le cas présent je suis à 300 mm, il ne faudrait donc pas prendre de photo à une vitesse inférieure à 1/300 s. Ainsi malgré le fait d’avoir monté les ISO au maximum, j’étais tout de même en sous-vitesse, m’exposant à des problèmes de flous.

J’ai donc toute la soirée couru après la lumière pour tenter de prendre en photo mes joueurs ou une belle action au maximum de luminosité des éclairages bien faiblards. J’ai bien entendu eu une pensée émue pour Okki avec mes photos bruitées à ISO 6400.

Il y a quelques photos exploitables, et quelques gains pour Wikipédia.

TL – Acte 1

Les transports publics de Lausanne et sa région sont couramment appelés TL, sigle correspondant à leur ancien nom : Tramways Lausannois. Les TL comptent une ligne de tramway (le TSOL, ou M1), une ligne de métro (le M2), des trolleybus et des bus. Le M2 est une ligne de métro sans conducteur, c’est important de le préciser.

Devant le nombre de saloperies réalisées par les conducteurs des bus des TL avec leurs volants, je me résigne à les décrire ici-même. Histoire de recenser tout cela.

Je tends à me déplacer souvent à Lausanne en vélo. J’habite au-dessus d’Epalinges. Le voyage aller vers le centre de Lausanne se fait donc en descente à une vitesse sensiblement identique à celles des voitures et des bus, aucun problème de cohabitation à déplorer. Le retour, c’est nettement plus délicat, voir clairement dangereux à certains moments.

Passons donc à l’acte 1. Hier après-midi (17H), je quitte la place de la Riponne pour remonter vers Epalinges. C’est grosso modo 6,5 km pour 300 mètres de dénivelé positif. Peu avant d’arriver au carrefour des croisettes (entrée d’Epalinges), je suis correctement sur la droite de la chaussée qui à ce endroit est une double voie avec terre-plein central. Je suis casqué, pas de musique sur les oreilles. Quelques voitures me doublent et viennent s’agglutiner au carrefour en question. Petit à petit je me rapproche du carrefour en question. Et là j’entends un bus des TL tenter un dépassement, je vais un premier signe pour montrer que non. Je vais bientôt arriver derrière la file de voiture en attente au feu, le dépassement est donc inutile.

Le chauffeur des TL entame néanmoins son dépassement, du coup je découvre qu’il s’agit d’un bus articulé. Il s’est passé ce qu’il devait se passer. Le bus a mis un certain temps à me dépasser pour ensuite se rabattre complètement sur la droite. Je n’avais plus la place de le remonter par la droite. J’ai donc remonté le bus par la gauche, pour faire un debriefing de la situation avec le chauffeur. J’ai clairement eu le temps de remonter le bus et de discuter avec le chauffeur avant que le feu au vert remette la circulation en route. Cela montre clairement que le dépassement était inutile. Le chauffeur serait resté derrière moi il aurait été au même endroit lors de la mise au vert du feu.

Le plus drôle est encore à venir. J’explique au chauffeur en quoi son dépassement était inutile et lui demande pourquoi il a complètement serré la droite après m’empêchant de passer. La réponse vaut se pesant de cacahuète.

J’ai serré à droite parce que les vélos n’ont pas le droit de doubler par la droite.

J’avoue, j’ai ri. Ce chauffard, pardon ce chauffeur des TL entame un dépassement totalement inutile (aucun gain de temps sur son parcours) et réalise une manœuvre pour volontairement emmerder un vélo. Pour info, le code la route, n’interdit aucunement à un vélo de remonter une file de véhicules à l’arrêt par la droite, chose confirmée par la police vaudoise. Il est juste nécessaire de faire attention aux angles morts dus aux rétroviseurs.

Pour ma part, j’ai deux fautes dans cette histoire. 1) J’ai oublié de noter le numéro du bus. 2) J’avais oublié d’allumer la caméra. J’ai souvent une petite caméra HD sous le guidon du vélo. Histoire de garder des traces.

J’en viens franchement à me demander si les routes lausannoises ne seraient pas beaucoup plus sures si les TL se dotaient de bus sans chauffeur comme ils ont su le faire pour le métro. Parce que là, on a un aveu clair de manœuvre dangereuse.

Chers TL, merci de me faire tant détester les bus.