Cyclisme urbain

Les relations entre cyclistes et automobilistes ne sont pas toujours très faciles à gérer. Les automobilistes sont souvent persuadés qu’ils ont la place de doubler les vélos dans un trou de souris, mais oublient en fait que le code de la route leur suggère de laisser un mètre de distance lors d’un dépassement.

Hier soir nous étions avec des amis dans le centre de Lausanne. Comme souvent, nous y étions en vélo. Nous sommes rentrés à la maison vers 20h30. Nous étions au Flon, pour ceux qui ne connaissent pas trop Lausanne cela donne environ 350 mètres de dénivelés positifs pour arriver chez nous (Epalinges).

Pendant un certain moment la route du retour passe par la route de Berne. En l’état, ce sont des avenues urbaines aménagées en deux voies de circulation dans chaque sens avec un terre-plein central. Hier soir nous étions donc sur cette chaussée. Après un feu un automobiliste me dépasse en profitant de mon tee-shirt pour nettoyer le coté droit de la carrosserie de son SUV. Je dois avouer avoir été légèrement excédé par la situation. Il y une claire mise en danger d’un usager de la route pour simplement gagner 3 secondes.

En réaction j’ai tendu mon bras gauche vers la chaussée, moins droite sur le guidon. J’ai continué à monter cette avenue avec le point gauche serré en direction des rétroviseurs des voitures qui souhaitaient me dépasser.On notera que mon bras ne fait pas un mètre de long et ne dépasse donc pas de la distance que les voitures doivent respecter quand elles me dépassent.

Fanny était quelques mètres derrière moi et à admirer la situation. Pas une voiture à tenter un dépassement sans y mettre de la distance. Elles ont toutes attendues d’avoir de la place pour dépasser.

Il est triste d’en conclure que le seul moyen de bénéficier d’un espace plus ou moins vital autour de son vélo, parmi des enclumes de plus d’une tonne, est de se montrer agressif envers les conducteurs. Le bras tendu, point fermé, en direction des voitures était clairement un signe d’hostilité.

 

Produire du contenu sous licence CC-by-sa

Voilà plus de six ans que je contribue sur Wikipédia, j’ai commencé à y apporter des photos assez rapidement. Wikipédia n’accepte que du travail sous licence CC-By-sa (ou équivalente) ou moins restrictive (domaine public par exemple).

Ainsi je mets mon travail écrit et photographique sous cette licence au nom barbare. Qu’est-ce que cela signifie réellement ?

Logotype indiquant un contenu en CC-by-SA
Logotype indiquant un contenu en CC-by-SA. Creative Commons - CC By

CC-by-sa ?

Commençons par décrypter cet acronyme. Le CC se réfère à Creative Commons du nom des licences en questions. Le by signifie que l’auteur doit être cité. On parle ici de paternité de l’œuvre ou d’attribution.  Le sa (pour ShareAlike en anglais) signifie que le document protégé par cette licence peut-être librement modifié par un tiers à condition de produire son travail dérivé sous une licence similaire en termes de droit d’auteur.

Cette licence est parfois résumé à : Paternité, Partage des conditions initiales à l’identique. Elle implique que mon travail, où qu’il soit repris doit toujours être accompagné d’une mention me citant comme étant l’auteur (ou l’un d’eux) et indiquer les droits d’auteur.

Usage commercial autorisé

Cette licence utilisée pour Wikipédia n’indique pas de restriction sur l’usage commercial du contenu, il faut y comprendre que les contenus présents sous cette licence peuvent être réutilisés à des fins commerciales. C’est souvent ici qu’il y a un couac’ quand je discute de ces licences. À cela, j’ai quelques idées à donner.

Prenons une ONG qui souhaite reprendre le contenu de Wikipédia pour le diffuser sous forme de clés USB ou de DVD. Une licence non-commerciale lui interdit toute revente, même à prix coûtant. Ce matériel devient interdit de toute transaction, même s’il s’agit d’une revente à un euro, pour payer à peine le coup du support. On évoque le fait de mettre des versions off-line de Wikipédia dans le milieu carcéral. La personne réalisant la prestation technique, installation du nécessaire, ne peut être payée pour son job que si l’usage commercial est autorisé. Dans certains pays la législation est très rude sur la définition de l’usage commercial. Ainsi créer des documents/dossiers dans le cadre de la recherche d’une activité salariée ne permet pas d’utiliser un contenu sous licence NC (Non-Commercial). etc.

Plaque commémorative de de la réconciliation franco-allemande à Reims sur le parvis de la Cathédrale Notre-Dame.
Plaque commémorative de de la réconciliation franco-allemande à Reims sur le parvis de la Cathédrale Notre-Dame.

Il y a quelques années j’ai créé la photo ci-contre. Il s’agit d’une plaque scellée dans le sol du parvis de la Cathédrale Notre-Dame à Reims. Elle évoque la réconciliation franco-allemande. J’ai été contacté par un éditeur de manuels scolaires. Il voulait illustrer la construction européenne et la réconciliation franco-allemande avec ce document. Outre le fait que la présence du document sur Wikimédia Commons et sa licence lui permettait de l’utiliser dans ce cadre sans me demander, j’ai tout de même apprécié que l’éditeur me contacte, notamment pour savoir que mon document était utilisé à des fins éducatives. C’est aussi là une force de ces licences. Elles permettent de diffuser ce qui relève de la connaissance et du savoir au plus grand nombre.

Ce type de licence n’interdit pas non plus au photographe d’être rémunéré ou indemnisé pour son travail, voir mon précédent billet à ce sujet.

Droit patrimonial 

Ces licences ne sont absolument pas une renonciation aux droits patrimoniaux sur mon travail. Je reste à jamais l’auteur de ce que j’ai fait. On doit (c’est un devoir) me citer comme auteur. Selon la législation actuelle, 70 ans après ma mort mes travaux passeront dans le domaine public, mais je serai toujours l’auteur de ces photos.

J’ai bien entendu le droit de m’opposer à une utilisation que je jugerais mauvaise, on peut par exemple citer des affiches à caractères racistes.

Résumé

Mon travail est donc librement modifiable. Quiconque peut le reprendre à la condition de me citer comme auteur et faire vivre mon travail et les produits dérivés qui en découlent sous le même régime de droit d’auteur. En soit, il faut sûrement avoir un petit côté altruiste pour participer à ça. L’envie d’édifier un grand truc qui s’affranchit de beaucoup de contraintes passées.

Photos, licences libres et monde professionnel

Je suis arrivé sur Wikipédia pour et par le contenu écrit, c’est-à-dire le texte des articles. J’ai toujours été passionné par la photographie, j’ai donc mis assez peu de temps à diriger une partie de mes contributions sur la création de photographies pour illustrer des articles.

Les licences liées au contenu de Wikipédia imposent que tout le contenu (y compris les illustrations) soit sous licence libre de type CC-By-SA. C’est-à-dire que quiconque peut réutiliser le contenu, il doit cependant citer le ou les auteur(s), citer la licence et maintenir le contenu sous un droit d’auteur équivalent. J’ai un billet en brouillon depuis des mois sur ce sujet, mais il traine.

Transformation d'un essai.
Transformation d'un essai. Photo sous CC-By-SA ayant été achetée par la suite.

Le métier de la photographie professionnelle connait une période difficile. Dans les quinze dernières années différentes choses ont affecté le métier : passage à la photo numérique, développement de matériel semi-pro abordable par le quidam, explosion d’internet, licences de diffusion libre. On entends plus ou moins fréquemment que les contributeurs de projets tels que Wikipédia tueraient le métier de photographe professionnel. J’ai notamment lu ça sur quelques forums à l’annonce de l’ouverture du concours photo lancé par Wikimédia France sur les monuments historiques en France.

Cette idée (la photographie libre tue le métier de photographe professionnel) me parait totalement absurde. J’y réponds de deux manières différentes.

Dans un premier temps, il faut savoir que de très nombreuses photos faites pour illustrer Wikipédia sont réalisées dans des conditions non-optimales : sous la pluie, mauvaise lumière, etc. Un wikipédien n’ayant pas forcément le temps dont dispose un professionnel il gère son temps au mieux pour produire le maximum d’illustration utile pour les articles. Enfin quand ces photos sont produites, il faut les post-traiter. Un wikipédien le fait le soir en rentrant du travail ou le week-end. Son travail n’a donc pas l’Instantanéité dont dispose celui d’un professionnel. En cela, nous ne sommes clairement pas un danger pour le photographe de presse.

Ensuite, je souhaite évoquer un exemple concret dans l’idée que l’on peut faire de la photographie sous licence libre et être payé pour cela. L’année passée nous (Fanny et moi) avons suivi un joli match de rugby et comme à l’accoutumé les appareils photos étaient de sortie. Nous avons produit un certains nombres de photos que nous avons publiées sous licence dite libre (CC-By-SA). Une connaissance devait réaliser une plaquette d’information pour une entreprise, le PDG de la société en question voulait communiquer sur le rugby. Nous sachant producteurs de photos de sport, notre ami nous a demandé si nous avions du rugby en stock. Nous lui avons montré notre shoot sur ce match. Il a dit : je prends. Dans cette histoire tout le monde connait le droit d’auteur de nos photos et ce que cela implique. Nous avons été payé pour notre travail. Cela émane du concepteur de la plaquette d’information. Il avait un budget pour réaliser ce travail, budget dans lequel figurait une ligne pour l’iconographie. Nous avons produit du contenu, il lui paraissait normal que l’on soit payé pour cela. La somme couvre nettement plus que le prix du transport pour aller sur place et le cout horaire de deux personnes. Il ne s’agissait clairement pas d’une miette donnée mais bien d’un travail payé.

En résumé, les photos sur Wikipédia n’ont pas toutes vocation à remplacer le travail fait par un pro. Et même quand celles-ci sont d’une qualité intéressante, elles peuvent faire l’objet d’une indemnité financière.

Photo : Ludovic Péron – CC-By-SA

Ebauches vs encyclopédie

J’entends de-ci de-là des wikipédiens ergoter sur le mal que feraient, soit-disant, les ébauches à Wikipédia. Nos ébauches ne seraient donc pas dignes d’une encyclopédie. Ah ? C’est un postulat, une croyance, que je suis loin de partager.

Se pose déjà le problème de définir réellement ce qu’est une encyclopédie. Je pense que, de part sa présence, Wikipédia modifie le sens même de ce mot. Je sais que cet avis n’est pas partagé alors ne le considérons pas et prenons une encyclopédie papier telle que celle qui prend la poussière sur une étagère chez mes parents.

En fait, il se trouve que dans cette encyclopédie la grosse majorité des articles ne dépassent pas le stade de ce que sur Wikipédia nous appelons des ébauches. Ben oui résumer une capitale cantonale suisse peuplée de 120 000 habitants et siège du CIO à une entrée de 55 mots sans illustrations, c’est quand même de la sous-ébauche de merde qu’il faudrait supprimer.

Les VRAIES™ encyclopédies que certains fantasment tant sont remplies d’ébauches sur des sujets importants pour lesquels Wikipédia offre plus d’information.

Cessons donc de nous prendre la tête sur ce statut d’ébauche que nous devrions d’ailleurs passer par les armes. Larousse n’est capable de fournir qu’un contenu équivalent à une sous-ébauche de merde pour Lausanne sans rien évoquer des sujets annexes. Wikipédia possède un article sur Lausanne avec un certain contenu et des articles périphériques sur les sujets annexes. Ces articles offrent ce qu’ils doivent offrir, c’est-à-dire une information.

De nouveaux contributeurs sur Wikipédia ?

Le week-end nous avons accueilli deux couch-surfeurs en provenance de la région de Toulon. Il s’agissait de deux jeunes infirmiers, eux aussi passionnés de photographie. Nous commençons donc à discuter de photo et de ce que nous faisons de nos photos. Et là arrive une question totalement surréaliste pour le wikipédien que je suis.

Ah, mais vous avez le droit de contribuer à Wikipédia. C’est cool. Vous faites comment ?

J’ai rapidement expliqué quelques bases et notamment cassé l’idée qu’il y aurait un comité qui décide qui a le droit de contribuer ou non. Bref, contact à poursuivre, peut-être deux contributeurs/illustrateurs de gagnés.

Cette anecdote m’a fait pas mal réfléchir ce week-end. Au sein des projets Wikimedia nous avons surement un manque de communication pour faire comprendre à des personnes qui ont les compétences, le temps et peut-être l’envie que les projets n’attendent que leur huile de coude.

La fondation communique beaucoup sur son souhait de voir de nouveaux contributeurs arriver sur les projets de façon plus importante. Ne faudrait-il pas commencer par s’intéresser à faire des sondages d’opinions parmi des profils types de personnes aptes à apporter quelque chose ? Quel est le degré de connaissance de ces gens sur leur droit à contribuer ?