Consommer moins d’électricité ?

Dans le billet précédent j’ai évoqué le fait qu’une des clefs de la sortie du nucléaire passerait par une baisse de la consommation électrique. Est-ce réellement faisable ?

Une réponse

Je vais donner une réponse basée sur ma seule expérience du quotidien. Ce n’est donc pas LA réponse.

Je vis dans un immeuble collectif avec deux appartements par niveaux. Au niveau 0 et 1 les appartements sont globalement identiques, au niveau 2 les appartements sont plus grands (duplex dans les combles). Le 12 avril dernier je me suis amusé à faire un relevé des compteurs électriques de tout l’immeuble, mes voisins et moi.  J’ai refait ce relevé ce matin. En voici un détail :

  • niveau 0 – gauche : 282 kWh en 45 jours ;
  • niveau 0 – droit : 202 kWh en 45 jours ;
  • niveau 1 – gauche : 272 kWh en 45 jours ;
  • niveau 1 – droit : 252 kWh en 45 jours ;
  • niveau 2 – gauche : 134 kWh en 45 jours ;
  • niveau 2 – droit : 336 kWh en 45 jours ;

Ces comparaisons sont à prendre avec des pincettes. En premier lieu, la période d’étude est très courte, ainsi un appartement vide pendant une semaine ou deux (vacances) ça fausse tout. L’idéal serait de le faire sur une période contiguë de 12 mois afin de niveler tous ces aléas. Ensuite, parmi ces 6 appartements un (niveau 2 – droit) n’utilise pas la buanderie commune mais dispose d’une machine à lavée le linge et d’un sèche-linge privatif. Ainsi les besoins liés au linge apparaissent dans les charges communes pour les 5 autres, mais dans le relevé privatif pour celui-ci.

Je vais donc exclure l’appartement  »niveau 2 – droit » de la comparaison parce que sa sur-consommation est très probablement due – en partie – à des appareils que les autres appartements utilisent sur les charges communes. Donc comparons !

Quatre appartements ont une consommation regroupés entre 202 et 282 kWh. Un autre est plutôt faible consommateur à 132 kWh. Étrangement l’appartement consommant le moins – niveau 2 – gauche – est le plus grand des 5. En fait, je le connais bien, c’est le mien. Sa consommation est pratiquement la moitié de celle des autres : toutes les ampoules y sont à économie d’énergie, ses occupants tendent à éteindre au maximum les appareils quand ils servent pas (je sais, parfois j’oublie…).

Pour ma part, j’en conclue qu’il y a une réelle influence de l’occupant et de sa volonté sur la consommation. La comparaison vaut ce qu’elle vaut, je la referai le 12 avril 2012 pour avoir une période de 12 mois.

Faut-il que j’aborde la chose avec mes voisins ? (surtout avec ceux qui ne veulent pas d’éoliennes à la sortie du village…)

La Suisse sans nucléaire ?

Hier Doris Leuthard, la cheffe du DETEC (département fédéral ayant en charge notamment l’énergie et l’environnement), annonce au nom du Conseil fédéral la fin programmée du nucléaire civil en Suisse. La décision doit encore passer par le parlement, mais il semblerait que vu la couleur des chambres, une majorité soutenant cette décision sera trouvée.

Que dit cette annonce ?

En fait, lors de la conférence de presse, il a été annoncé que les 5 réacteurs nucléaires (industriels) seraient arrêtés après 50 ans de vie et ne seraient pas renouvelés. Ainsi, dans l’ordre, Beznau I sera arrêté en 2019, Beznau II et Mühleberg en 2022, Gösgen en 2029 et Leibstadt en 2034. Selon cette annonce, en 2034 la Suisse n’aura plus de réacteurs nucléaires pour produire de l’électricité sur le réseau. Je nuance ici car effet cela ne concerne a priori pas les réacteurs de recherche.

Comment faire sans ces 5 réacteurs ? Est-ce possible ? Un petit focus sur la situation actuelle est nécessaire.

L’énergie en Suisse :

Je vous invite à lire l’article énergie en Suisse sur Wikipédia. Parlons d’abord de la consommation électrique du pays, celle-ci est relativement stable depuis 2004, avec une diminution de 2% entre 2008 et 2009 (les chiffres de 2010 ne sont pas encore publiés). Le volume total consommé se monte à 57,5 milliards de kWh pour 2009.

Parlons de l’origine de cette électricité. Il faut casser le dos à une idée reçue. Un pays n’importe pas juste le surplus d’électricité qu’il n’arrive pas à produire. Au sein de l’Europe les flux d’électricité sont permanents et incessants. Ainsi un pays comme la Suisse importe quasi autant d’électricité qu’il n’en produit mais dans la même année en exporte autant et en consomme de même. Donnons quelques chiffres pour 2009 :

  • Production nationale nette : 63 971 GWh ;
  • Importation : 52 002 GWh ;
  • Consommation du pays : 61 814 GWh ;
  • Exportation : 54 159 GWh.

Pourquoi tant d’échanges ? Notamment parce qu’on boursicote avec le prix du kWh sur le marché européen. Les réacteurs nucléaires ne pouvant soutenir de forte variation de production, la France se retrouve très surproductrice la nuit. Elle ne sait pas quoi faire de son électricité, elle la vend à des prix ridicules sur le marché. Ainsi la nuit, en Suisse on achète de l’électricité nucléaire française et on s’en sert pour pomper de l’eau dans les vallées et la faire remonter dans les lacs d’accumulation en altitude. Quelques heures plus tard, en début de journée, la consommation augmente fortement. Là aussi les réacteurs nucléaires peinent à suivre cette forte demande. Du coup, les producteurs suisses revendent de l’électricité en turbinant l’eau qu’ils ont pompée quelques heures avant. Cette électricité est bien sûr revendue beaucoup plus chère qu’elle n’a été achetée. Ce mécanisme fonctionne globalement à travers toute l’Europe. Certains pays disposant de nombreuses centrales thermiques (charbon, fioul, gaz) peuvent aussi augmenter très rapidement leur production, cette technologie le permettant.

Maintenant qu’est posée l’idée qu’un marché électrique est tout sauf national, je vais revenir sur l’origine de le production d’électricité en Suisse. En 2009 – les chiffres sont stables d’une année sur l’autre – la production nationale se répartit comme suit :

  • 39,3% pour le nucléaire ;
  • 55,8% pour l’hydroélectrique (dont 24,2% pour l’accumulation et 31,6% pour le fil de l’eau) ;
  • 4,2% pour le thermique classique (pétrole, gaz) ;
  • 0,6% pour les énergies renouvelables diverses (solaire, éolien).

Le conseil fédéral souhaite donc se séparer de ces 39,3% de production nucléaire, pour 2034. On comprend très vite que c’est juste une mesure interne. A cette date, si le pays est parvenu à garder une balance pseudo nulle entre production et consommation, il y aura toujours de l’électricité d’origine nucléaire dans les lignes suisses (échanges commerciaux avec la France cités plus haut). L’autosuffisance est une chose, l’autarcie en est une autre.

39,3% de production nucléaire (soit 26 119 GWh) à ne plus produire

Cela ne veut pas dire produire cette même quantité d’énergie autrement ou l’acheter ailleurs, cela veut dire produire autrement ET consommer moins.

En ce qui concerne la baisse de la consommation, beaucoup de choses sont possibles, certaines évoquées hier lors de la conférence de presse, par exemple des exigences minimales en ce qui concerne les appareils électriques (téléviseur, four, etc.). Il a aussi été évoqué des systèmes de bonus-malus sur les fournisseurs d’électricité afin que le consommateur ait une réelle incitation financière à moins consommer. On parle aussi de l’accentuation du programme SuisseEnergie. Bref tout un ensemble de mesure, toutes pas encore définies, qui pourront faire diminuer la consommation d’électricité.

Reste maintenant à voir comment produire de l’électricité. L’hydroélectricité en Suisse est quasiment saturée, il n’y a plus la place pour faire de grands barrages. Il reste encore des projets pour exhausser le mur de certains barrages, d’autres barrages connaissent des travaux pour retrouver 100% de leur capacité (barrage des Toules notamment). Reste la mini-hydroélectricité, ressource assez faible en regard des volumes totaux.La production d’origine hydroélectrique va pouvoir augmenter mais bien entendu loin d’être suffisante à elle seule. Il y aussi le développement de l’éolien où là tout reste à faire.

Et, le sujet qui fâche, le thermique (gaz, pétrole). Pour cet objectif de sortie de sortie du nucléaire la confédération entend aussi passer par du thermique. Alors il s’agit dans un premier temps de couplage chaleur-force : un moteur thermique produisant l’électricité avec un alternateur et on récupère la chaleur pour chauffer des locaux, le rendement de telles installations est excellent : proche de 95%. Il est aussi évoqué des centrales à gaz classique. Le conseil fédéral annonce qu’elle entend respecter ses engagements climatiques (réduction des émissions de CO2).

Voilà tout un ensemble de proposition pour diminuer la consommation totale et diversifier le mix-énergétique en l’absence de nucléaire. Effectivement le développement de nouvelles technologies, un changement sociétal, etc. tout cela coute cher. Le prix du kWh suisse va augmenter.

Le conseil fédéral annonce aussi que cette sortie pourra passer par des importations (y comprendre un solde importation-exportation négatif). Néanmoins Doris Leuthard rajoute fort justement que tout le parc de production européen va arriver en fin de vie pendant la période au cours de laquelle la Suisse souhaite sortir du nucléaire.  Ce renouvellement induira quoi qu’il en soit une hausse significative des couts de production (même si simple renouvellement du parc nucléaire). Donc le kWh électrique va de toutes façons couter plus cher dans les années à venir. Ainsi que ce soit dans un pays ultra-nucléarisé comme la France, ou en Suisse le coût du kWh va monter, probablement un peu plus en Suisse.

Conclusion

L’objectif à atteindre est conséquent. L’opinion publique est divisée sur le sujet. L’objectif sera-t-il atteint en 2034 ? Le poids économique, aujourd’hui annoncé comme supportable, le sera-t-il ? Il est évident que ces questions ne pourront obtenir de réponses qu’avec le temps. Je n’aurai pas la prétention de dire que c’est bien ou pas bien.

Pour ma part, je trouve que c’est un bel objectif. Il répond à une demande croissante de la population. Une partie du chemin à prendre est très sain : baisse de la consommation, optimisation énergétique, booster le renouvelable, etc. Même si certains points sont critiquables : utilisation du gaz à des fins électrogènes.

Cyclos à deux

J’ai commencé à faire du vélo – en tant que sport – en 1992. J’ai fait de la compétition, puis de l’encadrement. Par la suite, j’ai laissé tomber l’engagement associatif mais j’ai continué à rouler pour le plaisir. Le mauvais coté de la chose, en fait, c’est que n’ayant plus d’obligations d’aller faire rouler les schtroumpfs le samedi après-midi, ben j’ai commencé à moins rouler. Je n’ai franchement plus la condition que j’avais à 20 ans.

Bucéphale.
Bucéphale.

J’ai donc continué à rouler pour le plaisir, à partir tout seul un après-midi pour s’enchainer quelques kilomètres. Mon amie s’est dit qu’en fait ça devait être sympa de faire du sport et de voir de jolis paysages en même temps. Assez rapidement, elle m’a emmené dans un magasin de cycles, en me disant qu’elle en voulait un. On est reparti avec le Scott blanc visible ci-dessus, appelé Bucéphale.

Selon les conditions climatiques, on va rouler plus ou moins régulièrement. Les premiers temps, je dois avouer j’étais franchement devant, je devais souvent l’attendre en haut des bosses ou baisser un peu le rythme sur le plat.

Elle y a pris gout.  Elle y a tellement pris gout, en fait, qu’elle va bosser tous les jours en vélo. Cet hiver elle a donc fait plus de 2000 km avec ses aller-retours quotidiens. Dans le même temps, j’en ai fait 0. La reprise a été rugueuse. Elle a du foncier que je n’ai plus. J’ai tout de même réussi à obtenir quelques sorties sur le plat autour du Léman afin de tourner les jambes et de reprendre du foncier. Après quelques sorties j’arrive à bien tourner les jambes même si je n’ai pas la soquette aussi légère qu’elle.

Le week-end dernier nous avons participé à notre première cyclo, à la Journée lausannoise du vélo. On a fait juste la petite boucle de 50 kilomètres mais pas forcément très plate.

Un peu plus de 50 km et 800 mètres de dénivelé positif, autant en négatif. Au départ on a tenté de suivre un groupe d’américains qui roulaient bien. N’ayant jamais roulé en groupe, elle a accusé le coup dans les relances ; sortie de virages et sommet de bosses, pas l’habitude de devoir relancer sans cesse. Bref, après 7 ou 8 kilomètres on a laissé partir nos rouleurs américains et on est parti molo à notre rythme. Par la suite, j’ai quand même vachement senti les 2500 km qu’elle a en plus dans les jambes cette année. Et oui, il faut le dire, elle avait de meilleures jambes que moi. J’ai franchement peiné dans certaines cotes. Je m’en suis sorti avec le métier : gérer le bon braquet à l’entrée du virage pour la cote qu’il y a en sortie, faire les descentes, etc. Rouler à deux c’est vraiment sympa ; chacun à ses forces et ses faiblesses mais on peut taper la discute tranquillement en regardant les paysages défiler.

Au programme de dimanche prochain, la Cyclotour du Léman ; 60 km de plat tout droit entre Genève et Lausanne. Là ça va rouler à bloc sur la grosse plaque et sucer des roues. On verra bien qui s’en sort le mieux.

Réveil ?

Ces dernières semaines j’ai pris gout à écrire de petits billets chez le canidé. J’y ai parlé de géolocalisation sur Wikipédia:

L’envie d’écrire/réagir est présente. Le choix du cabot a sa ligne éditoriale. Mes envies d’écriture ne portent pas forcément sur les mêmes sujets. Se pose donc à moi cette question : dois-je tenter de réveiller/ressusciter  ce blog ?

La première question à se poser : sur quoi écrire ? En fait, j’aimerai relancer ce blog sur les aspects énergétiques, sur Wikipédia et sur l’intersection des deux. Il y a tellement à dire. Le traitement encyclopédique de ce domaine peut-être source de nombreuses réflexions. Il y aussi l’envie de parler géolocalisation et photographie, pour ce qui touche à Wikipédia. Bref, je souhaite parler de ce que je bricole dans l’aspect encyclopédique de Wikipédia, les trolls de méta ne méritant qu’un blocage indef, pas un billet de blog. J’ai aussi envie d’élargir mes billets au vélo à la vie d’un breton en Suisse-romande.

Voilà où en est ma réflexion. Donc soit il s’agissait ici de l’ultime billet de feu ce blog soit il revit. A suivre …