Provenance de l’électricité, renouvelable ?

On m’a récemment posé des questions sur la provenance de l’électricité et sur les échanges d’électricité entre pays, puis on m’a dit qu’une petite synthèse écrite serait pas mal. Je m’y colle avec plaisir.

Achat d’électricité 100 % renouvelable ?

Certains fournisseurs d’électricité prétendent vendre de l’électricité 100% renouvelable. Alors, à moins d’habiter dans un territoire très particulier comme l’Islande, c’est juste impossible. On ne peut pas trier les électrons dans un réseau électrique ; ils viennent d’une éolienne, je prends ; ils viennent d’une centrale nucléaire, je ne prends pas. On prend ce qu’il y a sur le réseau, on prend le mix énergétique présent à cet endroit à cet instant.

Mais alors que font ces fournisseurs d’électricité ?

Ces contrats de fourniture d’électricité fonctionnent généralement selon le modèle suivant. Par ces contrats, ces sociétés s’engagent à fournir une quantité d’électricité renouvelable au moins égale à ce que les clients des contrats consomment. Des sociétés spécifiques vérifient cet équilibre. Donc en souscrivant un tel contrat, vous avez la certitude que quelque part sur le réseau électrique votre fournisseur produit ou achète dans l’année un volume d’électricité renouvelable au moins égal à votre consommation. Quelque part ? Dans l’année ? On va revenir là-dessus plus bas.

Avec un tel contrat de fourniture, vous payez un peu plus cher votre kWh. Ce surplus est généralement réservé aux investissements de votre fournisseur d’électricité dans des installations de production d’électricité renouvelable. Vous payez plus cher votre électricité et cela sert à construire des éoliennes, des installations photovoltaïques, des barrages hydroélectriques, etc. Ces installations peuvent être à 300 mètres de chez vous, comme à 200 kilomètres. Donc vous ne recevrez pas plus spécifiquement cette électricité.

Le réseau électrique

Pour mieux comprendre tout cela, il faut se pencher sur ce qu’est un réseau électrique. Outre l’aspect transport (les câbles), on a deux catégories de choses sur un réseau électrique : les producteurs (centrale nucléaire, barrage hydroélectrique, centrale thermique, éolienne) et les consommateurs (votre appartement, votre entreprise, le réseau tramway). Les consommateurs demandent une certaine puissance, celle-ci est très variable. Il faut que les producteurs du réseau fournissent en temps réel cette puissance au réseau. Si on n’y arrive pas, il faut débrancher des consommateurs : couper l’électricité à certains consommateurs. Tout l’enjeu est là : fournir la puissance demandée par les consommateurs.

Les besoins en puissance sont très variables dans le temps, quelques exemples avec le réseau RTE (Réseau de Transport d’Electricité) le réseau situé en France continentale, les données sont accessibles sur ce site web :

  • Mercredi 23 janvier 2019, la demande est de 67 000 MW à 4h30, 83 000 MW à 9h et 88 000 MW à 19h ;
  • Dimanche 9 juin 2019, la demande est de 32 000 MW à 6h, 44 000 MW à 13h.

La demande est donc variable de façon journalière et de façon saisonnière : 25% de variation sur une journée, 64% d’une saison à une autre. Sur le graphique RTE suivant, on voit la variation de la puissance sur le réseau RTE pour le mardi 29 octobre 2019.

Consommation sur le réseau RTE du mardi 29 octobre 2019

Ainsi, il faut être capable de faire varier la production d’électricité. Et cela, les différents types de producteurs le font de façon très différente. Le nucléaire est un peu lent à monter en puissance (voir ici). On l’utilise principalement pour la production de fond.

L’hydroélectricité est très différente. Il faut distinguer deux types de barrages : ceux au fil de l’eau (sur les grands cours d’eau) et les barrages d’accumulation en altitude. Dans les deux cas, on peut passer de 0 à 100% de la puissance en quelques secondes, et l’inverse aussi. Cependant les barrages au fil d’eau dépendent beaucoup du débit du cours d’eau, n’ayant pas de réserve d’eau. En revanche les grands barrages d’altitude stockent beaucoup d’eau et sont utilisés pour répondre aux pics de demande sur le réseau. On en utilise aussi quand le réseau produit trop ; on pompe de l’eau à basse altitude et on la remonte à haute altitude, on stocke de l’énergie.

Les éoliennes et les centrales photovoltaïques dépendent du vent et du soleil, donc difficile de leur demander de s’adapter rapidement aux variations de consommation. Les centrales thermiques (charbon et fioul) montent très vite en puissance aussi.

En schématisant un peu, les centrales nucléaires sont toutes en route et proches du maximum de production en hiver au plus fort de la demande. Dans d’autres pays cette production de fond est réalisée par du thermique et/ou en partie de l’éolienne. Les barrages et les groupes thermiques lissent les variations journalières. L’été on arrête certaines tranches nucléaires, on en profite pour faire de la maintenance, la demande d’électricité est moindre.

Donc le travail des gestionnaires de réseaux électriques c’est de prévoir une production qui réponde aux besoins de consommation en jouant avec les unités de production et les caractéristiques d’icelles.

Échanges internationaux

Souvent, on résume les échanges internationaux d’électricité à des phrases comme : cette année la France a exporté x MWh d’électricité, l’Allemagne a importé y MWh, la Suisse est globalement autonome, etc. 

Cela pourrait laisser penser qu’on importe juste la quantité dont on a besoin ou à l’inverse qu’on exporte le surplus de production, ou dans le cas d’une balance nulle (import = export) qu’on est autonome et qu’on a besoin de personne. Dans les faits, ce n’est absolument pas cela qu’il se passe.

Comme expliqué plus haut, les types d’outils de production sont utilisés en fonction de la demande et des variations d’icelle.

Pour faire une métaphore, je me chauffe au bois et exploite la forêt de ma propriété. Cette année j’en ai consommé 12 stères mais coupé 13 stères. Cela ne veut pas dire que j’ai vendu 1 stère à mon voisin d’en face. En janvier j’avais beaucoup de bois bien sec, j’ai vendu un total de 6 stères à mes voisins mais en novembre, je n’avais plus de bois sec, alors j’ai acheté 5 stères aux voisins.

On peut visualiser cela avec le graphique ci-dessous :

Consommation et production de la Suisse sur l’année 2018.

La Suisse a une balance import/export quasi équilibrée, mais elle pratique de gros échanges avec ses voisins parce que l’hiver elle consomme plus que sa production. À l’inverse, l’été il y a un gros excédent de production. Donc la Suisse n’est pas autonome au motif qu’elle aurait une balance équilibrée.

De la même manière que la France, même si en balance positive sur une année a besoin d’importer de l’électricité de ses voisins à certaines heures et certains jours.

Voilà pour les mécanismes techniques, mais ceux-ci sont aussi accentués par l’aspect économique. En effet, quand la production est très nettement supérieure à la demande, l’électricité ne vaut plus rien. À l’inverse, lors d’un pic de consommation, l’électricité devient rare, or ce qui est rare est cher. Les stations de pompage turbinage fonctionnent de la sorte, elles achètent une électricité très bon marché à 2 ou 3 heures du matin, pour la revendre plusieurs fois le prix quelques heures plus tard, en ayant fait du stockage d’eau en altitude dans les Alpes.

Pour résumer, un réseau électrique est une énorme machine avec beaucoup de contraintes et qui le plus souvent s’affranchis des frontières humaines. De votre côté, vous ne pouvez que consommer l’électricité présente sur le réseau et pas une plus propre que celle de votre voisin. En revanche, vous pouvez faire des choix financiers pour guider des investissements vers le renouvelable et faire un choix technique, celui de consommer moins, seule voie possible au passage vers le tout renouvelable.

Note :

Le kW (kilo Watt) est une unité de puissance. Votre ordinateur portable tire une puissance maximale d’environ 350 Watt, généralement moins.

Le kWh (kilo Watt heure) est une unité d’énergie. À 350 Watt, pendant une heure d’utilisation, votre ordinateur aura consommé 350 Wh.

L’énergie est égale à la puissance multipliée par le temps.

Pour un contrat de fourniture d’électricité, on souscrit une puissance maximale très souvent 6 kVA (1 kVA= 1 kW). C’est la puissance maximale que l’on peut demander au réseau de nous fournir, au-delà, on fait sauter le disjoncteur. Et on paye l’électricité avec un tarif au kWh, on paye la quantité d’électricité, d’énergie.

C’est quoi tes trois plus beaux cols ?

Balade dans les Alpes, j’avais prévu un itinéraire, je dois en changer et finalement je me dirige vers le col de la Cayolle, sans trop savoir où je vais. Et finalement, une magnifique montée en fond de gorges sur une petite route très étroite. Là-haut, je retrouve Charles à qui je finis par dire : route magnifique, un des plus beaux cols que j’ai montés.

Ce à quoi Charles me posa cette belle question :

C’est quoi tes trois plus beaux cols ?

Je suis passé par beaucoup de cols, certains n’ont pas le moindre intérêt quant aux paysages ou à la route. Mais d’autres sont vraiment magnifiques, n’en garder que trois est un exercice sacrément compliqué.

En rédigeant ce billet, je me rends compte – et c’est plutôt logique – que je garde beaucoup plus de souvenirs des montées de cols que des descentes. La vitesse dans la montée offre le temps de profiter des paysages, en revanche pas trop dans les descentes. Et comme, j’essaye le plus possible de monter un col par un versant et de le descendre par un autre, et bien je ne vois souvent que la moitié d’un col.

1/ La Cayolle

Le col de la Cayolle se trouve dans le sud des Alpes françaises, entre les vallées de l’Ubaye et du Var. Je l’ai passé dans le sens Barcelonette –> Guillaumes. Depuis Barcelonette, c’est une toute petite route en fond de gorges sur 20 km, les 10 derniers kilomètres sont plus pentus et sur des paysages plus ouverts. Cette route est très étroite, les voitures vont donc lentement, très agréable pour nous en vélo. Dans un passage particulièrement étroit, une Goldwin descendait, le motard m’a vu dans l’autre sens, il a mis pied à terre pour me laisser passer.

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La route en fond de gorges. Crédit : Mossot CC By SA

De l’autre coté, les paysages sont très différents, mais magnifiques. J’ai surtout vu les gorges du Daluis, où la route relativement plate permet de profiter des paysages, et quels paysages… Dans ces gorges, la pierre est très chargée en fer, ce qui lui donne une forte couleur de rouille, très étonnant, très beau.

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La couleur de la roche dans les gorges du Daluis… Crédit : Michel Royon CC By SA

 

2/ Le Gothard

Le Gothard ou le col du Saint-Gothard, au centre de la Suisse, col dont la volonté de contrôle a abouti à la création de la Suisse. Il y a plein de façons de franchir ce col, la mienne était forcément la plus belle.

Il y a le tunnel, il y a la route récente du col, avec de nombreux tunnels et des bouts de quatre voies, cette route est interdite aux vélos. Et il y a la Tremolia Vecchio, la vieille tremblante en Italien. Depuis le sud, cette roue est constituée d’une vieille route en lacets, pavés sur les 8 derniers kilomètres. Un secteur pavé long de 8 kilomètres, à 6% de pente moyenne… Vu qu’il existe l’autre route du col et le tunnel, aucune voiture ne prend cette route. J’y ai vu quelques motos, mais en mode promenade, donc tranquilles et très respectueuses des vélos engagés là-dedans.

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Et tout ça sur une route pavée… Crédit : H005 GFDL

 

De l’autre coté, la descente vers le nord, la route est moins intéressante. Belle route de montagne bitumée, ce n’est clairement pas moche, mais ça ne vaut pas l’autre versant, même si le passage au pont du Diable est joli.

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Le Pont du Diable. Crédit Roland Zumbuehl CC By SA

3/ L’Izoard

Le col d’Izoard dans les Alpes françaises relie Briançon au Queyras, sens dans lequel je l’ai fait en semie-nocturne. J’ai quitté Briançon de nuit, deux petites heures de montées avec un lever de soleil sur les Alpes, au sommet.

Petite route de montagne, très agréable. En quittant Briançon à 6 heures du matin, j’étais seul sur la route, mais pas vraiment seul dans la montagne… Après le village de Cervières j’ai eu un concert de sifflements de marmottes, juste génial. Pour les paysages, j’ai surtout profité d’un début de montée sous les étoiles et du lever de soleil au-dessus de la ligne de crêtes des Alpes, seul sur la route.

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La mythique Casse déserte, côté Queyras. Crédit : Manuel Velazquez CC By SA

Dans la descente, il y a la mythique Casse Déserte. Je dois avouer en avoir peu profité, j’ai en fait peu profité de la descente. C’était en août, j’étais parti en vêtements très légers. Mais la sueur de la montée, les 7 ou 8 degrés au sommet et les 60 ou 70 km/h dans la descente m’ont fait passer un sale moment. J’ai rarement eu si froid sur un vélo.

Voilà pour mon Top 3. Dans lequel, j’aurais surement pu mettre le col de l’Iseran, mais il fallait s’arrêter à trois.

En espérant qu’il évolue, ça voudra dire que je peux encore trouver de magnifiques routes pour rouler. Je pense notamment au mythique col du Parpaillon, au Turini, au Stelvio, au Galibier, etc. Affaire à suivre.

Saint-Étienne Marseille en vélo, où comment faire une sortie de 320 km.

Début juin 2014, je suis de passage sur Grenoble, chez Gwen. On discute vélo, et voilà que Gwen me propose de venir faire une sortie de 200 kilomètres avec lui en juillet. À l’époque, ma plus longue sortie sur une journée devait être autour de 130 ou 140 kilomètres. Mais là on parle de passer le seuil des 200 kilomètres en vélo dans la journée. Je me souviens avoir oscillé entre crainte et envie.

J’y suis allé, on s’est fait une magnifique balade de Grenoble à Grenoble par le col de la Croix-de-Fer, un peu plus de 200 kilomètres.

Par la suite, j’ai fait d’autres sorties de 200 kilomètres, sans jamais aller au-delà de 220. Et puis…

25 mai 2017, 0h45, Saint-Étienne. Je monte sur le vélo avec comme objectif d’aller me descendre un Ricard sur le port de Marseille. 320 kilomètres au programme.

J’avais initialement imaginé cette sortie au départ de Lyon. Et puis, en avril j’avais bien roulé, j’avais de bonne jambes, j’ai fini par me dire que j’allais le tenter depuis Saint-Étienne. La différence, c’est qu’en partant de Lyon c’est tout plat, en partant de Saint-Étienne il faut passer le massif du Pilat par le col de la République (1161 mètres). On économise quelques kilomètres, mais on rajoute un peu de difficultés.

Donc 0h45, je monte sur le vélo, avec cette petite voix dans la tête :  »T’es en train de faire quoi, là ? »

Bref, je monte sur le vélo, et en route pour une énorme journée. Dès le début, j’attaque le col de la République. Je ne l’ai jamais monté si lentement, je sais que je pars pour en chier, on va démarrer doucement ; dans la réserve, histoire de ne pas se cramer dès le début. En haut, je vais rendre mes hommages à Paul de Vivie, dit Vélocio, le père du cyclotourisme en France.

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Devant le monument dédié à Vélocio, au sommet du col de la République.

Ensuite, 35 km de descente vers la vallée de Rhône, en pleine nuit. C’était ma première descente de col en nocturne. Un peu anxieux au début, mais on se détend rapidement. Bien éclairé, ça se passe très bien. Et c’est même une expérience vraiment sympa : vitesse, quasi silence, se laisser filer comme ça juste à chercher les trajectoires et apprécier les quelques bruits de la nuit.

km 57, me voilà au bord du Rhône, le vent est bien au nord, donc favorable. J’avais prévu cette sortie à la condition que la météo soit avec moi. Dans la vallée du Rhône, le vent est bien là, dans mon dos. Ca va bien se passer. 🙂

J’avais choisi de ne pas prendre la via Rhôna, la voie vélo aménagée en bordure du Rhône. C’est un bel aménagement, mais souvent en pleine nature. De nuit, j’appréhendais les traversées d’animaux, les branchages en travers de la voie, etc. J’ai donc roulé sur la D86, l’ancienne route nationale 86. Très calme, les quelques voitures qui m’ont doublé pendant la nuit m’ont toutes laissé de la place, aucun stress.

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La France, au milieu de la nuit…

J’ai vraiment aimé ces quelques heures de roulage nocturne ; l’absence du bruit des moteurs de voiture. Vers 5 heures du matin, les traversées de village commençaient à embaumer les prochaines ouvertures de boulangerie, magnifique. Du coup, j’ai fait un premier arrêt vers 100 km pour acheter quelques pains au chocolat. J’en mange un sur place, le reste en roulant. Nuit sans nuage, le soleil s’est levé sur les Alpes, splendide. Un bonheur pour les yeux.

Vent de dos, avec 150 km au compteur, je roule entre 25 et 30 km/h. Et pourtant, je tente de ne pas trop appuyer, je ne suis pas encore à mi-route.

Premier vrai arrêt à Bourg-Saint-Andéol, au kilomètre 175, pour un petit déjeuner dans un bar : chocolat chaud, pains au chocolat, jus d’orange. 15 ou 20 minutes de détente, et c’est reparti.

11h du matin, j’approche d’Avignon. Je dois y franchir le Rhône. Là, ça a été un petit moment galère. Je n’aurai pas dû rester sur la D86. En approchant d’Avignon, elle passe à quatre voies. Le franchissement du Rhône se fait naturellement à angle droit du fleuve et donc à angle droit du mistral. Je n’ai pas voulu prendre le risque de passer sur un pont en quatre voies avec le Mistral de côté. Du coup, j’ai dû m’éloigner de la 86, remonter le Rhône contre le vent et trouver un petit pont pour finir à Avignon.

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Le Rhône, compagnon de route sur plus de 200km.

Je me suis octroyé un petit passage touristique dans la vieille ville, et un arrêt bistro pour faire le plein d’eau. Le patron me demande où je vais, un peu décontenancé par ma réponse, il me demande d’où je viens. Vu son regard, je pense avoir été pris pour un fou.

Sortie d’Avignon, 240 km, je franchis la Durance et j’entre dans les Bouches-du-Rhône, ça commence à sentir bon cette histoire. 235km et il n’est pas encore midi…

Je retrouve Charles à Noves pour midi. On se trouve un petit restaurant, et je fais une belle pause. Il commence à faire bien chaud, il ne me reste que 90 km ; je me permets donc une longue pause pour me reposer un peu et éviter de rouler en pleine chaleur.

Je repars vers 15h, il ne reste que 90km à faire. J’ai choisi de contourner le massif des Alpilles, ça rallonge un peu mais c’est moins accidenté. La route est belle jusqu’à Salon-de-Provence.

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J’ai même réussi à trouver un col !

À la sortie de Salon, j’en suis à 285 kilomètres, les 50 derniers auront été très pénibles. Je doute qu’il soit possible de rentrer sur Marseille sans rouler sur des quatre-voies. Bref, avec 300 bornes dans les pattes, devoir se farcir de la quatre voies à vélo ce n’est pas forcément un grand plaisir, qui plus est avec les coutumes locales de conduite automobiles. Si vous voyez ce que je veux dire…

À 10 km de Marseille, j’en ai plein le dos, je ne vois pas comment entrer dans Marseille sans ces quatre voies. Je finis par appeler Charles, lui demandant de venir me chercher.

Je ne peux pas, je bois un Ricard sur le port.

Charles finit par m’indiquer une toute petite route assez accidentée pour franchir le dernier relief avant d’arriver sur les quartiers nord de Marseille. Petite descente tranquille et me voilà à L’Estaque.

 

Et voilà, Saint-Etienne – Marseille dans la journée, c’est fait : 324km de vélo. 18h15 entre le départ et l’arrivée, pour 13h42 de pédalage.

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La récompense à l’arrivée.

Descente de la Loire, du Mont Gerbier-de-Jonc au Puy-en-Velay

Septembre 2016.

Je voulais partir de la source, le faisant de façon autonome il fallait donc je rejoigne le Mont Gerbier-de-Jonc tout seul. Premier train du matin entre Saint-Étienne et Le Puy-en-Velay, et me voilà en route.

55 km pour rejoindre le vrai départ, parce que bon, oui, je me suis planté à un carrefour. La plaisanterie m’a couté un détour de 5 km, ça va encore.

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Le Massif central.

Ces routes dans le Massif central sont belles et bien calmes, pas d’aménagement cyclable particulier, mais il n’y en a pas vraiment besoin. En revanche, ça monte un peu ; il faut compter 800 mètres de dénivelé à reprendre entre Le Puy-en-Velay et le vrai départ. Pas de fortes pentes, il faut donc prendre son temps et ça passe tout seul.

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Le voilà, le Mont Gerbier-de-Jonc.

En arrivant sur le Mont Gerbier-de-Jonc, dans une descente, j’ai vécu un truc magnifique. Je roulais à 40 ou 50 et, à une dizaine de mètres de moi, sur la droite, un rapace a volé à ma hauteur pendant une vingtaine de seconde : moment totalement magique.

Bref, me voilà à la source, c’est ici que commence vraiment l’aventure.

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Au début, elle est vraiment toute petite.

Entre le Mont Gerbier-de-Jonc et le Puy-en-Velay on ne peut, en fait, pas suivre complètement le cours de la Loire, il faut parfois s’éloigner un peu, c’est la montagne. Un peu moins de 80 kilomètres de descente avec quelques bonnes montées à passer tout de même. Les paysages sont vraiment magnifiques, un régal.

La première journée s’achève là où elle a débuté, devant la gare du Puy-en-Velay, avec une boucle de 131 km.

La sortie sur Strava.

 

Descendre la Loire en vélo

J’ai habité pendant 15 ans là où la Loire rejoint l’océan, je pratique le vélo depuis plus de 25 ans. Il y avait probablement une certaine logique à un jour la descendre de bout en bout sur deux roues.

Cela m’aura pris un peu de temps, mais la chose est faite, en 8 étapes. Je vais essayer en quelques billets de vous décrire le parcours, ainsi que quelques réflexions sur le matériel à prendre, sur les routes, etc.

C’est quoi un  »sport nature »

J’étais sur une viaferrata et j’y ai rencontré d’autres personnes : un petit groupe d’habitués. On commence à discuter en trouvant des déchets laissés par d’autres pratiquants.

Je finis par dire que je fais du vélo, y compris en montagne et que je suis aussi parfois un peu choqué par les déchets que certains cyclistes laissent sur la route.

Et là, j’ai cette réponse :

C’est pas pareil, le vélo, ce n’est pas un sport nature.

Ah… J’ai demandé ce qu’était un sport nature. On m’a répondu que c’était un sport où l’on profitait de la nature telle qu’elle est. Vous les cyclistes, vous êtes des automobilistes, vous avez besoin que la nature soit aménagée pour en profiter.

J’ai souri et regardé la paroi.

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Effectivement, en via ferrata, on laisse la nature telle que…

Du coup, je me demande ce qu’est un  »sport nature ».