Articles Tagués ‘Suisse’

Mon Tour de Romandie

14 mai 2013

Il y a parfois des contacts qu’on attend pas mais qui font sacrément plaisir.

Je suis arrivé en Suisse en 2007. Cette année là, le Tour de Romandie passait sous mes fenêtres. En tant que passionné de vélo, j’étais tout content. En dehors du deux roues, mes autres vices sont notamment Wikipédia et la photographie. Ainsi donc, lors du prologue du Tour de Romandie Fanny et moi nous nous sommes mis à prendre méthodiquement tous les coureurs. Il en a résulté plus d’une centaine de coureurs illustrés. À l’époque les photos de sportifs n’étaient pas légion sur Wikipédia. Notre shooting photo de ce jour là avait créé une certaine plus-value. Dans les mois qui suivaient, vous tombiez sur un article – de coureur cycliste – illustré, il y avait de forte chance que ce soit dans les rues de Fribourg.

Les années sont passées et j’ai continué à me déplacer sur le Tour de Romandie prendre des photos. La qualité des photos a augmenté avec le temps, heureusement d’ailleurs. La proportion de photos romandes sur Wikipédia a diminué, et c’est très bien. D’autres personnes se déplacent maintenant sur d’autres courses. Il y a par exemple Vlaam qui va régulièrement sur les courses du nord de la France et des Flandres depuis 2008 ; 4 jours de Dunkerque, Het Volk, etc.

En 5 ans de photos de vélo, on est passé de ça à

En 5 ans de photos de vélo, on est passé de ça à…

ça

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Donc tous les ans depuis 2007, je vais sur le Tour de Romandie. Et puis cette année, les aléas de la vie, les changements professionnels, tout cela faisait que je ne pensais pas y aller. Et puis…

Et puis, une dizaine de jours avant le début de la course David Labouré (Responsable des relations en ligne à la Radio Télévision Suisse) me contacte. Il me propose une journée sur le Tour de Romandie dans une voiture de la RTS. Je suis tombé sur le cul, j’ai du mettre 48 heures à me relever. Pour la petite histoire, nous avons une connaissance commune qui a eu la très grande gentillesse de nous mettre en contact, merci à lui.

Le samedi 27 avril me voilà donc parti avec David, Pascal, Robin et Marco pour une bien belle journée. Le chauffeur de notre voiture était Aurélien Clerc, ancien coureur cycliste professionnel. Pour le récit de la journée, je vous invite à lire Marco sur ce lien.

Malgré les conditions climatiques, vous jugerez par vous même sur la photo ci-dessous, je me suis amusé comme un gosse. J’ai vu une course pro vraiment de l’intérieur, j’ai partagé un bon moment avec des personnes très sympas. Vous pouvez trouver d’autres photos de cette journée sur votre médiathèque habituelle.

Le peloton dans le col de la Croix, malgré mon verre de blanc dans la main, la photo n'est pas trop mal cadrée.

Le peloton dans le col de la Croix, malgré mon verre de blanc dans la main, la photo n’est pas trop mal cadrée.

Bien belle journée vécue de l’intérieur. Un grand merci à tous pour cela.

Question de nationalité

19 mars 2013

Cette semaine le Conseil national (la chambre basse du parlement) discutait des conditions nécessaires à l’obtention de la nationalité suisse. La tendance est de durcir un peu les conditions, cela doit encore passer aux Conseil des États (la chambre haute). À l’heure actuelle les conditions sont globalement les suivantes :

  • 12 ans de résidence ;
  • intégration ;
  • être accoutumé aux usages ;
  • respect de l’ordre juridique ;
  • absence de menace pour la sûreté intérieure ou extérieure.

Je dis bien globalement parce que comme toute question relative à la Suisse ; ça dépend du canton. Ici ça dépend même des communes. Vous pouvez voir ces subtilités en détail ici.

Pourquoi évoquer ça ? Parce qu’en fait, je me pose la question. J’ai été ouvrir mon Petit Larousse illustré, selon lui la nationalité est :

Appartenance juridique d’une personne à la population d’un Etat.

Votre encyclopédie favorite nous dit à peu près la même chose.

Je possède un permis d’établissement, celui-ci me permet de vivre en Suisse. J’y vis depuis six ans, j’y travaille, j’y paye des impôts. Sans être juriste, de fait d’avoir un permis d’établissement, il me semble avoir une  appartenance à la population de l’Etat. Je n’ai pas plus de difficultés qu’un vrai suisse à mener ma vie dans ce pays. Je suis plutôt bien intégré : j’ai mon club de hockey favori, je trolle mes amis vaudois sur le bailli bernois, je sais faire de la fondue (la vraie hein, la moitié-moitié), je rédige des articles sur Wikipédia sur la Suisse, etc.

Mais alors pourquoi aller plus loin ? J’ai déjà un passeport Schengen qui me permet de voyager à peu près partout dans le monde sans emmerdes. En fait, ce qu’il me manque c’est de pouvoir voter sur les questions qui me concernent.

Vous me direz peut-être que le droit de vote est ouvert aux étrangers ? Certes, mais là encore c’est un sacré bordel. Le droit de vote n’est pas ouvert de la même façon à tous les étrangers, en fait ça dépend du canton. De surcroit, depuis mon arrivée en Suisse je suis à mon second canton, un troisième se profile à l’horizon. Il est donc hautement probable que j’arrive aux conditions suffisantes pour demander la nationalité suisse avant d’obtenir le droit de vote des étrangers.

Pourquoi vouloir voter en Suisse ?

À l’automne 2011 se déroulaient les élections fédérales ; renouvellement des deux chambres. Au printemps suivant, il y a eu les élections au Conseil d’Etat (exécutif de mon canton) et les élections françaises (présidentielles et législatives). Au cours de cette période, je me suis senti dans une situation paradoxale : avoir le droit de vote pour des élections mais me sentir peu concerné par celles-ci, me sentir très concerné par des élections sans y avoir le droit de vote.

J’ai rempli mes devoirs électoraux français consciencieusement ; j’ai lu les programmes, je me suis déplacé à des manifestations publiques pour rencontrer les candidats de ma circonscription. J’ai voté ; sans pour autant me sentir très impacté par les résultats.

En revanche, du fait d’habiter en Suisse, d’y travailler et d’y payer des impôts comme tout le monde, j’estime être autant concerné par les décisions politiques qu’un vrai suisse dans une situation professionnelle et personnelle équivalente à la mienne.

Proximité avec les acteurs de la politique

J’ai aussi le sentiment d’avoir une toute autre proximité avec les acteurs politiques en Suisse qu’en France. Et ça joue beaucoup de voir que les élus ne se croient pas dans un star-system. Mais je pense que ce sentiment est en partie du à une coïncidence d’évènements.

J’ai quitté la France un peu au moment où ce qu’on appelle les médias sociaux ont émergé. L’arrivée de Twitter a fait que l’on peut avoir réellement des interactions avec une partie de la classe politique. On peut leur poser des questions, et obtenir des réponses publiques. Les médias sociaux ont sûrement changé la donne, mais je pense qu’il n’y a pas que cela non plus. En Suisse, il est courant de croiser les politiques dans leurs vies de tous les jours. En France, je croise un ministre ; je suis en voiture dans les embouteillages, il est 300 mètres au dessus de moi dans un hélicoptère avec 3 gardes du corps. En Suisse, je prends le train de Lausanne à Berne et croise un conseiller fédéral dans la gare, sans une armée de sbires autour.

Perte de nationalité ?

L’autre jour j’avais un peu cette conversation en 140 caractères avec Nadine. Elle a fini par me demander si je devais choisir entre l’une ou l’autre des nationalités. La réponse est a priori non. La Suisse comme la France acceptent le principe de double nationalité. Néanmoins la question est intéressante. J’y ai réfléchi et j’ai tenté d’y répondre.

Mes origines bretonnes et mon attachement à la Bretagne m’ont souvent fait cracher sur la France, parfois à l’excès (pas toujours, donc). Je me rends compte avoir un détachement énorme vis-à-vis des journalistes sportifs quand ceux-ci présentent une nouvelle victoire d’un sportif français comme un mètre de plus sur la hampe de l’étendard national. Remarque tout aussi vraie pour la Suisse. Bref, pour moi la France c’est le pays dans lequel j’ai grandi, sans que je puisse avoir un attachement sanguin à celui-ci.

Il me semble donc que perdre l’usage du passeport français ne me dérangerait par outre mesure. Ça ne m’empêcherait pas de me promener en France et d’aller en Bretagne.

Résumé

Oui, il faut faire une synthèse de toute cette réflexion. Je pense effectivement résumer la nationalité au droit de vote. Certains peuvent trouver cela réducteur. Mais en fait si je désire voter dans un pays c’est aussi sûrement parce que je me sens concerné par les questions posées et que j’ai acquis la culture et la connaissance nécessaires à la compréhension des enjeux. Enfin, c’est comme ça que je le vois.

Les discussions actuelles au parlement tendent à changer quelque peu les conditions d’obtention du passeport suisse. On se dirige non plus vers une durée de 10 ans de résidence et un permis d’établissement de type C (que j’ai). Peut-être qu’on reparlera de tout ça dans 4 ans.

Pour vous, j’ai testé le snowscoot

4 mars 2013

Pour ceux qui l’ignorent mes pieds ne me permettent pas de faire du ski. Quoi qu’on fasse, ils ne rentrent pas dans les chaussures prévues à cet effet. Bref, j’habite en Suisse et je ne peux pas vraiment profiter des pentes enneigées.

Et puis l’autre jour lors d’une balade en raquette j’ai vu un truc que je ne connaissais pas ; un snowcoot. Pour faire simple, c’est un mélange de ski et de vélo.

Dans un grand élan de narcissisme, moi même sur un tel engin.

Dans un grand élan de narcissisme, moi-même sur un tel engin.

N’ayant jamais fait de ski, je ne peux pas comparer. En revanche, je peux comparer avec le vélo. Et de façon assez marrante, il y a des points de comparaisons avec le vélo ; notamment dans la façon d’appréhender les virages. Il faut par exemple ne se servir du guidon qu’en sortie de virage et pas à l’entrée. Il faut prévoir ses trajectoires en regardant la direction où l’on va et tout le reste suit (je ne sais pas trop comment mais ça suit).

Par contre, là où la comparaison s’arrête avec le vélo c’est sur la stabilité. Je me suis pris un nombre de boites totalement dingue. C’est tombé dans tous les sens ; de chaque coté, par derrière, par dessus le guidon. La dernière a été celle de trop, je ne sais pas trop comment, j’ai atterri le dos et la tête la première contre la pente, la tête vers le bas. J’ai noté qu’il fallait prévoir un casque.

Sinon, ce truc est affreusement lourd. Je dirai bien une quinzaine de kilo. Et on passe son temps à devoir le maintenir droit. J’ai des courbatures partout.

À ceux qui voudraient essayer, prévoir : une très bonne condition physique et un casque.

Wikidata et les spécialités suisses …

12 novembre 2012

Wikidata est un nouveau projet de la Wikimedia Foundation ; dans le jargon on appelle cela un projet frère de Wikipédia. Depuis un bon moment j’ai en tête d’en faire un billet, il faudra encore attendre quelques jours ou semaines.

Dans les grandes lignes, ce projet a notamment pour but de centraliser les liens interlangues ; ce sont ces fameux liens qui vous permettent de basculer d’une version linguistique à une autre de Wikipédia pour un même article. Un autre but est d’y centraliser des informations brutes telles que l’altitude du Cervin, le nombre d’habitants dans la commune de Paris, la date de naissance de Richard Nixon, etc.

Ce projet vit ses premièrs temps d’existence. On commence gentiment à y insérer les premières données. Ce matin, j’ai voulu tester ce que Wikidata me disait par rapport à la Suisse. Je vous donne la capture d’écran :

Donc voilà, à l’heure actuelle, le premier résultat pour Suisse est abricotine. Pour ceux qui ne connaissent pas ce breuvage, cliquez ici. Je crois que je vais aimer ce nouveau projet.

Je collectionne les fails ces temps.

2 novembre 2012

En ce moment j’ai un mélange de mauvais et de bon karma. La semaine passée je pars en coup de vent en Bretagne pour raison familiale, je quitte la Suisse sous 15°C, donc en tee-shirt, jeans, gillet et chaussures légères. Deux jours après le thermomètre chute et il neige en plaine. Je me retrouve donc à 1000 km de la maison, sans pulls, la voiture avec les pneus d’été : les pulls et les pneus neiges sous 30 cm de neige à la maison. Gros fail. J’ai quand même fini par rentrer sans aucun problème, légèrement frigorifié tout de même.

Je pensais en avoir fini avec les conneries, mais non.

Ainsi, aujourd’hui, je bosse à Neuchâtel. En quittant le travail, j’y oublie mon téléphone mobile. Je fais deux trois courses en partant et je me décide à rentrer sur Lausanne. Arrivé à Yverdon, je prends la petite route d’Echallens, route que je connais fort bien pour la prendre souvent en vélo. Tout va bien jusqu’à Echallens, j’arrive à aussi Bottens sans soucis. Après… des travaux bloquent complètement le passage dans Bottens, sans qu’un itinéraire bis soit indiqué. Je tente donc de contourner le problème par le sud. Je trouve une petite rue, puis un chemin agricole (bétonné) partants dans la bonne direction. Je roule donc. Mais là, c’est le drame. Le chemin se finit assez brusquement par un chemin de terre. Il a fortement neigé le week-end dernier, un coup de re-doux lundi et mardi a transformé cette neige et ce chemin de terre en bourbier. Seulement voilà, je n’ai pas vu le bourbier. J’ai donc gaiment foncé dedans, enlisé en quelques secondes.

Etat des lieux : il est 20h30, il fait nuit, je suis enlisé sur un chemin que je ne connais pas et je n’ai pas de téléphone mobile. Hum… Y’a quand même une bonne nouvelle, j’ai trouvé un arbre pour aller pisser. Bref, très grand moment de solitude.

J’abandonne donc la bagnole et repars à pied dans l’autre sens. À la première maison je trouve un dame charmante au possible. Celle-ci connait un agriculteur habitant tout près. Elle l’appelle. Cinq minutes après me voilà sur le coté du tracteur a guider ce brave monsieur vers le champ de bataille. Il a fallu une minute pour sortir la voiture.

Il est sensé m’arriver quoi la semaine prochaine ?

Le mythe de la voiture individuelle

4 octobre 2012

Récemment, je voyais quelqu’un se gargariser de la nouvelle voiture Renault, la Renault Zoé, une voiture électrique. Souvent on présente la voiture électrique comme une alternative à son homologue thermique. Le prix du carburant augmente depuis des années, il est acquis par le plus grand nombre que nous avons atteint le pic pétrolier. Les quantités de carburants disponibles sur le marché vont aller en diminuant. Il est donc naturel de chercher un suppléant à notre voiture individuelle. La voiture électrique est souvent présentée comme tel. Celle-ci ne s’est pas développée par le passé car elle était (est) techniquement incapable d’offrir les mêmes services que la voiture thermique en termes d’autonomie, de vitesse, et d’accélération. Aujourd’hui, on s’y intéresse de plus en plus de part les futurs problèmes pétroliers. Mais dans une société pourra-t-elle globalement remplacer les moteurs thermiques ?

Quelques différences entre voiture électrique et voiture thermique

Un moteur thermique est principalement un chauffage, la grosse majorité de l’énergie fournie à un moteur de voiture (diesel ou essence) génère de la chaleur, une petite partie sert à mouvoir le véhicule. Le rendement optimal d’un moteur essence est de 35%, 45% pour un moteur diesel. À cela il faut considérer que le moteur n’est que rarement utilisé à son régime optimal, il est aussi nécessaire de considérer toute l’électronique de bord. Bref, le rendement d’une voiture thermique est de l’ordre de 12%. Sur 100 litres d’essence, 12 servent effectivement à déplacer la voiture, les 88 restants sont principalement dégagés en chaleur dans l’atmosphère.

La voiture électrique est beaucoup plus performante en termes de rendement. Le rendement du moteur électrique est nettement plus performant ; de l’ordre de 95%. Là aussi il faut considérer quelques pertes (frottement des roues, électronique de bord, etc.), le rendement global de la voiture électrique est quant à lui plutôt proche de 80%.

Quelles sont les quantités d’énergies consommées par les transports

À noter qu’en Suisse les carburants d’aviation représentent 22,6% de la consommation totale des carburants. Dans la mesure où il n’existe a priori aucune technologie pour faire voler un avion de ligne à l’électricité, je ne les considère pas dans la suite du calcul.

En Suisse, en 2012, 298 060 TJ de produits pétroliers ont été consommés pour les transports, 230 760 TJ en omettant l’aviation. Avec le rendement de 12% des voitures thermiques, l’énergie efficace au transport est d’environ 37 700 TJ. Avec le rendement de 80% des voitures électriques, il faudrait donc environ 35 000 TJ d’électricité pour assurer le même service.

Une partie du lectorat de ce blog est française, je lui ai donc trouvé les mêmes chiffres. En France, la consommation annuelle de produits pétroliers pour le transport est de 49 MTEP, n’ayant pas trouvé la consommation hors aviation j’ai pris le même pourcentage qu’en Suisse. Cette approximation ne doit pas être si éloignée de la vérité que ça. Avec les mêmes calculs, on obtient donc environ 229 000 TJ d’électricité pour remplacer l’usage des carburants automobiles en France.

Combien de nouvelles centrales ?

L’électricité ne poussant pas encore dans les champs, il faut produire cette électricité supplémentaire.

En Suisse, en 2011, on a fournit au consommateur final 210 960 TJ d’électricité aux consommateurs finaux. Il faudrait donc dans le cas présent rajouter 16,6 % d’électricité sur le réseaux, un tiers du parc nucléaire existant dans le pays. En valeur brute, cela revient à rajouter une centrale nucléaire comme celle de Leibstadt.

Pour la France, on obtient une augmentation de l’électricité à injecter sur le réseau de l’ordre de 11,2 %. Il s’agit ici de rajouter sept à huit réacteurs nucléaires, deux grosses centrales nucléaires.

Changer la mobilité ?

Ainsi donc permuter notre mobilité de la voiture individuelle thermique à son homologue électrique reviendrait à se suréquiper en centrales nucléaires. Je n’ai pas évoqué les énergies renouvelables, l’éolien peine pour le moment à produire quelque chose de statistiquement non négligeable. Pour accroitre d’un tel niveau la production, le nucléaire serait très surement la seule alternative possible.

Qui plus est la demande en électricité pour ces voitures poserait quelques problèmes supplémentaires. Il faudrait en effet accroitre un peu plus le réseau de transport d’électricité (les cables à très haute tension), les périodes de mises en charge des voitures seraient très probablement réparties de façon non homogène sur une journée induisant donc des pics supplémentaires de consommation (ce que le réseau actuel a déjà du mal à suivre).

Bref, imaginer qu’un jour notre voiture essence sera remplacée par une voiture électrique n’est très probablement qu’un doux rêve. Le transport futur sera très probablement électrique, mais surement pas individuel. Je pense que la voiture individuelle ne sera évoquée, dans quelques décennies, plus qu’au passé.

Addendum

Après coup, ce billet me rappelle une rencontre que j’avais fait il y a quelques années à un salon sur l’énergie. J’y avais rencontré Isabelle Chevalley faisant la promotion de la voiture électrique individuelle ; pour ce faire elle se promenait autour du salon avec un prototype. Quelques jours plus tard j’entendais à la radio cette même personne militer pour la sortie du nucléaire…

Bolt

23 septembre 2012

Il y a quelques semaines, je suis allé à Athletissima, un meeting d’athlétisme sur Lausanne ; le but étant de faire quelques jolies photos de différents athlètes présents ce soir là, histoire d’aller illustrer quelques articles. Il y avait plusieurs médaillés olympiques des récents jeux de Londres ; avec notamment Yohan Blake ou Usain Bolt.

La soirée se passe bien. Un photographe à coté de moi explose l’écran LCD de son 5D Mark II, sans avoir l’être plus stressé que ça… Et puis arrive le 200 mètres homme, avec notamment Usain Bolt. Je prends des photos pendant la course et au moment même ou Bolt passe devant moi à l’arrivée, voile noir dans le viseur de l’appareil photo. Grosse angoisse. Ne comprenant pas ce qu’il se passe, je finis par démonter l’objectif du boitier ; et là je découvre le miroir se baladant tout seul devant le capteur. Grosse angoisse x2.

Victor a été envoyé chez le docteur pour appareil photo. Oui nous donnons des prénoms à nos boitiers ! Après quelques semaines, je viens de le récupérer. Plus de peur que de mal, il a tout de même fallu changer le miroir et son mécanisme. Une addition couteuse, mais soutenable. Ca m’a tout de même valu quelques nuit blanches et quelques bons moments de stress…

Bref, ce gars va tellement vite qu’il arrive même à m’en décrocher le miroir de l’appareil photo. J’ose lui envoyer la facture ?

La prochaine fois, tu passeras moins vite. Merci.

Wikimobile : machine à illustrer Wikipédia

16 septembre 2012

Ma voiture s’est déjà présentée il y a quelques temps ici même. J’en ai petit-à-petit fait une machine à illuster Wikipédia.

Outre le fait qu’on y trouve trois prises 220 Volts pour charger appareil photo, caméra ou ordinateur, j’y ai aussi mis des tabourets pliants (pour les matchs de foot par exemple) ou des rangements spécifiques pour les trépied et monopied d’appareil photo. Bref, elle est très adaptée à sa principale utilisation.

L’autre truc super utile est le jerrican d’eau dans le coffre, oui oui. J’ai souvent un jerrican de 20 litres dans le coffre et hier il a aussi trouvé son utilité pour illustrer Wikipédia. Nous étions dans une forêt du Jura vaudois près du col du Mollendruz à la recherche d’une pierre à cupules. Les pierres à cupules sont ces pierres dans lesquelles ont été creusées des trous plus ou moins circulaires. On ne connait pas vraiment l’utilité de ces trous. Mais il arrive qu’ils soient reliés entre-eux par des rigoles, l’eau coulant de l’un à l’autre.

Bref, nous trouvons la pierre en question – la pierre aux écuelles – avec pas moins de 25 cupules. De magnifiques cupules de tailles variées. Je retourne chercher le jerrican d’eau et voilà.

Pierre aux écuelles. Crédit : Fanny Scherttzer – CC By SA

La vidéo est disponible en suivant ce lien.

Un jour je ferai une liste de tout ce dont on se sert pour la photo, ou pas.

 

 

Connaître la Suisse par la petite boite.

10 septembre 2012

Je suis très intéressé par l’image (je produis beaucoup de photographies), mais, de façon assez paradoxale, j’ai de grosses lacunes concernant l’image des peoples du pays dans lequel je réside.

Je vis en Suisse depuis 2007. J’y ai découvert ce pays par la radio et l’écrit. Je n’ai pas de télévision, depuis cinq ans je suis donc les informations de mon pays d’accueil par la radio et différents journaux. J’ai ainsi beaucoup de mal à associer un visage sur un nom ; en revanche j’ai plus d’aise à associer la voix au nom. J’ai une anecdote plutôt marrante à ce propos :

Fin 2007 j’ai suivi avec intérêt les élections fédérales puis les élections au Conseil Fédéral. Il s’agissait pour moi de découvrir la vie politique de mon nouveau pays, je l’ai donc fait au travers de la radio et de l’écrit. Quelques mois plus tard, en août 2008, j’étais au mariage d’un de mes voisins fribourgeois, je me sers à boire. Et à coté de moi un homme s’approche, sa lourde voix caverneuse me demande de luis servir un verre. J’obtempère, tout en me disant que sa voix me dit quelque chose, mais pas le visage. Clairement, je connaissais bien cette voix. Je lui demande si l’on se connait. Probable, me répond-il. La discussion se poursuit entre lui et moi, je finis par recoller les morceaux, il s’agit de Christian Levrat, le président du Parti Socialiste suisse. Il a plutôt été amusé par la situation.

Cette situation – connaitre les noms des gens et leurs fonctions, mais être souvent en difficulté pour connaître leur visage – est parfois problématique. Il m’arrive de me déplacer sur des évènements pour réaliser des photos mais ne pas me rendre compte de qui est la personne en face de moi. Petit-à-petit je tente de corriger ces manques, mais le fait de ne pas regarder la télé est freinant.

Bref, j’ai découvert ce pays par la radio. J’arrive à associer de nombreuses voix à des noms d’animateurs ou de journalistes de la Radio Suisse Romande, pardon de la Radio Télévision Suisse branche radio. Là dessus, je suis au même niveau que le reste de la population. Une voix, pas d’image. Et puis…

Et puis dimanche dernier je répondais à une colle posée par Magali Philip sur Twitter, j’y ai gagné le droit d’assister à la matinale de la Première à la Radio lundi matin. Outre le fait d’avoir pu voir de l’intérieur le fonctionnement de la radio, j’ai aussi pu associer des visages à des voix et des noms. Ces voix sont celles de journalistes qui m’ont fait découvrir ce pays. C’était vraiment très sympa. De manière très ironique Bertrand Piccard était ce matin l’invité de l’émission En ligne directe, nous avons pu un peu discuter. Ironique parce que Bertrand Piccard est probablement une des très rares personnalités suisses pour lesquelles, avant mon arrivée, j’aurais été capable d’associer nom et visage tout de suite ; avec Roger Federer ou Fabian Cancellara je pense.

Ainsi, aujourd’hui je me retrouve à connaitre les visages des personnes parlant dans la petite boite, mais toujours pas ceux de la télévision. J’ai décidément un angle de vue très particulier de ce pays. Et probablement très marginal.

J’en profite aussi pour remercier particulièrement Magali Philip et Nathalie Ducommun pour l’accueil que j’ai reçu ce matin lors de leur émission, et aussi toutes les personnes croisées dans les couloirs.

Francocentrisme

8 septembre 2012

Hier soir je dinais sur Paris avec d’autres personnes investis dans Wikipédia. Nous avons eu des discussions diverses et variées sur Wikipédia et sur d’autres choses. Avec des suisses d’un coté et des français de l’autre, nous avons naturellement un peu abordé les problèmes de francocentrisme. Le francocentrisme est cette capacité à écrire un article en mettant la France au centre de tout. Cette discussion, très sympa, m’a donné envie d’écrire un billet sur le sujet. Ainsi donc, ce matin, me voilà à débuter la rédaction.

Les besoins primaires de la vie m’ont interrompu et nous voilà parti au marché pour faire les courses du week-end. Me voilà ce samedi matin au marché de Clichy, avec mon idée de billet de blog qui traine dans la tête.

Et puis j’arrive chez le fromager, j’y suis avec la fille de l’amie chez qui je passe le week-end. Voyant une Tête de Moine, celle-ci me demande ce que c’est.

De la Tête de Moine. Crédit : Mike Lehmann CC By SA

Je commence à lui expliquer qu’il s’agit d’un fromage du Jura. Et là le fromager me coupe gentiment et me dit :

Non, la Tête de Moine n’est pas un fromage du Jura, c’est un fromage suisse.

Et me voilà donc à expliquer que non le Jura n’est pas que en France, et que les suisses ont même donné ce nom à un de leurs cantons.

Bref, le francocentrisme n’est pas la propriété des wikipédiens.


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