Articles Tagués ‘Licence libre’

Wikipédia, droits d’auteurs et boucherie.

22 novembre 2012

Hier soir j’étais à un #taloz ; il s’agit des rencontres plus ou moins houblonnées des twittos de la région lausannoise. Un ami est venu me questionner au sujet de certaines mentions à propos de capture vidéo. Il me fait référence à crédit : Youtube qu’il voit à droite ou à gauche. On discute de droit d’auteur, du fait que Youtube comme Wikipédia ne sont que des hébergeurs de contenus. N’étant pas créateur de contenu il n’y a pas lieu de les créditer en tant que tel. De plus, ces deux plateformes citent les auteurs, il suffit juste de regarder.

Et là, pour résumer le propos, il y a eu ce très bon mot :

Donc mettre crédit Youtube ou Wikipédia c’est comme si au restaurant j’avais Provenance de la viande : boucherie du coin. 

Outre le fait qu’il s’agit à la base d’humour, cela résume tout de même très bien la problématique.

Retrouver ses photos sur Internet, comment faire ?

27 août 2012

Aujourd’hui, je tweetais :

faire des mails pour demander que mes photos soient créditées sur ≠ sites webs #fol_espoir

En effet, en fin d’après-midi j’ai envoyé quelques mails à différents webmasters pour leur signifier que leurs sites hébergeaient des photos dont je suis l’auteur pour qui ne me créditaient pas comme auteur des dites photos. Visiblement étonnés plusieurs contact twitters m’ont demandé comment je procédais pour retrouver mes photos sur le web. Explications !

Petit préambule, je publie la très grosse majorité de mes photos sous licence dite libre, CC by SA. Celles-ci sont hébergées sur Wikimedia Commons, site servant notamment de médiathèque pour l’encyclopédie Wikipédia.

Certains sites font très bien les choses.

Il faut le dire, certains sites webs savent créditer correctement une photographie sous licence libre. Il m’arrive d’en chercher, auquel cas je fais tout simplement une recherche Google avec mon nom, mon prénom et CC BY SA. En fait, pour être honnête, je trouve très peu de photos créditées de la sorte ; hormis celles utilisées sur ce blog, ou sur le blog de Wikimédia France.

Néanmoins Google fait bien les choses. À la recherche "Prénom Nom CC BY SA", il renvoie les résultats pour lesquels c’est en fait crédité "Prénom Nom Creative Commons". Et là, on trouve pas mal de sites qui créditent de la sorte. De cette manière, j’ai trouvé ce bel article de la Nouvelle République. Pour Créative Commons en lieu et place de CC By SA, je ne dis rien du tout. On voit qu’il y a un réel effort de bien faire.

D’autres le font assez mal.

Avec ce type de recherches, on trouve aussi beaucoup de réutilisations avec comme crédit "Prénom Nom Wikipédia". On voit qu’il y a une volonté d’indiquer où on repompe, mais absolument aucune question sur la nature de la licence. Petit exemple ici.

Dans un cas similaire, j’avais trouvé une de mes photos sur le site web de France Inter, celle-ci était créditée avec un "Ludovic Péron DR", pour droit réservée. Là, je me suis permis de gentiment râler. J’ai pédagogiquement expliqué ce qu’était une licence dite libre et qu’elles en étaient les contraintes. J’ai eu une réponse très rapide et courtoise. En voilà le résultat.

D’autres font les choses par dessus la jambe.

Effectivement d’autres sites se torche le c.. de ces problématiques. On cherche sur le web, on trouve une photo qui nous plait et hop, un copié/collé et c’est dans le site web. Dans de tels cas, le nom du photographe n’apparait pas. Une recherche textuelle avec Google ne donne rien.

Oui mais Google a mis à disposition un outil ultra puissant ; la recherche d’image non pas par texte mais par image. Ne me demandez pas comment ça marche, j’en sais absolument rien. Je sais juste m’en servir.

Ouvrez un onglet Google dans votre navigateur web, sélectionnez l’onglet Images, en théorie le troisième en partant de la gauche. Ensuite, prenez une image (depuis une autre page web ou depuis votre ordinateur) et faites un glissé/déposé de l’image dans la boite de recherche. Et la Google cherche toutes les images qui ressemblent à celle que vous venez de lui faire manger.

Petit exemple. J’ai fait la photo ci-dessous de Cristiano Ronaldo.

Cristiano Ronaldo. Crédit : Ludovic Péron CC by SA.

Je souhaite voir si elle est réutilisée. Je la glisse donc dans Google. En voici les résultats :

Résultats de Google images sur une photo.

Cette photo est réutilisée assez largement sur le web, sans crédits. Merci Google pour ce nouvel outil me permettant de voir ça.

Voir le nombre de réutilisations incorrectes (non créditées) ne fera pas cesser de publier sous licence libre. Je vois que les photos sous licence libre ne sont pas plus ni moins volées que les photos avec des © ou des Tous droits réservés. Le problème est juste que tout le monde ne sait pas correctement utiliser une licence libre. La gratuité d’un bien étonne parfois.

Domaine public et propriété physique du tableau

27 avril 2012

Je vais enfoncer des portes ouvertes, mais parfois ça fait du bien.

Hier, j’étais au Salon du livre à Genève. J’y suis allé pour photographier différents auteurs présents, dans l’idée d’illustrer les articles présents sur Wikipédia. Je me promène donc dans les allées du salon prenant quelques auteurs en photo. Les contacts sont agréables, les auteurs très ouverts à avoir leur photo illustrer l’article les concernant.

Cette année au salon du livre, il y a aussi une exposition de peintures de Gustave Courbet. Courbet est un peintre originaire du Doubs né en 1819 mort en 1877. Vous connaissez probablement certaines de ses peintures, on peut évoquer L’origine du monde, ci-dessous.

L'origine du monde. Gustave Courbet.

Courbet est donc mort en 1877. Une oeuvre de ce type est protégée par le droit d’auteur pendant encore 70 ans après la mort de l’auteur. Au delà, on parle de domaine public. C’est-à-dire que l’usage d’une reproduction de l’oeuvre peut se faire sans restriction.

J’ai donc vu cette exposition sur les peintures de Courbet, connaissant le peintre, j’ai rapidement compris que ces peintures étaient libres de droit. J’ai donc commencé à faire quelques photos ; je suis loin d’avoir attaqué toute l’exposition. Rapidement, un jeune Securitas m’a demandé de vider ma carte mémoire. L’exposant interdit toute prise de vue ces peintures. Ne souhaitant pas rentrer dans un débat sur le droit d’auteur avec un Securitas qui n’y connait surement pas grand chose et ne fait que acter les ordres qu’on lui a donné ; je me suis résolu à supprimer les photos.

L’exposant est le Musée Courbet de Ornans (dans le Jura français). Visiblement, cet exposant semble confondre propriété physique d’un bien et propriété intellectuelle. On peut posséder une oeuvre sans pour autant n’avoir aucun droit (au sens de la propriété intellectuelle) dessus. Alors effectivement en tant qu’unique propriétaire de la peinture il est en droit de verrouiller l’accès à quiconque, de geler au maximum les reproductions photographiques. Il semblerait que dans le cas présent – comme très souvent dans des cas similaires – l’argument soit celui de l’argent. En effet, le jeune securitas m’a dit : Par contre, vous pouvez acheter la jolie brochure avec toutes ces peintures sur papier glacé. On interdit donc la prise de vue d’oeuvres qui sont des biens publics (de part une convention internationale) dans l’espoir de vendre des brochures en papier glacé. Je ne suis pas convaincu du résultat.

Sur ce lien, on peut lire une problématique similaire au sujet des musées parisiens du Louvre et d’Orsay.

Amha, ce n’est pas en se fermant sur eux mêmes que ces musées vont s’attirer de nouveaux publics. Internet est un formidable moyen de se faire connaitre et de s’attirer des visiteurs. Ce n’est probablement pas en interdisant la diffusion de ces tableaux que ce musée parviendra a plus se faire connaitre et s’attirer un nouveau public.

Évangéliser ou corriger ?

20 mars 2012

Wikimedia Commons est la médiathèque associée à Wikipédia. Elle présente – à l’heure où je démarre ce billet 12 420 083 fichiers. Ces fichiers sont sous des régimes de droit d’auteur permettant une grande diffusion. Certains sont sous une licence type CC By SA, d’autres sont dans le domaine public.

Je peux vous inviter à lire ce billet expliquant les tenants et les aboutissants de la production d’un contenu sous CC by SA, et un autre expliquant comment réutiliser proprement (avec respect du droit d’auteur) de tels documents.

Produire du contenu sous licence dite libre, c’est bien ; pouvoir le réutiliser, aussi. En revanche, je trouve que Commons (notre médiathèque) est totalement inadaptée à la réutilisation des fichiers qu’elle propose. Ci-dessous une copie d’écran des informations que l’on trouve sous une photo, ici le lien pour aller voir soit même.

Méta-informations sous une photo.

On trouve de nombreuses informations :

  • la possibilité de voir et de downloader cette photo à différentes tailles ;
  • la présence d’une note sur la photo ;
  • la possibilité d’ajouter une note ;
  • la résolution du fichier image, ici on ne voit qu’une vignette ;
  • la description ;
  • la date de prise de vue ;
  • la source ;
  • l’auteur (dans le cas présent, c’est bibi) ;
  • la latitude et la longitude de la prise de vue ;
  • le nom de la licence et ses contraintes.

Que ces informations soient présentes, c’est très bien. Certaines sont obligatoires, d’autres utiles. En revanche, à mon avis, il manque quasi le plus important. Nous sommes sur une médiathèque dite de partage, il manque le crédit pour le partage. Une simple phrase sous la photo, quelque chose comme :

Crédit : Ludovic Péron – CC by Sa

Ce devrait être le premier truc visible sous la photo. J’en conviens en utilisant cette médiathèque (Commons) sans être enregistré avec un compte utilisateur, il est possible de cliquer sur Utiliser ce fichier et d’obtenir un gros pavé de code html pour foutre ça sur son site web. Enfin, tout le monde n’a pas le html en langue native.

Bref, une phrase toute simple juste sous la photo serait pour moi la chose la plus efficace à faire pour parvenir à ce que ces documents soient créditer proprement.

Quel est le rapport avec le titre du billet, me direz-vous ?

Évangéliser ou corriger ?

Je vais vous raconter une anecdote. Ce matin, Frédéric Schütz, une autre partie vive de Wikimedia CH, me contacte au sujet d’une image utilisée par le quotidien suisse Le Temps, lien vers l’article en question. Le journaliste a repris l’image en faisant une recherche sur Wikipédia. Cette photo n’est pas créditée correctement : il y a le nom de l’auteur, mais il manque la licence de publication. Frédéric a de très bons contacts avec la rédaction de ce journal. Le journaliste en question discute avec Frédéric sur un tout autre sujet et en profite pour faire part de ses interrogations sur le crédit dans son article. Le journaliste est de bonne foi, pas de volonté de vouloir mal faire. Il n’a juste pas trouvé l’information pour créditer. Je peux concevoir qu’à 23 heures, quand on a plus que dix minutes pour rendre son article avant publication, on est assez peu le temps pour lire des kilomètres de pages qui expliquent comment créditer une page alors que ça aurait pu être résumé par une simple mention sous la photo : Crédit : André Karwath – CC By SA.

Simple anecdote ? Pas tant que ça. Pour ma part, j’ai des contacts avec la Radio Télévision Suisse à ce sujet. J’ai plusieurs fois relevé aimablement des problèmes de crédits photographiques sur leurs supports web. Depuis, je suis en contact avec un chargé image de leur entreprise. Il a pris bonne note et tente de faire de la formation interne sur le sujet, il tente aussi de faire des corrections a posteriori. Il a beaucoup de travail sur le sujet, j’ai tenté de lui donner tous les éléments sur le sujet.

En fait, on évangélise.

En discutant de cette photo publiée dans Le Temps, avec Frédéric, on se disait qu’on avait la même approche. On préfère aller évangéliser les gros ré-utilisateurs que l’on a portée de main plutôt que d’aller directement à la source et tenter d’améliorer les choses directement dans la médiathèque, Commons. Pour ma part, la raison est simple, je suis épuisé par avance des semaines de discussion, sur Commons, qu’il faudrait pousser pour éventuellement aboutir à quelque chose. J’ai donc renoncé.

J’entends d’ici les remarques du style : "ah mais ce sont des médias, c’est leur métier de faire cela proprement". J’en conviens, c’est vrai. Il y aurait surement des choses à proposer dans les formations de journalistes au sujet du droit de la propriété intellectuelle. Mais peut-être que nous, personnes actives sur les projets libristes – pourrions aussi peut-être faire un petit effort pour présenter les choses plus proprement ?

Les 4 piliers du logiciel libre

21 décembre 2011

Rapide billet pour citer Fanny l’autre jour sur Twiter qui a évoqué les quatre piliers du logiciel libre :

  1. Être moche. Une belle interface, c’est pour ces tantouzes de chez Apple ;
  2. Être compliqué. Faire partie des élus, ça se mérite ;
  3. Si c’est buggué, c’est de votre faute. Apprenez le C, le Java et le Fortran et corrigez ;
  4. Un logiciel libre est supérieur à un logiciel non-libre, indépendamment de leurs performances.

Il faut avouer que ce serait moins drôle s’il n’y avait pas réellement un fond de vérité.

Liberté de panorama transfrontalière

28 novembre 2011

La liberté de panorama est une exception au droit d’auteur permettant au photographe de publier de la manière qu’il le souhaite une photographie (reproduction en deux dimensions) d’une œuvre architecturale à partir du moment où celle-ci se trouve dans l’espace public. Cette liberté existe en Suisse, mais pas en France.

Sur les projets Wikipédia, le droit affecté à la reproduction d’une œuvre est celui du pays dans lequel se trouve l’œuvre. On affecte donc le droit français à toutes reproductions photographiques de le Tour Eiffel, le droit suisse pour le jet d’eau de Genève, etc. Quel que soit les pays de publication.

Dimanche dernier je me promenais dans le Jura, à la frontière des deux pays cités plus haut. La Cure est un petit village situé sur cette frontière. Ce village, assez banal au demeurant, a donc la particularité d’être traversé par la frontière.

Plaque indiquant la frontière.

Plaque indiquant la frontière.

Dimanche, je me suis arrêté pour faire des photos sur la thématique liberté de panorama. Dans ce village j’ai trouvé un maison traversée elle-même par la frontière.

La maison en question, la buvette à gauche est en France. Le reste est en Suisse.

La maison en question, la buvette à gauche est en France. Le reste est en Suisse.

Que dois-je faire pour publier cette photo ? Appliquer le droit français ? Appliquer le droit suisse ? Appliquer le droit du pays depuis lequel j’ai pris la photo ?J’ai fini par couper la poire en deux, en fait. J’ai appliqué le droit national pour chaque partie du bâtiment en question.

Voilà une version de ma photo respectant correctement le droit d'auteur.

Voilà une version de ma photo respectant correctement le droit d'auteur.

Démonstration ridicule, certes, mais bon j’avais envie de la faire.

Réutiliser des photos issues de Wikipédia

17 octobre 2011

Illustrer un livre, un article de presse, un site web, son blog, etc. est un besoin réel pour beaucoup. Tout rédacteur ou web-master est souvent à la recherche de la meilleure illustration pour mettre en perspective un contenu écrit. Le web est une formidable bibliothèque pour cela, Google joue le rôle du bibliothécaire en donnant les meilleurs résultats selon les critères des demandeurs.

Il existe néanmoins un autre bibliothécaire qui est de plus en plus utilisé, il s’agit de Wikipédia. Les illustrations présentes sur les articles de Wikipédia sont de plus en plus souvent reprises sur divers médias. En revanche, le crédit aux auteurs n’est pas toujours bien réalisé. Il y a des réutilisations qui relèvent clairement de la contrefaçon (utiliser une œuvre protégée par le droit d’auteur, sans en avoir l’autorisation). Il y a d’autres réutilisations pour lesquelles on voit que la personne a voulu le faire correctement, mais a commis quelques erreurs. Ce billet a pour but d’aider cette seconde catégorie de personne.

Je veux réutiliser correctement une illustration présente sur Wikipédia, mais je ne sais pas comment faire.

À de très rares exceptions près les illustrations des articles de Wikipédia ne sont pas hébergées sur le site Wikipédia. Ces illustrations sont présentes sur Wikimedia Commons, une médiathèque commune à toutes les Wikipédias (projet inter-langue), mais aussi à d’autres projets (Wikisource, Wiktionnaire, etc). Cliquer sur une photo dans un article permet d’accéder à la page de description de la photo, puis à son hébergement sur Wikimédia Commons, on y trouve toutes les informations nécessaires au crédit. Accéder à cette page offre aussi un intérêt de taille, les articles Wikipédia n’affichent que des vignettes des images. Se rendre sur ces pages de description permet d’avoir accès à la même image mais à différentes résolutions.

Exemple

Prenons un exemple concret, je souhaite réutiliser des illustrations présentes sur l’article Palais de Rumine. J’y trouve des photographies récentes sous CC-By-SA, et un document plus ancien dans le domaine public (auteur mort depuis plus de 70 ans). Une des illustrations m’intéresse particulièrement, mon choix est fait. Plutôt que de faire un clique droit – enregistrer l’image sous je clique sur l’image et j’arrive ici, une page de description de l’image. J’ai tout d’abord un aperçu de l’image puis un cartouche présentant des données importantes sur la photo.

Cartouche présent sous une photo.

On trouve ici plein d’informations très intéressantes :

  • description ;
  • date de prise de vue ;
  • source ;
  • auteur ;
  • autorisation.

Ce cartouche donne l’auteur du document et demande de voir-dessous pour l’autorisation.On y voit les obligations légales concernant la réutilisation du fichier.

Description de la licence.

On y lit que Vous êtes libre de copier ou modifier l’œuvre sous les conditions suivantesvous devez citer le nom de l’auteur original et vous devez distribuer l’œuvre résultante sous la même licence ou une licence similaire à celle-ci.

Ainsi dans le cas présent, une réutilisation de la photo passe simplement par : Urs Zeier – CC By SA

Erreurs fréquentes

Le © commercial n’a aucune valeur concernant les photos en CC by SA. La seule présence de CC By SA est suffisante, en termes de précision de droit d’auteur. Ce sigle n’a de toutes façons aucune valeur pour des publications en France ou en Suisse.

Wikimedia Commons n’est ni le photographe ni l’ayant-droit des photographies. Wikimedia Commons n’est qu’une plate-forme pour partager des photos. Les photographes restant propriétaires des droits de leurs photos, c’est bien eux qu’il faut créditer.

Une mention Creative Commons ou CC n’est pas non plus suffisante. Creative Commons évoque le nom de la fondation rédactrice des licences. Il existe de nombreuses licences CC, avec des différences fondamentales de l’une à l’autre.

Conclusion

Vous souhaitez réutiliser une photo trouvé sur Wikipédia :

  • prenez bien soin de vous diriger vers la page de description de la photo, (cliquer sur la photo) ;
  • lisez les obligations quant à la réutilisation du document ;
  • choisissez la résolution désirée et téléchargez la photo.

Dans la grosse majorité des cas un : Nom de l’auteur – CC By SA est suffisant.

Note : On peut aussi lire ce billet expliquant ce qu’est une photo en licence CC By SA.

Produire du contenu sous licence CC-by-sa

28 septembre 2011

Voilà plus de six ans que je contribue sur Wikipédia, j’ai commencé à y apporter des photos assez rapidement. Wikipédia n’accepte que du travail sous licence CC-By-sa (ou équivalente) ou moins restrictive (domaine public par exemple).

Ainsi je mets mon travail écrit et photographique sous cette licence au nom barbare. Qu’est-ce que cela signifie réellement ?

Logotype indiquant un contenu en CC-by-SA

Logotype indiquant un contenu en CC-by-SA. Creative Commons - CC By

CC-by-sa ?

Commençons par décrypter cet acronyme. Le CC se réfère à Creative Commons du nom des licences en questions. Le by signifie que l’auteur doit être cité. On parle ici de paternité de l’œuvre ou d’attribution.  Le sa (pour ShareAlike en anglais) signifie que le document protégé par cette licence peut-être librement modifié par un tiers à condition de produire son travail dérivé sous une licence similaire en termes de droit d’auteur.

Cette licence est parfois résumé à : Paternité, Partage des conditions initiales à l’identique. Elle implique que mon travail, où qu’il soit repris doit toujours être accompagné d’une mention me citant comme étant l’auteur (ou l’un d’eux) et indiquer les droits d’auteur.

Usage commercial autorisé

Cette licence utilisée pour Wikipédia n’indique pas de restriction sur l’usage commercial du contenu, il faut y comprendre que les contenus présents sous cette licence peuvent être réutilisés à des fins commerciales. C’est souvent ici qu’il y a un couac’ quand je discute de ces licences. À cela, j’ai quelques idées à donner.

Prenons une ONG qui souhaite reprendre le contenu de Wikipédia pour le diffuser sous forme de clés USB ou de DVD. Une licence non-commerciale lui interdit toute revente, même à prix coûtant. Ce matériel devient interdit de toute transaction, même s’il s’agit d’une revente à un euro, pour payer à peine le coup du support. On évoque le fait de mettre des versions off-line de Wikipédia dans le milieu carcéral. La personne réalisant la prestation technique, installation du nécessaire, ne peut être payée pour son job que si l’usage commercial est autorisé. Dans certains pays la législation est très rude sur la définition de l’usage commercial. Ainsi créer des documents/dossiers dans le cadre de la recherche d’une activité salariée ne permet pas d’utiliser un contenu sous licence NC (Non-Commercial). etc.

Plaque commémorative de de la réconciliation franco-allemande à Reims sur le parvis de la Cathédrale Notre-Dame.

Plaque commémorative de de la réconciliation franco-allemande à Reims sur le parvis de la Cathédrale Notre-Dame.

Il y a quelques années j’ai créé la photo ci-contre. Il s’agit d’une plaque scellée dans le sol du parvis de la Cathédrale Notre-Dame à Reims. Elle évoque la réconciliation franco-allemande. J’ai été contacté par un éditeur de manuels scolaires. Il voulait illustrer la construction européenne et la réconciliation franco-allemande avec ce document. Outre le fait que la présence du document sur Wikimédia Commons et sa licence lui permettait de l’utiliser dans ce cadre sans me demander, j’ai tout de même apprécié que l’éditeur me contacte, notamment pour savoir que mon document était utilisé à des fins éducatives. C’est aussi là une force de ces licences. Elles permettent de diffuser ce qui relève de la connaissance et du savoir au plus grand nombre.

Ce type de licence n’interdit pas non plus au photographe d’être rémunéré ou indemnisé pour son travail, voir mon précédent billet à ce sujet.

Droit patrimonial 

Ces licences ne sont absolument pas une renonciation aux droits patrimoniaux sur mon travail. Je reste à jamais l’auteur de ce que j’ai fait. On doit (c’est un devoir) me citer comme auteur. Selon la législation actuelle, 70 ans après ma mort mes travaux passeront dans le domaine public, mais je serai toujours l’auteur de ces photos.

J’ai bien entendu le droit de m’opposer à une utilisation que je jugerais mauvaise, on peut par exemple citer des affiches à caractères racistes.

Résumé

Mon travail est donc librement modifiable. Quiconque peut le reprendre à la condition de me citer comme auteur et faire vivre mon travail et les produits dérivés qui en découlent sous le même régime de droit d’auteur. En soit, il faut sûrement avoir un petit côté altruiste pour participer à ça. L’envie d’édifier un grand truc qui s’affranchit de beaucoup de contraintes passées.


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