Wikimedia Commons est la médiathèque associée à Wikipédia. Elle présente – à l’heure où je démarre ce billet 12 420 083 fichiers. Ces fichiers sont sous des régimes de droit d’auteur permettant une grande diffusion. Certains sont sous une licence type CC By SA, d’autres sont dans le domaine public.
Je peux vous inviter à lire ce billet expliquant les tenants et les aboutissants de la production d’un contenu sous CC by SA, et un autre expliquant comment réutiliser proprement (avec respect du droit d’auteur) de tels documents.
Produire du contenu sous licence dite libre, c’est bien ; pouvoir le réutiliser, aussi. En revanche, je trouve que Commons (notre médiathèque) est totalement inadaptée à la réutilisation des fichiers qu’elle propose. Ci-dessous une copie d’écran des informations que l’on trouve sous une photo, ici le lien pour aller voir soit même.
On trouve de nombreuses informations :
- la possibilité de voir et de downloader cette photo à différentes tailles ;
- la présence d’une note sur la photo ;
- la possibilité d’ajouter une note ;
- la résolution du fichier image, ici on ne voit qu’une vignette ;
- la description ;
- la date de prise de vue ;
- la source ;
- l’auteur (dans le cas présent, c’est bibi) ;
- la latitude et la longitude de la prise de vue ;
- le nom de la licence et ses contraintes.
Que ces informations soient présentes, c’est très bien. Certaines sont obligatoires, d’autres utiles. En revanche, à mon avis, il manque quasi le plus important. Nous sommes sur une médiathèque dite de partage, il manque le crédit pour le partage. Une simple phrase sous la photo, quelque chose comme :
Crédit : Ludovic Péron – CC by Sa
Ce devrait être le premier truc visible sous la photo. J’en conviens en utilisant cette médiathèque (Commons) sans être enregistré avec un compte utilisateur, il est possible de cliquer sur Utiliser ce fichier et d’obtenir un gros pavé de code html pour foutre ça sur son site web. Enfin, tout le monde n’a pas le html en langue native.
Bref, une phrase toute simple juste sous la photo serait pour moi la chose la plus efficace à faire pour parvenir à ce que ces documents soient créditer proprement.
Quel est le rapport avec le titre du billet, me direz-vous ?
Évangéliser ou corriger ?
Je vais vous raconter une anecdote. Ce matin, Frédéric Schütz, une autre partie vive de Wikimedia CH, me contacte au sujet d’une image utilisée par le quotidien suisse Le Temps, lien vers l’article en question. Le journaliste a repris l’image en faisant une recherche sur Wikipédia. Cette photo n’est pas créditée correctement : il y a le nom de l’auteur, mais il manque la licence de publication. Frédéric a de très bons contacts avec la rédaction de ce journal. Le journaliste en question discute avec Frédéric sur un tout autre sujet et en profite pour faire part de ses interrogations sur le crédit dans son article. Le journaliste est de bonne foi, pas de volonté de vouloir mal faire. Il n’a juste pas trouvé l’information pour créditer. Je peux concevoir qu’à 23 heures, quand on a plus que dix minutes pour rendre son article avant publication, on est assez peu le temps pour lire des kilomètres de pages qui expliquent comment créditer une page alors que ça aurait pu être résumé par une simple mention sous la photo : Crédit : André Karwath – CC By SA.
Simple anecdote ? Pas tant que ça. Pour ma part, j’ai des contacts avec la Radio Télévision Suisse à ce sujet. J’ai plusieurs fois relevé aimablement des problèmes de crédits photographiques sur leurs supports web. Depuis, je suis en contact avec un chargé image de leur entreprise. Il a pris bonne note et tente de faire de la formation interne sur le sujet, il tente aussi de faire des corrections a posteriori. Il a beaucoup de travail sur le sujet, j’ai tenté de lui donner tous les éléments sur le sujet.
En fait, on évangélise.
En discutant de cette photo publiée dans Le Temps, avec Frédéric, on se disait qu’on avait la même approche. On préfère aller évangéliser les gros ré-utilisateurs que l’on a portée de main plutôt que d’aller directement à la source et tenter d’améliorer les choses directement dans la médiathèque, Commons. Pour ma part, la raison est simple, je suis épuisé par avance des semaines de discussion, sur Commons, qu’il faudrait pousser pour éventuellement aboutir à quelque chose. J’ai donc renoncé.
J’entends d’ici les remarques du style : "ah mais ce sont des médias, c’est leur métier de faire cela proprement". J’en conviens, c’est vrai. Il y aurait surement des choses à proposer dans les formations de journalistes au sujet du droit de la propriété intellectuelle. Mais peut-être que nous, personnes actives sur les projets libristes – pourrions aussi peut-être faire un petit effort pour présenter les choses plus proprement ?







